Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Grains de sel
Grains de sel
Grains de sel

Blog créé par l'Association pour l'autobiographie (APA) pour accueillir les contributions au jour le jour de vos vécus, de vos expériences et de vos découvertes culturelles.
Voir le profil de apagds sur le portail Canalblog

Newsletter
Commentaires récents
15 février 2025

L’APA et moi (2) : lente approche

Bernard M.

 

J’ai continué à survoler mon journal des années 1999-2000 pour y repérer ce que je disais de mon rapport à l’APA découverte à cette période.

Contrairement à ce que laissait entendre la dernière phrase de mon précédent billet, non, je ne me suis pas plongé d’emblée dans le bain apaïste. Il m’a fallu tout un temps d’approche et de tergiversations diverses, bien dans la ligne de ma personnalité, peser, repeser le pour et le contre d’une attitude, d’un choix, d’une décision, au risque parfois de ne rien faire du tout.

D’abord j’ai procrastiné pas mal de temps avant de faire mon envoi du texte rédigé pour le site l’Intimiste comme du document à destination de l’APA accompagné de mon adhésion.

Je bouquine frénétiquement ; L’autobiographie des Lecarme, un véritable manuel universitaire sur le genre, divers livres de Philippe, évidemment plus incarnés et qui me touchent plus, L’âge d’or de Leiris et d’autres récits autobiographiques, le premier Garde-mémoire et la première Faute à Rousseau (c’était la FAR n° 21 sur le thème du Rire), reçus à la suite de mon adhésion.

Dans les mois qui suivent, je suis toujours hésitant quant à ma propre pratique. En février 2000 à la suite de la lecture d’un nouveau numéro de la FAR j’écris : « Malaise à cette lecture. Agacement face aux prétentions semi-savantes de certains textes. Vertige devant la multiplicité protéiforme des textes reçus… Est-il si souhaitable dans un monde où triomphe l’individualisme d’encourager encore un peu plus ce Moi qui est déjà au centre de tout ? Le monde se corsète de mots, la vie étouffe sous les pages, les individus crèvent de solitude. Qui donc lira si tout le monde écrit, comme le dit, je crois, Milan Kundera… Le parcours d’une revue de l’APA avec la multitude des parcours de vie qu’il fait entrevoir me donne un peu le tournis et me fait m’interroger sur la validité de la démarche… Mon enthousiasme pour tout cela s’est vivement dégonflé. » Mais j’écris aussi : « il est positif que des sans-voix trouvent une reconnaissance de ce qu’ils sont et de ce qu’ils furent, que leur histoire puisse contribuer à illustrer et enrichir l’Histoire ».

Maintenant il me faut y aller voir de plus près, ne pas se contenter des mots de papier, mais rencontrer des gens. L’assemblée générale a lieu mi-mars, dans une salle dépendant de l’ENS boulevard Jourdan. Mais y suis-je prêt ? Françoise racontait il y a quelques jours sur ce blog combien elle avait eu du mal à OSER envoyer la lettre qu’elle avait préparée pour l’APA. J’ai un peu peur de me faire questionner sur ce que je viens faire là, sur ce que j’attends alors que je ne le sais pas moi-même, voire de me faire embringuer dans des activités que je ne souhaiterais pas vraiment. Et puis les enfants ont envie d’aller à la piscine, bon, allons-y et qu’à cela ne tienne j’irai rencontrer les gens de l’APA l’après-midi. On déjeune un peu tard. Je me hâte, traverse le parc Montsouris, arrive à la cité U. Il fait beau, la marche est agréable, je me sens d’humeur joyeuse. Mais je me suis trompé de lieu. La réunion a lieu dans un local dépendant de l’ENS sur le boulevard Jourdan. Le temps de m’y rendre, mon retard s’est accru. Ça va la fiche mal de débarquer ainsi en pleine réunion. Aller, ce n’est pas grave, je lirai les comptes-rendus plus tard. Je reviens vers la maison. Très vite je me dis : « C’est absurde, vas-y voir quand même ». Mais je ne le fais pas. Je rentre de plus en plus mécontent de moi. C’est quoi cette conduite d’échec ? Mon humeur a totalement basculé. J’ai presque envie de pleurer. Arrivé à la maison, je me mets à rédiger la page du jour de mon journal, celle-là même que je viens de relire vingt-cinq ans plus tard. Je l’avais intitulée « cas pathologique » !

 

Commentaires
A
Comme nous nous ressemblons nous les apaïstes! Je retrouve ici mes timidités, mes remises à plus tard, mes reculs etc... , mais aussi la joie de vivre, d'écrire, de lire, de vous lire, vous Bernard et tous mes amis (presqu') inconnus de l'APA.
Répondre
W
"Qui donc lira si tout le monde écrit ? "je ne connaissais pas du tout ! et bien rassure toi Bernard : moi je te lis ! et ton témoignage est très inspirant, me donne forte envie de rédiger ce que je garde en mémoire (pour le moment) cela sera pour mes enfants et petits-enfants (si j'en ai) ou pour mes vieux jours !
Répondre
A
Un vrai plaisir, d'entrer ainsi, comme une petite souris, dans ces lignes si personnelles de ton journal. Merci Bernard !
Répondre
Mode d'emploi

Adresser votre texte (saisi en word, sans mise en page, en PJ à votre mail) à l'adresse :

apagds@proton.me

- Envoyez si possible une image (séparément du texte). Cliquez sur les images pour les ouvrir en grand
- Précisez sous quel nom d'auteur il doit être publié
- Merci de ne pas adresser de textes trop longs afin de laisser son dynamisme à la lecture. Des billets de 2000 à 4000 signes environ sont les plus adaptés à la lecture dans un blog.
L
es administrateurs du blog se réservent le droit de publier un texte trop long de façon fractionnée.


 

Archives