Comme au temps du Capitole
Bernard M.
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Me voici dans le « train d’avant ». Plus de place dans les TGV qui joignent Toulouse à Paris par Bordeaux en quatre heures et des poussières. Je me suis donc rabattu sur l’intercité, qui descend plein sud le long de l’itinéraire qu’empruntait autrefois le Capitole, passant par Orléans, Châteauroux, Limoges, Brive… Sept heures et quart de voyage !
Petite déception. Un charme de l’intercité est qu’il comportait des voitures à compartiment. Peut-être est-ce d’ailleurs toujours le cas, mais je suis pour ma part dans un wagon très vieillot, mais de type corail. Le compartiment c’était la possibilité d’une certaine convivialité avec les autres voyageurs (moins cependant au fur et à mesure du passage des années), la facilité des allées et le retour entre le compartiment et les stations debout dans le couloir à regarder défiler le paysage. Là, je suis certes côté fenêtre et dans le sens de la marche, mais contraint d’y rester si je ne veux pas déranger mon voisin qui s’est lourdement endormi. Et puis ce serait pour aller où, à part pisser ? Il n’y a même pas de voiture-bar dans le train.
Plaine de Beauce. Immenses openfields ponctués de pylônes électriques et d’éoliennes. Ciel gris, mais lumineux tout de même avec parfois des trouées de ciel bleu. À ma gauche l’espèce de viaduc en béton, trace conservée des essais d’un projet d’aérotrain qui n’a finalement jamais développé, le TGV a enterré tout ça. Approche d’Orléans les Aubrais. On longe une zone commerciale typique de la « France moche ».
Ma semaine parisienne s’est articulée en deux temps très distincts. D’abord il y a eu un bon tunnel APA, samedi l’assemblée générale de l’association puis la table ronde sur la sexualité, dimanche toute la journée le conseil d’administration et lundi matin la réunion du bureau de l’association… Cela fait beaucoup. D’autant que j’étais personnellement sur la sellette une partie du temps dans la mesure où c’était moi qui présentais cette année le rapport d’activités et d’orientation. La présentation orale avec les diverses interactions avec les participants cela allait, c’était vivant et plaisant quoique fatigant, en revanche ce qui a précédé c’est-à-dire la préparation dudit rapport, quel pensum ! Ça me pompe cette part très organisationnelle de mon activité à l’APA. Je voudrais plus de temps pour mes lectures, qu’elles soient apaïstes ou toutes autres et surtout pour mes propres écritures, j’ai plusieurs projets qui stagnent parce que je ne prends pas le temps de m’y atteler véritablement.
Ensuite il y a eu de longs moments passés dans l’appartement de mon père, rencontre avec le futur acquéreur venu prendre des mesures, rencontre avec L. qui a si efficacement assisté Papa pendant de longues années et que j’avais invité à venir choisir quelques objets souvenirs. Beaucoup de temps sur place aussi pour continuer rangements et tris. J’embarque quelques petits tableaux ou aquarelles, quelques objets de déco ou bibelots pour en faire cadeau à diverses personnes qui l’ont connu. Dilemme face aux livres. Lesquels emporter ? Lesquels porter à la ressourcerie, lesquels laisser au débarrasseur ? Mes enfants, mon neveu, doivent aussi emporter certaines choses. J’ai sélectionné quelques beaux livres un peu anciens, certains livres de photos notamment (Brassaï, Isis, Doisneau, Willy Ronis), des livres de voyage ou d’exploration (Théodore Monod, Jean Malaurie), des livres de montagne ou d’alpinisme, quelques livres d’art, certains livres que j’avais moi-même offerts à mes parents, des albums photos témoin des nombreux voyages de mon père et de la vie de famille : j’en ai sélectionné une quinzaine sur pas loin d’une centaine. Mais que faire de tout cela ? Certes nous avons une grande maison et trouverons moyen de les caser. Mais dans quel but ? Pourquoi les accumuler ? On les feuillettera peut-être de temps en temps. Et encore, pas si sûr. Et cela ferait de nouveaux tris en perspective pour nos propres enfants.
Maintenant voici prairies et forêts dans une zone plus accidentée. Ciel uniformément gris, parfois bas, des bancs de brume ici ou là s’accrochent aux collines. Il pleut. D’ailleurs partout il y a beaucoup d’eau dans les rivières, dans les champs. On approche de Limoges.
Je lis le livre de Philippe Lejeune, Adieu ma pauvre guerre, acheté samedi, dans lequel il se penche sur les carnets de guerre et le livre d’André Pézard, Nous autres à Vauquois. En introduction Philippe donne son journal de recherche de juillet 2013 à janvier 2015. J’aime beaucoup ce genre d’approche qui permet de comprendre les méthodes de travail adoptées, mais qui donne aussi les émotions ressenties au cours de l’exploration. Philippe donne ainsi à voir un peu de lui-même, faisant œuvre autobiographique à sa façon délicate et discrète. J’avais beaucoup apprécié ce type de démarche dans Cher cahier puis dans Cher écran (dont je peux dire pour ce dernier qu’il est à l’origine de ma propre plongée dans l’étude puis dans la pratique de l’écriture en ligne).
Un peu de soleil ? À peine, très timidement, mais, un ciel plus lumineux en tout cas. Nous venons de passer Montauban. Nous longeons le canal, les promeneurs sont moins emmitouflés, en voici même en tee-shirt. Le soleil se fait plus franc. J’ai rangé Pézard que j’ai presque terminé au cours du voyage, je vais ranger mon ordinateur et finir le voyage en regardant par la fenêtre. Enfin, presque finir… Me reste encore l’heure et quart de bus pour rejoindre mes pénates et retrouver D…
Internet
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APA | Assemblée générale de l’association et Table ronde sur l’écriture de la sexualité
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Philippe Lejeune | Adieu ma pauvre guerre
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