Journal des jeûnes de 2012 à 2015 — Chapitre 11
Christina & Jean-Paul Schwab
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Sixième jeûne
Dimanche 23 novembre 2014
Jeûne de fin d’automne. Un peu ambitieux, peut-être en novembre à la montagne.
Ch — aujourd’hui dimanche, je me suis préparée sérieusement au jeûne. Le moment était craint, mais attendu depuis pas mal de temps. Fruits crus à midi et cuits le soir. Une mangue (tant pis pour une fois si ce n’est pas « local »), des pommes et des poires. Nous aurions voulu commencer en septembre, mais JP était fatigué, je devrais dire épuisé par 20 ans de mauvais sommeil. Donc, consultations médicales, calcul des apnées, découverte sans grande surprise de la gravité du cas et appareil de traitement de l’apnée du sommeil — CPAP. Désormais, je m’endors avec le bruit de la mer (calme) dans les oreilles. Ne manquent plus que les cris des mouettes.
Lundi 24 novembre
Ch — Journée bizarre autant qu’étrange. Nous nous amusons bien, mais j’ai du mal à aligner deux idées. Je sens que mon cerveau manque de sucre. Je fais mon travail comme d’habitude, tout en restant sur mon petit nuage. Je n’ai faim qu’à de ponctuelles et rares reprises. Du fait que je me contente d’eau après les boissons du matin (kombucha, thé, café déca), je sens ma bouche plus pâteuse. J’ai des remugles tout le jour, comme si l’acidose se faisait, mais en douceur. Très vite je passe à autre chose. Le soir, nous avons cassé des noix en regardant le dernier feuilleton à la mode : Olive Kitteridge. Très très étrange impression… tout le monde l’encense. Je ne sais pas trop. Les sujets à la mode : bi polarisée, borderline, dépression, AVC, Alzheimer… on n’en sort plus ! Est-ce une raison pour être odieux, comme notre héroïne ? Je ne suis pas sûre. Heureusement, cet après-midi, j’ai pu corriger quatre de mes histoires. Je remonte dans mon estime.
Mardi 25 novembre
JP — Bouche pâteuse, sommeil chahuté… je suis certain que cela en vaut la peine. Les jeûnes, courts ou longs, m’ont chaque été fois bénéfiques. De toute façon, nous nous encourageons mutuellement, alors ça passe, ça se passe et ça ira… bien !
Ch — Perdu 2,2 kg en deux jours. Magnifique fin de journée lundi, mais très heureuse d’avoir eu droit à deux tasses de bouillon le soir (maigre bien évidemment). Reçu un mail amical et très positif sur mon prochain livre et me voilà regonflée à bloc. En soirée, nous avons cassé des noix pour les futurs biscuits de Noël sans trop de problèmes de manque (et sans en grignoter !).
Mercredi 26 novembre
JP — Je m’abstiens de prendre les statines (foie + cholestérol) et du coup, je me paie une crise d’acidose de derrière les côtelettes ! Il n’empêche que la perte de 2,4 kg en 48 heures de jeûne… sans commentaire.
Ch — Nuit bizarre autant qu’étrange. Réveillée avec les idées claires, mais néanmoins fatiguée ; je suis retournée me coucher un moment après le décaféiné du matin. J’ai mis du temps par la suite à me sentir bien dans ma peau, mais maintenant c’est OK ! J’ai écrit mon édito pour le cinéma du village. Je le fais une fois par semaine lors des sorties de films, sauf que, désormais je les termine en deux heures, sans même regarder les bandes-annonces, c’est génial ! Objectif de la journée : continuer les corrections de mon livre, aller chez le dentiste et terminer le repassage.
Jeudi 27 novembre
JP — Clash ! Il est 14 h 30 et j’ai terminé mon tableau, je suis très heureux.
Clash ! Il est 14 h 35, on se prépare un café.
Clash ! Il est 14 h 40, Christina me dit qu’elle va faire des brownies. Je ne le supporte pas. Je me mets en colère.
Clash ! Je ne suis pas très heureux d’avoir parlé alors que j’étais encore en colère.
Bon. Voilà.
Ch — 85.4 kg — Abattu une montagne de travail : courriers, corrections (le n° 3 avance bien), repassage, travaux administratifs. Promenade aussi, en milieu de matinée. Clash en milieu d’après-midi. Pas su évaluer le niveau de tolérance de JP. Désolée, mais nous sommes repartis d’un bon pied après avoir passé l’éponge. Explications, nettoyage et go ! Suis bien contente qu’on s’en sorte aussi bien vu les circonstances, le manque de nourriture, de sommeil et la douleur physique qu’il supporte en permanence.
Vendredi 28 novembre
Ch — 84.4 kg — Oui, heureuse, mais nuit très très bizarre. Douleurs dans le ventre. Beaucoup de mal à me rendormir. Somnolences depuis. Maintenant ça va.
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JP — 95.9 kg — En fin de jeûne, avec un bilan de perte à 3,9 kg, moyenne 800 g/jour. MAIS, je dois reconnaître que je suis très fatigué. Un petit malaise (blanc à la poste) m’incite à avaler deux sucres de raisin (tachycardie/arythmie). Je mange une poire 3/4 d’heure plus tard et je me sens assez bien pour la promenade. Retour content, mais fleupeute… Au final, j’estime ce jeûne comme très bénéfique en termes de bien-être articulaire (mes pieds me font moins mal aux articulations) et de poids perdu. Les autres aspects sont difficilement mesurables. J’espère sincèrement que je/nous parviendrai/ons à poursuivre dans la perspective d’une alimentation mesurée, mais/et satisfaisante.
Ch — Elle pète le feu la mère ! Bon, on arrête ce soir. C’est vrai que sept jours de jeûne quand il fait froid et qu’on n’est pas au mieux de sa forme, c’est un peu trop long. Alors voilà, reste maintenant à confirmer la bonne volonté. C’est plus difficile en hiver, mais nous ne sommes pas des mauviettes n’est-ce pas ? Allez, au boulot et on se donne rendez-vous le printemps prochain pour remettre ça !
Samedi 29 novembre
Ch – 85.2 kg à 8 h — sortie de jeûne. Mangé la veille au soir soupe, compote, crackers, 1 carré de chocolat et quelques noix
JP — 95,7 kg pour cette reprise, soit -200 g (1 verre d’eau).