Back to Scotland (épisode 5)
Malcolm
Je suis retourné en Écosse à quatre autres reprises. Peut-être devrais-je écrire que je n’y suis retourné « que » quatre fois… Dix ans après la précédente et à dix ans d’écart encore entre les deux premières (en 1997 et 2007). Puis en 2014, et la dernière fois en 2019. Si le temps, la vie, passent décidément bien trop vite, la beauté de l’endroit où j’ai vécu ma petite enfance ne me semble pas prendre de rides (elle !)… autres que celles de mon cher Loch Lomond.
À chacun de ces séjours, sauf au dernier, je suis passé (et me suis arrêté pour prendre une photo) devant le 16 Lomond Road. Mais je n’ai jamais osé frapper à la porte…
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En 1997, j’y suis allé en voiture depuis la France avec mon épouse (un neveu et une nièce nous ont accompagnés sur une partie du voyage, car à la fin de celui-ci, nous étions tous les quatre invités au mariage d’une autre nièce en Angleterre). La première nuit, nous avons dormi à nouveau dans un « B&B » dans ce magnifique village de Luss, non loin de « chez moi ». Mais ce voyage-là était aussi centré sur la découverte de certaines îles des Hébrides intérieures jusque-là inconnues de moi (Mull, Iona et Islay) et, non accessoirement, au-delà de leurs patrimoines naturel et historique, sur celle de leurs trésors en matière de « uisghe beatha » (comprendre : « whisky »). Occasion d’ailleurs pour moi de visiter ma « propriété » à Islay. En fait de propriété, c’est plutôt un genre de « leasing », à vie ! Bon, pas de grande taille, hein… juste un petit foot-square (1 « pied carré » !) de lande sur le terrain de la distillerie du célèbre Laphroaig, dont je suis un amateur (et fidèle ami : membre des « Friends of Laphroaig »). Après avoir pris un bon bol d’air sur la « propriété », on visite bien sûr la distillerie ! Au-delà des effets bénéfiques propres à la dégustation de quelques « wee drams » des singles malts les plus réputés de cette région (moi seulement, pas Nicole, qui ne sait pas refuser et en fait bénéficier les plantes vertes du lieu !), la météo exceptionnelle, quasi méditerranéenne, dont nous avons eu la chance de bénéficier lors de ce séjour donna un air paradisiaque à toutes ces îles !
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Lors de notre voyage de 2007, encore honteusement ignorant de mon « empreinte carbone », c’est un vol de La Rochelle à Newcastle en Angleterre que nous avons pris, puis une location de voiture pour gagner l’Écosse et y circuler.
Je me suis rattrapé (en termes d’empreinte !) en 2014, en effectuant cette fois le voyage en train, pour la première fois en Eurostar de Paris à Londres, puis de Londres à Berwick, où mon frère André est venu nous récupérer depuis chez lui (il habite à Kelso, pas très loin). Bien que nous envisagions de ne circuler ensuite qu’en train ou en bus, j’ai là aussi été obligé de louer une voiture pour visiter, car notre logement, initialement choisi par moi-même à toute proximité de la gare de Balloch, avait été remplacé à mon insu par le frangin au profit de celui d’une connaissance à lui, fort sympathique au demeurant, mais bien trop éloignée des transports en commun de Balloch pour nous, piétons ! Ah, ces aînés omniscients qui se croient obligés de « régner » sur leurs cadets forcément ignorants…
Il me reste encore un peu de famille en terre calédonienne. Des cousins germains que je ne connais pas (beaucoup ont d’ailleurs émigré loin de la terre ancestrale, en Australie ou aux États-Unis notamment). J’ai pu rencontrer Ralph et David, deux des cinq fils de l’un de mes oncles paternels, Uncle Harry, curieusement décédé dans le même hôpital que mon père, trois semaines avant lui, et — dit-on — des mêmes causes (opératoires et/ou post-opératoires) que lui… Coïncidence ?
Coïncidence plus heureuse, mon cousin David, qui fut professeur de français, puis policier à Glasgow (« Dans certains quartiers, c’est moins dangereux que le métier d’enseignant ! » aime-t-il plaisanter), s’est installé à sa retraite en France, en Charente, à une soixantaine de km de chez nous, ce qui nous a permis de faire enfin connaissance.
J’en viens à mon frère aîné, André, mon Big Yin… le « vrai » écossais de notre fratrie, celui qui portait le kilt en toutes occasions, voyages, mariages, anniversaires, enterrements, parce que — disait-il, en bon écossais se caricaturant lui-même… — « ça demande moins d’imagination et surtout ça coûte quand même moins cher pour bien se saper, quelles que soient les circonstances » !). Après quelque dix années passées, lui aussi, comme coopérant (mais britannique) dans l’enseignement au Kenya, il est le seul d’entre nous tous à être revenu vivre et travailler dans son pays natal. Il s’était finalement installé à l’est, à Kelso, dans les Borders. Il y avait pris sa retraite, et il s’y est éteint… C’était il y a 5 ans. Déjà…
Bien tristement, son fils aîné, mon neveu Niall, l’a rejoint seulement deux ans plus tard, à l’âge de 60 ans. Both of you, RIP… Sa fille, ma nièce Fiona, vit pour sa part toujours en Écosse, à Aberdeen, non loin de sa mère, Mabel, âgée aujourd’hui de 91 ans.
Les obsèques de notre Big Yin en Écosse, en juin 2019 (auxquelles mon frère Alain — déjà gravement malade lui aussi — et moi-même fûmes les seuls de la fratrie à pouvoir — ou désirer… — assister) ont été pour moi la douloureuse opportunité, mais aussi la surprise inattendue, de rencontrer pour la première fois de ma vie… Robin, mon demi-frère biologique, fruit du remariage de mon père en 1959 avec Vera, une secrétaire de l’ONU (eh oui, mon histoire familiale ne manque pas de sel… parfois très gros) !
C’était donc aussi mon dernier séjour dans la père-patrie, jusqu’à ce que…
[À suivre…]