Journal des jeûnes de 2012 à 2015 — Chapitre 8
Christina & Jean-Paul Schwab
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Quatrième jeûne
Jeûne de notre automne 2013
JP — Nous allons vivre notre premier jour de notre jeûne de plus. Je le vis comme ça : un de plus ; sans savoir si ce sera facile ou non. Simplement.
Lundi 16 septembre 2013
Ch — Première journée de jeûne presque terminée. Je pourrais dire « piece of cake ». Même en faisant des crêpes au Tounet (notre fils), puis en lui réchauffant sa viande et le gratin. Pas de problème. Heureuse d’avoir terminé tout le « dossier flibuste » (listing de tous nos films) et en plus d’avoir récupéré deux disques durs que je croyais hors service. Tounet grippé… file un mauvais coton. J’espère que ça ira bientôt mieux. Me réjouis infiniment de cette semaine qui s’annonce plutôt bien. J’ai envie de me la jouer « vacances ».
JP — Vacances ? MCTL (marché conclu tope là). On bosse que quand on ne dort pas. Le jeûne ? PoC (piece of cake, like she says). Juste une nostalgie de biscuits. Deux ou trois fois en deux heures d’écran. Sinon, même pas faim. Il y eut un soir, il y eut un matin. 93.4 kg (-700 g).
Mardi 17 septembre
JP — Chouette journée. Les bains, quelques magasins. Je me réjouis tout de même de boire un bouillon.
Mercredi 18 septembre
JP - 92,5 kg Je suis à mon poids de fin d’hiver. Reste à atteindre celui de fin d’été (81.9).
Il fait froid, il pleut. Nous restons à la maison. J’y reviens : 92.2 kg-81.9 kg Bof. Le désir de perdre du poids ajouterait-il à la difficulté de rester dans le jeûne ? Chaque fois nous prétendons que ce n’est pas l’objectif, mais chaque fois nous y revenons. Il faudrait pouvoir s’en détacher et avancer dans le jeûne sans attente. En serions-nous capables ?
Jeudi 19 septembre
Ch — Fait le kombucha ce matin, mais pas que… Chouette début de journée. Longue, très (trop ?) longue dissertation mâle sur la prise de poids au cours des âges. Le pourquoi du comment on se sent et le pourquoi du comment on imagine qu’il faudrait qu’on soit. Non, que JE sois. Personne d’autre ne l’exige de moi. Accepter mon corps, mon état, mon âge, mon regard sur moi… la vie quoi ! Pourquoi est-ce si difficile ? Pour en revenir au jeûne, ce matin, je trouvais tout PoC (piece of cake : facile). Maintenant je me réjouis, sans encore la fantasmer, de cette petite aïsh (galette) tartinée d’une goûteuse surface de fromage frais. C’est vrai que la maçonnerie est un beau métier !
JP — Peur de la mort ?
Non ! On n’en sait pas plus sur après la vie morte qu’avant la vie née. Ce n’est pas la peur de la mort, mais du souvenir de tout ce qu’on a entendu ou imaginé d’elle. Peur du moment de mourir, peut-être, s’il devait y avoir souffrance. Redouter de ne pas avoir vécu assez ou assez vécu, peut-être également… Ohponopono.
Vendredi 20 septembre
Ch — Nous voilà arrivés au terme de ce jeûne. Étonnamment facile. Un peu d’ennui peut-être parfois ? Tout fut jouissif. Le fait de se rêver-concocter-manger un repas et surtout que, si l’on n’occupe pas bien le temps qui n’est pas consacré à se nourrir, il est difficile de n’y pas penser. Heureusement, nous l’avons occupé ce temps, et mieux que tout, j’ai pu reprendre l’écriture et me remettre en « état de grâce ». Que du bonheur donc et un très bel automne en perspective.
JP — De fait, je me sens enfin un peu moins fatigué, voire reposé. Dès lors, je trouve plus facilement l’énergie de l’élan. L’envie et le courage de me mettre à l’œuvre, de me mettre en œuvre. Deux jeûnes annuels seront-ils suffisants pour entretenir cet état ? Nos savons déjà que notre expérience d’un troisième jeûne (annuel) n’est pas très bien vécue, jusque-là. Mais comment jalonner notre temps de « rappels » d’énergie ? Par-ci par-là, sauter un repas de midi ?
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JP — Postlude : ce matin, nous sommes remontés à notre poids d’avant-hier !
Il faut dire que nous nous sommes pesés 3 heures et demie plus tôt et qu’hier soir, une âme fort généreuse s’est pointée vers nous, qui étions bien assis dans nos fauteuils de cinéma, avec deux énormes bâtons glacés (déballés) qu’il nous a été impossible de refuser. Bel exemple d’enfer pavé de bonnes intentions et d’amitié empoisonnée. MAIS je suis hyper content, car, ce matin j’ai admiré un pin orange. J’ai enfin vu, de mes yeux vu la couleur de Turner (William Malord, etc., pour les intimes).
Ch — Que voilà une magnifique manière de dépasser, transcender, magnifier les choses… ce matin, moi aussi, gueule de bois pensante, j’ai « ré-aménagé » le journal de ma vie. Perspectives pleines de promesses à la lumière éclatante du soleil levant contre le mur de la cuisine. Prémisses à la couleur des prochains tableaux de Jeannot !
À suivre…