Nuages
Bernard M.
La lecture de la presse est déprimante. Les nouvelles du monde n’ont rien d’encourageant (euphémisme !), les nuages sur notre avenir et surtout sur celui de nos enfants et petits-enfants s’accumulent.
La situation internationale est calamiteuse. Israël poursuit sa fuite en avant meurtrière, après Gaza réduit en cendre le Liban et après celui-ci, semble-t-il, l’Iran, les journalistes indésirables, les Nations-Unies et l’office de protection des réfugiés mis hors-jeu, jusqu’où iront-ils ? Une politique non seulement meurtrière, mais mortifère aussi, car il est évident que ce n’est pas la voie qui peut garantir à terme la sécurité d’Israël. En Ukraine résister au rouleau compresseur russe et à l’immensité de ses réserves d’hommes semble de plus en plus difficile, d’autant que des auxiliaires coréens du Nord viennent renforcer l’armée de Poutine. L’Ukraine ne semble pas loin de flancher, la relève des combattants épuisés est lente à venir, les désertions se multiplient, l’aide matérielle européenne et américaine ne peut pas tout et s’épuise-t-elle aussi.
Et il y a l’élection américaine qui arrive et fait planer de terribles menaces. Le pays est terriblement clivé et Trump semble avoir ses chances, les sondages n’ont jamais été aussi indécis. Les complexités du système électoral américain contribuent à rendre la situation illisible. Mais cela n’éclaircit pas le mystère que constitue le fait qu’un tel guignol malfaisant puisse bénéficier d’une telle popularité. (On me dira qu’en son temps, Hitler a bien gagné des élections !).
Tout ceci sur le fond général d’une crise climatique qui ne fait que s’approfondir. L’objectif d’un réchauffement de 1,5° au cours du siècle parait désormais impossible à tenir et l’on parle maintenant de plus de 3 degrés ! Avec évidemment des conséquences en termes d’événements climatiques dramatiques démultipliés. On en voit déjà les prémisses. Les tensions migratoires actuelles ne sont rien à côté de celles qui pourraient se produire lorsqu’arriveront les réfugiés climatiques issus de zones côtières très peuplées ou au contraire de territoires gagnés par le désert. Nos actions de colibris, préférer le train, manger autant que faire se peut bio et local, limiter notre consommation de viande, pèsent bien peu, je le crains.
À côté de ça, ce qui se passe dans la petite bulle à peu près préservée de notre coin du monde pèse peu. Mais les tensions s’accumulent aussi. La situation politique bloquée, une gauche qui a bien du mal à dépasser les clivages et les ambitions personnelles contradictoires, le RN qui attend tranquillement son heure, tout cela n’est pas de bon augure…
Allons, croisons les doigts, à défaut de pouvoir faire autre chose. Espérons au moins que le pire trumpiste sera évité et que, sur ce point au moins, nous pourrons d’ici quelques jours pousser un petit, tout petit, soupir de soulagement…
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