Sous les paillettes, « Sortie de piste » : merci Monsieur Warren Zavatta !
Anne Poiré Guallino
Hier soir, à Charlieu, à la salle des Halles, nous avons eu la chance exceptionnelle de voir le dernier spectacle de Warren Zavatta : Sortie de piste.
Comment ne pas en parler à l’APA ?
Si avez la possibilité d’aller applaudir le petit-fils d’Achille, n’hésitez pas… C’est, comme le dit le sous-titre de son super one-man-show « La drôle d’histoire d’un clown indomptable ». Une autobiographie, courageuse, une mise à nu, d’un parcours intranquille. Devant un public, conquis, Warren Zavatta rend sensible à la maladie psychique. C’est un tour de force. Évoquer ce thème, ainsi, faire rire et réfléchir à la fois : bravo !
Car oui, le clown triste a de terribles déboires à partager avec nous : ce que sont les addictions, comment la maladie peut s’inviter dans une vie, la saccager ? C’est aussi le récit d’une résilience. Il nous raconte, courageusement, comment, par l’art, on peut surmonter ce gâchis. Jusqu’à une vie personnelle et professionnelle brisée, l’hôpital psychiatrique, la prison. Et il remonte sur scène, avec énergie — une prouesse —, pour venir expliquer un itinéraire, le sien, mais qui est aussi hélas celui de beaucoup d’autres, et alerter, sur les dangers de l’alcoolisme, d’autres addictions, même celle au public et au succès, finalement, et sur la difficile prise en charge des troubles psychiques : vingt ans, il aura fallu deux décennies pour qu’il parvienne à rebondir. Le tout est relaté avec talent, avec une insoutenable légèreté, du rire, de la gravité, en citant Shakespeare, des jeux de mots, des étincelles, des sourires et des larmes. C’est une admirable performance ! Visuelle, percutante. Warren Zavatta sait que le spectacle peut être à l’origine de toutes les peurs, de toutes les descentes aux enfers : il en fait l’instrument de sa réussite, inscrit sa vie en lettres de feu sur scène, et nous rend témoins de son spectaculaire retour parmi les vivants. C’est beau. Lumineux. C’est d’une intensité exceptionnelle ! Et l’expression de son visage, magnifique, au moment des applaudissements, en compagnie de… chut, je ne vous dis pas qui il convoque à ses côtés ! C’est si touchant ! Une autobiographie sur scène… les confessions d’un homme dépassé par le cirque de son existence, mais qui dompte ses propres fauves, revient, et gagne : par la création, par l’art.
Cette sincérité, avec autodérision et émotion, bouleverse.
« La roue tourne », dit-il. Pour tous ceux qui croient qu’une « sortie de piste » peut être définitive, cette création résiliente vient nous prouver le contraire.
Merci Monsieur Warren Zavatta !
Respect.
/image%2F1169248%2F20241117%2Fob_49699d_20241117gds-scene-apoire-guallino-sort.jpg)
Si vous connaissez des programmateurs de salles, faites circuler l’information : c’est l’un des rares spectacles d’une vie que l’on n’oublie pas ! Je le sais déjà.
Internet