Chroniq’hebdo | Des affaires du monde, de la musique, d’une expo et d’une revue
Pierre Kobel
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Chaque jour apporte son lot de nouvelles négatives : dérégulations, suppressions, coups de force de la part des gouvernants américains. Sombre tableau, disent les journalistes et leurs invités à la radio. Sombres perspectives pour le monde, pour l’humanité, celle des plus pauvres et jusqu’à la nôtre qui est aussi menacée.
Je veux croire à la capacité des Américains de secouer le cocotier et d’empêcher leur imprévisible président d’aller à l’irrémédiable, mais le monde se crispe et, dès mercredi, Macron nous a fait, à la télé, un discours empreint de gravité. Théâtre politique comme aime jouer ce jeune président qui n’a pas manqué d’occasions de le faire depuis son accession à l’Élysée. Ailleurs, c’est toute la gouvernance de Trump et consorts qui continue de mettre à mal l’équilibre du monde. Ils brutalisent, méprisent, agressent, insultent. Ils détruisent, rabaissent autrui. Ils ramènent tout à leurs intérêts particuliers, exhibant la force de leur argent et de leurs affaires sans un regard pour les plus démunis. Les coupes sombres qu’ils opèrent dans les budgets fédéraux sont déjà catastrophiques et chaque jour va dans un sens négatif.
Notre monde est-il en pleine régression ? Comment ne pas se le demander ? Je voudrais pouvoir poser des mots sur cela et je sais que je le ferai. Mais est-ce utile ? De semaine en semaine, je ne peux m’empêcher de m’inquiéter comme tant d’autres tout en me défendant de plomber ces pages et d’ajouter aux lourdeurs du temps. Je ne suis pas dans le désespoir, bien au contraire. Je suis dans une lucidité révoltée et un désir de résistance. Avec qui et pourquoi ?
Des très proches nous annoncent une naissance pour l’automne. Si je suis heureux pour eux, je ne peux que revenir à la pensée qui est la mienne dans cette situation. Est-ce courageux, est-ce un espoir que de faire un enfant aujourd’hui ou n’est-ce pas prendre le risque de le jeter dans un monde sans avenir ?
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J’ai passé beaucoup de temps à trier des piles de CD, à réécouter, voire redécouvrir, des artistes un peu oubliés. Plongée dans la musique qui me rappelle l’importance de cette dernière dans mon existence, dans ma construction intellectuelle. Je suis de ceux qui travaillent souvent en musique, choisissant ses couleurs et ses interprètes selon le chantier auquel je m’attelle et l’atmosphère que je veux installer. Pour le reste, la palette de mes goûts et de mes curiosités est très large, de la musique classique, souvent religieuse, de mon enfance à ma découverte du rock à l’adolescence, du jazz ensuite auquel s’est ajouté aujourd’hui mon attrait pour les sons et les chants du monde.
Mais je sais que je partirai avec le piano solo de Thelonious Monk, celui qui revient quand tout part à vau-l’eau.
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Dans la semaine, je suis enfin allé visiter l’exposition L’intime, de la chambre aux réseaux sociaux » au musée des Arts déco. L’APA y est présente par les prêts de documents qu’elle a faits, documents qu’on peut voir dans la dernière salle intitulée L’intime ultime. Un parcours très intéressant malgré la foule des « troisième âge » qui s’imaginent que la culture leur appartient et imposent leurs déplacements, leurs téléphones et les conversations sonores de leur entre-soi… À avancer de salle en salle, je me suis demandé une fois de plus où est ma propre intimité quand je m’expose dans mes carnets et plus encore chaque semaine dans Grains de sel.
Un autre jour, je vais à une rencontre, à l’invitation de Gilbert Moreau, pour la parution du numéro 53 des Moments littéraires. Il fait avec cette revue un travail remarquable, en mettant les écrivains à hauteur de leur humanité. Les pages qu’il publie ouvrent peu ou prou les coulisses de leur littérature.
Internet
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Wikipédia | Thelonious Monk
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Musée des Arts déco | L’intime, de la chambre aux réseaux sociaux