Back to Scotland (épisode 8)
Malcolm
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Avec notre croisière sur le Loch Lomond au large d’Inchmurrin (où furent dispersées les cendres de notre père [cf. épisode 4]) et notre visite du 16 Lomond Road [cf. épisode 7], Yann et moi avions atteint les deux objectifs principaux communs de notre séjour calédonien. Il m’en restait encore un, plus personnel, dont j’allais me charger seul de mon côté avec Nicole, car Yann et Gita devaient alors retrouver des amis américains et poursuivre leur propre séjour en Écosse avec eux. Avant de nous séparer, nous avons quand même réalisé une nouvelle sortie ensemble, un peu improvisée par moi. En effet, avant que mes problèmes dits « mécaniques », vieux de plus de deux ans déjà, ne viennent quelque peu (c’est-à-dire, beaucoup !) perturber mon grand projet de randonnée « mémorielle » [cf. FAR n° 89 : « Jusqu’ici, tout va bien… »], j’avais envisagé un « écart » au tracé originel de mon parcours à travers la France depuis la Suisse, et d’aller marcher (rêver aussi) quelques jours sur les rives du Lomond, de Balloch à Inversnaid (petite ville au nord du Loch), notamment sur une partie de la célèbre (pour les randonneurs) West Highland Way sur sa côte orientale. J’ai malheureusement dû renoncer à ce projet. Mais, avec Yann et Gita, je me suis rabattu sur la possibilité qu’il y avait de nous rendre en bus jusqu’au petit village de Balmaha, où j’aurais dû passer… J’y ai découvert avec stupéfaction, malgré la saison déjà bien avancée, des nuées de marcheuses et marcheurs harnachés, de tous âges, y transitant (Wikipédia m’a appris par la suite qu’environ 85 000 randonneurs fréquentaient annuellement la West Highland Way…). Moi qui, en marchant, aime tant jouir de ma solitude, je me suis dit que, si je l’avais moi-même empruntée, elle m’aurait sûrement donné la pénible impression d’un jour de départ en vacances sur une autoroute pédestre !
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Pour rentrer de Balmaha, après y avoir déjeuné, nous nous sommes offert une nouvelle petite croisière sur le Lomond. Traversée joliment et fraîchement agitée cette fois par un bon petit vent du nord s’engouffrant entre les rives du loch et la bonne demi-douzaine d’îles et îlots qui le parsèment à cet endroit. Comme la dernière fois, nous avons débarqué à Luss et repris le bus pour Balloch.
Fin donc de la première partie de notre séjour, en compagnie des « ricains » de ma famille.
Le lendemain matin, Nicole et moi quittons Yann et Gita et poursuivons notre voyage ferroviaire en reprenant le train à Balloch pour, oui… Oban [cf. épisode 3]. Après un changement à Dumbarton (dernier lieu de vie de mon père), et un peu moins de trois heures de trajet, nous y voici. M’y revoici…
Déjeuner au Cuan-Mór, vieille auberge typique, dans la rue principale le long de la jetée. Celle où mon père m’avait invité en 68 ? Peut-être, mais je n’en suis pas tout à fait certain (j’ai le défaut de vouloir l’être). Nous logeons pour trois nuits au « Palace Hotel », qui n’a (plus) rien d’un palace. Hôtel vieillot. Comme la patronne, d’ailleurs… c’est triste de devoir continuer de travailler à son âge ! De la salle du breakfast (mais pas de notre chambre…), on a tout de même une vue splendide, au-delà du port, sur la baie d’Oban et les îles.
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Le lendemain, un vendredi (c’est important…), j’ai décidé d’aller dans l’île de Mull. C’est un peu un « sous-objectif » de mon séjour. Nous l’avons déjà visitée en 1997 [cf. épisode 5], mais j’ai envie de la revoir. D’abord parce que l’endroit est magnifique, surtout Tobermory, port et ville principale de l’île, mais aussi à cause encore une fois de mon histoire familiale : ma mère y avait en effet trouvé refuge (avec André et Yann, les deux aînés) chez Uncle Willie (l’aîné de notre père, qui habitait alors Tobermory), en mai-juin 1941, à la suite du terrible « Clydebank blitz » allemand du mois de mars qui avait fait dans la région plus de mille morts et laissé des dizaines de milliers de personnes sans-abri (à la suite de quoi, le récit familial prétend que notre père aurait même creusé — ou tenté de creuser ? — de ses propres mains un abri dans notre jardin !). Nous faisons donc la traversée (une petite heure) en ferry d’Oban au débarcadère de Craignure, où nous prenons un bus pour Tobermory (encore une petite heure de route pour admirer les paysages). Le temps d’un petit tour à pied de ce joli port aux maisons colorées typiques et d’un lunch dans un pub (assez calme), et nous voici de retour, par les mêmes voies et moyens, à Oban.
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Le lendemain (un samedi, donc…), je ne m’étais pas donné de programme précis et comptais sur les nombreuses offres d’excursions possibles (surtout vers les îles alentour, riches en faune et paysages spectaculaires). Sauf que… c’est le week-end et qu’il n’y a plus aucune disponibilité pour les visites auxquelles je pensais. Tout est « booké » ! La raison en étant le débarquement de hordes de touristes, en majorité des « séniors » (oui, je sais, comme nous, mais prévoyants, eux !). J’exagère à peine en disant qu’avec cette foule (inimaginable pour moi), Oban avait pris des allures de Dubrovnik… Toutefois la météo du jour n’est pas du tout celle de la côte dalmate ! Pour la première fois de notre séjour, la pluie est de la partie et vient gâcher (ou compléter, selon le point de vue !) le programme. Du moins, celui de ce jour-ci. Sans autre alternative séduisante, je me résous finalement à retourner à Mull et Tobermory pour… y écrire des cartes postales ! Ce sera dans notre pub de la veille et, pour moi, devant une bonne pinte d’Innis & Gunn.
À l’aller, à l’embarcadère d’Oban, tout comme à l’arrêt de bus de Craignure, il y a donc cette foule de « séniors » (oui, je sais, nous en sommes, mais nous c’est pas pareil, hein…) et on fait la queue pour monter à bord ! Dans le bus, un jeune (c.-à-d. moins vieux que nous) cède quand même sa place à Nicole, tandis que je fais tout le trajet debout jusqu’à Tobermory. Vive le tourisme de masse !
Eh bien, je crois qu’il est temps de rentrer à la maison…
[À suivre…]