Chroniq’hebdo | Des Jeux olympiques, de Jean Hugo, de la lecture
Pierre Kobel
/image%2F1169248%2F20240806%2Fob_bbbe39_logo-chroniqhebdo.jpg)
Soirée de folie avec les deux médailles d’or qu’a remporté le jeune nageur Léon Marchand en deux heures, la troisième depuis le début des Jeux. Plus avant dans la semaine, c’est Teddy Riner qui devient un dieu des tatamis et plus encore avec sa médaille d’or individuelle puis celle en équipe. Je ne suis pas de ces fans qui applaudissent et crient à tout rompre en faisant des sportifs, des idoles. Cela me fait trop penser au « panem et circenses » des Romains qui se servaient du spectacle sportif pour détourner l’attention du peuple. N’est-ce pas ce que fait Macron en ce moment où plus personne ne parle de politique après les semaines agitées de juin et début juillet ?
Je mesure ce que représentent les exploits de ces jeunes gens tant les épreuves olympiques sont l’acmé de ces sportifs qui s’entraînent toute l’année en faisant beaucoup de sacrifices. Je comprends et je partage parfois l’émotion des spectateurs à voir l’ambiance qui règne dans toutes les arènes sportives et la ferveur du public pour soutenir et applaudir les athlètes. Il n’y a pas à renier le plaisir de voir s’enchaîner les épreuves et des gestes magnifiques, parfois proches de la danse, de partager la joie des victoires, avec un zeste de chauvinisme s’ils sont français. Cependant je ne peux m’empêcher de penser à la suite, au retour à la politique et de me demander quel lapin, Macron va sortir de son chapeau.
Comme toujours durant ces Jeux ce qui m’agace beaucoup, ce sont les commentaires… des commentateurs ! Ces journalistes et autres anciens champions qui pratiquent l’art du superlatif verbeux, de l’enthousiasme calculé, de la familiarité affectée. Ils se veulent savants, pronostiqueurs, discoureurs à tout va, même quand on voudrait qu’ils se taisent.
Et puis, il y a ces agressions sur les réseaux sociaux : insultes, menaces contre certains acteurs de la cérémonie d’ouverture et ses concepteurs. Extrémistes de tous poils qui ne savent s’exprimer que par la haine, contempteurs de tout ce qui porte atteinte à leur conservatisme, croyants qui ne supportent pas ce qui heurte leur morale coincée et une vision du monde qu’ils arrêtent au seul prisme de leur foi. Esprits réactionnaires dont l’univers n’est qu’exclusion et mépris d’autrui.
*
/image%2F1169248%2F20240806%2Fob_f22d1b_20240806gds-mots-pkobel-chroniq-hebdo1.jpg)
La semaine dernière, nous sommes allés à Montpellier au musée Fabre et au musée Paul Valéry de Sète où se tient conjointement une grande rétrospective Jean Hugo, le regard magique. C’est un peintre que je connaissais mal malgré la lecture d’un petit livre que Marie Rouanet lui a consacré. Nous découvrons dans cette double exposition un artiste à la création multiple et variée. Il donne envie de créer, de reprendre les crayons et les carnets.
*
/image%2F1169248%2F20240806%2Fob_71ce49_20240806gds-mots-pkobel-chroniq-hebdo1.jpg)
Avant de retrouver la région parisienne, nous passons une dernière semaine à la campagne dans une atmosphère moins étouffante que celle de la côte méditerranéenne.
J’ai terminé la lecture du Comte de Monte-Cristo que je n’avais pas relu depuis mes premières années de lycée. Il me faudrait relire plus, ne pas me laisser happer par les nouveaux livres. J’entendais sur France-Culture, l’écrivaine Valérie Zenatti dire qu’il lui manquait la lecture de nombre de classiques de la littérature mondiale. Comment faire ? Comment embrasser toujours plus ces textes qui nous nourrissent, nous conduisent au-delà de nous-mêmes ? Je ne cesse de me le demander et plus encore quand je suis chez moi.