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Grains de sel
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Blog créé par l'Association pour l'autobiographie (APA) pour accueillir les contributions au jour le jour de vos vécus, de vos expériences et de vos découvertes culturelles.
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10 mars 2025

L’APA et moi (suite)

Françoise B-J

 

Comment résumer ces 30 ans d’échanges, d’amitié, d’expériences, d’enrichissement intellectuel, bref de tous les bonheurs que m’a donnés l’APA ?

Mes premiers contacts par correspondance avec  Michel Vannet, Chantal Chaveyriat-Dumoulins (pionniers de l’APA avec Philippe Lejeune) m’avaient convaincue d’aller aux journées l’APA. Le 4 juillet 1997, j’étais à l’Espace 1500 à Ambérieu ; je ne connaissais personne et j’étais très intimidée. Très vite je fus séduite par la profondeur des échanges et j’eus le sentiment d’avoir trouvé une famille d’esprit. Comme je l’ai écrit dans le  prologue de Chère APA, mon aventure autobiographique à travers mes journaux intimes de 1995 à 2005 : Une nouvelle page de mon existence s’ouvrait, m’apportant encore plus que tout ce que j’aurais pu imaginer. L’APA fut une vraie potion magique dans laquelle je suis tombée tout de suite.

Ce que m’a apporté l’APA :

- importance des Journée APA toujours intensives, avec des conférences, des spectacles de qualité, des ateliers motivants et surtout des conversations passionnantes avec des apaïstes dont beaucoup sont devenus des amis. Nous nous sommes prêté nos manuscrits et j’ai eu le plaisir de lire des récits émouvants ; nous nous sommes écrit et j’ai eu le plaisir de lire des analyses très fines et sensibles de mes écrits. 

- ma participation aux ateliers d’écriture des Journées APA et à l’atelier en ligne de Daniel Orler (2005-2006) m’a aidée à comprendre l’importance de chaque mot. 

- toutes les rencontres de l’APA mais aussi la lecture de ses revues m’ont donné des outils de  réflexion, des envies de lecture et surtout une grande motivation pour écrire ou retravailler mes textes avec le plaisir de savoir qu’ils seraient lus ; j’ai aussi transcrit une grande partie de mes journaux intimes, étonnée du plaisir que cela provoquait en moi (quel que soit le contenu), plaisir de me retrouver ou de me (re) découvrir…

- grande émotion à chaque envoi de mes textes à l’APA et émotion encore plus grande en lisant les échos (reflétant parfaitement leur contenu) souvent accompagnés de lettres chaleureuses. Correspondance qui a souvent été à l’origine de nouvelles amitiés. Ici je dois dire mon admiration pour tous les "échotiers" et "échotières" qui font un travail  formidable. 

-  bonheur à chaque fois que j’ai eu l’occasion d’animer un atelier de réflexion (aux journées APA) et de participer à une table ronde : sentiment de reconnaissance sociale et plaisir intellectuel lors de leur préparation. 

- sentiment de vivre une aventure et de faire un travail de transmission servant aux chercheurs lorsque ceux-ci (Fabienne Casta-Rozaz, Anne-Claire Rebreyend, Boris Gobille, Dominique Piau) ont pris contact avec moi afin d'utiliser certains de mes textes pour leurs recherches.  

- c’est par désir de transmission que j’ai également transcrit et déposé d’autres textes (Souvenirs de mon pèreCorrespondance de guerre de mes parents, un journal acheté en brocante).

- ma participation à un premier groupe d’écriture, créé en 2000 et animé par Monique Bauer, à la suite d’une conférence de Michelle Perrot qui avait constaté le silence des femmes dans l’histoire en général, citant en exemple l’absence de témoignages féminins sur 68. Nous nous sommes retrouvées 22 femmes à échanger, des amitiés entre nous se sont créées, nous avons réalisé tout ce que notre participation à ces Evénements nous avait apporté, nous avons trouvé les mots pour en témoigner, sous forme d’un abécédaire publié dans un Cahier de l’APA Notre Mai 68  (2002) puis dans le livre Filles de Mai (2024).

Je dois ajouter que cette expérience m’a permis de comprendre la complexité de mon vécu de ces années-là et de l’écrire dans mon récit La soixante-huitarde déposé en 2002.

- riche de cette expérience formidable, j’en ai vécu une autre, à partir de l’idée de Catherine Bierling (Française de l’APA qui vit comme moi en Allemagne, elle à Freiburg, moi à Düsseldorf) en organisant et animant un groupe de six femmes (cinq Françaises et une Suissesse) vivant près de chez moi, pour écrire nos expériences d’étrangères en Allemagne : il en est sorti en 2012 le recueil Témoignages de six expatriées en Allemagne  (très bon écho d’Isabelle Valeyre pour ce texte, également pour d’autres textes.

- découverte des blogs que j’ai lus avec fascination (2005-2009) et plus tard ma participation au blog Vivre confinés (2020-2021) qui m’a aidée à vivre cette période.

- ma participation au CA (2009-2024) : vivant en Allemagne, je n’ai pas pu m’engager autant que je l’aurais voulu mais je suis très reconnaissante d’avoir pu y participer, ce fut pour moi une expérience extraordinaire de voir le fonctionnement de l’Association, l’engagement formidable de Philippe Lejeune et des autres apaïstes. De nouveaux liens d’amitié se sont créés.

- Mes relations amicales avec Philippe Lejeune :  

Je l’ai d’abord connu par ses livres. Je me suis toujours intéressée à l’autobiographie (récits et  journaux). Aussi quand, en 1993, j’ai découvert les ouvrages de Philippe Lejeune à la bibliothèque universitaire de Düsseldorf, je les ai tout de suite lus et j’ai été séduite par la finesse de ses analyses et aussi sa façon de présenter ses recherches, en montrant son travail d’enquête sous forme de journal.

Lors des rencontres APA, j’ai toujours apprécié ses interventions mais c’est surtout au CA que nous avons eus des échanges plus personnels.

Après la publication de son livre Ecrire sa vie (2015), j’ai eu l’idée de faire inviter Philippe, pour qu’il le présente au grand rendez-vous du lire et de l’écrire à Vézelay (petit festival littéraire). C’est avec émotion que je me rappelle cet événement sur lequel j’ai écrit dans mon journal : Il y avait quelque chose de magique dans ce lieu enchanteur. Souvenir d’une belle rencontre, chaleureuse aussi bien à Vézelay que lors de la soirée avec Philippe, Violaine, leurs cousins Jean-Claude et Micheline, Viktor et moi (Octobre 2016).

En 2019, 2020, 2021,  j’ai offert  trois de mes textes à Philippe, qui, pensai-je, devraient l’intéresser; en effet, après voir lu ses analyses du Temps immobile de Claude Mauriac, j’avais acheté et lu un des dix tomes de cette œuvre dans laquelle le diariste avait fait des montages de ses journaux, ce qui m’avait donné l’idée de faire aussi des montages à partir d’extraits de mes journaux intimes. Une bonne façon de répondre à la question que je me posais depuis longtemps : que faire de mes journaux intimes ?) Ces textes, ce sont Mes chers Cahiers,  mon itinéraire autobiographique à travers mes journaux intimes de 1950 à 1995,   Chère APA, mon aventure autobiographique avec l’APA (tome 1 de 1995 à 2005, tome 2 de 2015 à 2012). Ce fut avec une immense émotion que je lus les trois messages de Philippe, à la fois élogieux et tellement sensibles.

 

Aujourd’hui, grâce aux nouvelles techniques de communication, je suis dans le groupe d’indexation des textes de femmes, indexation que nous sommes en train d’élaborer à partir des échos. Nos réunions, en zoom, sont toujours très chaleureuses. …

Actuellement, l’APA est en plein dynamisme, je m’en réjouis. Certes j’ai moins d’énergie pour écrire (sauf mon journal), pour voyager mais tant que je le pourrai, j’irai aux Journées APA, à l’AG et à la table ronde de mars à Paris.

En conclusion je peux reprendre ce que j’ai écrit dans l’épilogue de Chère  APA 2 : Ce qui me plaît à L’APA, c’est qu’elle est à la fois conviviale, créatrice, motivante, enrichissante à tous les points de vue : humain, intellectuel… Je pourrais longtemps mentionner tous les thèmes, toutes les rencontres, tous les échanges si féconds, tous les spectacles, toutes les émotions que j’ai vécus au cours de mes années APA (émotions également tristes avec la disparition d’amies).

J’allais presque oublier le côté capital de l’APA-garde-mémoire, de l’APA conservatrice de textes de citoyens ordinaires. L’idée de laisser des traces de ma vie à l’APA donne un sens à ma vie. Merci à l’APA pour tout !

 

Commentaires
A
Oh, oui ! L'atelier en ligne de Daniel Orler... Je n'en aurais pas parlé, et pourtant, c'était un rendez-vous incroyable ! Grâce à lui, et aux autres participants, j'ai écrit des textes spontanés, surprenants, chaque fois différents, qu'il me faudra relire, un jour ! (Un jour, quand j'aurai du temps...)
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