Théâtre à domicile…
Anne-Marie Krebs
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En mars dernier, juste avant l’AG, j’avais écrit sur ce blog un billet à propos de L’homme semence, un court récit attribué à Violette Ailhaud, habitante du Poil, un hameau des Basses-Alpes, morte en 1925.
À la suite de l’insurrection, violemment réprimée, contre le coup d’État du 2 décembre 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte, tous les hommes du village avaient été massacrés. Les femmes avaient dû s’organiser pour que la vie continue tout en attendant, en espérant, le retour des hommes. Il avait fallu attendre deux ans et Violette raconte comment elle était tombée amoureuse du premier homme qui était monté au village, mais aussi comment elle avait dû le partager avec les autres femmes « pour la vie de leurs ventres ».
J’avais beaucoup aimé ce récit sobre, émouvant qui parlait sans détour du plaisir féminin et de la souffrance due à l’absence de l’homme.
Or à l’AG, Martine Levy m’a parlé d’une amie comédienne qui interprétait ce texte au domicile de ceux qui disposaient d’une pièce assez spacieuse pour l’accueillir devant un public restreint. Comme elle habite Colombes, il fallait trouver au moins trois endroits où elle pourrait jouer à Aix, pour que son déplacement vaille la peine.
J’ai pris contact avec Martine Febvre, cette comédienne, et nous avons réussi à programmer trois spectacles à Aix, dont deux chez des membres de l’APA : Gilles Charbonnel et Françoise Lott. Malheureusement, Françoise a eu le Covid et, à son grand désespoir, a dû annuler la séance chez elle.
Martine interprète avec talent et passion, ce beau personnage de femme, elle fait vivre ce village privé d’hommes par la folie meurtrière… Le public est captivé pendant les trois quarts d’heure que dure la représentation. Celle-ci est suivie d’un échange, certains spectateurs avaient lu la nouvelle, d’autres la découvrent à cette occasion.
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Martine révèle, finalement, que ce prétendu récit est en fait une fiction dont l’auteur est Jean Darot, l’éditeur, qui a longtemps laissé croire que cette Violette Ailhaud avait écrit ce texte à la fin de sa vie et qu’il avait été découvert bien plus tard… Certains sont déçus de découvrir cette « supercherie », mais tout le monde s’accorde à reconnaître la beauté de ce texte et son aspect universel et intemporel, car les guerres, malheureusement, partout et toujours continuent leurs ravages et sèment le malheur.