L’APA et moi
Anne-Marie Krebs
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J’ai entendu parler de l’APA par Guy Mercadier, apaïste des premières heures, bien avant de songer même que je pourrais en faire partie. C’était dans les S 90, nous faisions partie du même groupe de randonneurs, à Aix-en-Provence, où il a très longtemps vécu avant de venir vivre à Paris. À l’époque, je ne m’intéressais pas particulièrement à l’autobiographie, j’avais lu Les Confessions de Rousseau, les Mémoires de Simone de Beauvoir, Les Mots de Sartre par intérêt pour les auteurs plus que pour le genre littéraire. Je n’ai jamais tenu de journal, sauf pendant mes voyages, et il m’est arrivé d’écrire ce que je vivais à des moments particuliers : rencontre amoureuse, analyse, mais jamais je n’ai pensé que ces textes pouvaient intéresser quiconque, à part moi.
Guy me parlait des récits de vie dont il faisait des « échos », je trouvais cela intéressant, mais je ne me sentais pas du tout concernée.
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Au décès de ma mère, en 2008, j’ai trouvé dans ses affaires des documents qu’elle avait précieusement gardés, mais dont elle ne nous avait jamais parlé : une autobiographie de son grand-père, ophtalmologiste dans l’armée de Napoléon III, qui avait fait à ce titre la guerre de Crimée et participé à la conquête de l’Algérie ; le récit par son père, mon grand-père, d’une mésaventure qu’il avait vécue avec sa famille dans les années 20 en Algérie, alors que ma mère était une petite fille ; enfin, de nombreuses lettres qu’elle avait échangées avec mon père tout au long de leur vie ainsi que celles que mon père avait envoyées à sa mère pendant son service militaire en Algérie au tout début des années 20. Comme j’ai pris ma retraite en septembre 2008, j’ai eu le temps de lire ces textes, et j’en ai parlé à Guy, seule l’autobiographie de mon arrière-grand-père me paraissait intéressante pour un éventuel dépôt, mais Guy m’a dit que tous les témoignages et correspondances avaient de l’intérêt pour l’APA.
Comme je disposais soudain de beaucoup de temps libre — à l’époque, je n’adhérais qu’à une association et je n’étais pas encore débordée comme je le suis maintenant — j’ai attaqué la retranscription des textes de Ferdinand Cuignet, mon arrière-grand-père, et de son fils Henri, mon grand-père. Guy m’a aidée, car le décryptage de ces manuscrits n’était pas aisé, et il en avait, plus que moi, l’habitude. On était fin 2009 et les Cahiers de l’APA qui avaient pour thème Maghreb et autobiographie devaient sortir en juin 2010 pour Les Journées de l’APA, Guy a insisté pour que je dépose mes textes rapidement afin qu’ils paraissent dans ces Cahiers.
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J’ai donc adhéré à l’APA et nous avons assisté aux Journées à Strasbourg avec Gilles Charbonnel, mon compagnon. Nous ne connaissions personne, à part Guy, mais il nous a présentés au groupe de lecture d’Aix et nous y avons retrouvé une connaissance, Nelly Autia. J’ai assisté entre autres à l’Atelier Europe et Maghreb, dans lequel Simone Aymard et Véronique Leroux-Hugon présentaient le dernier Cahier de l’APA, Maghreb et autobiographie, j’ai pu intervenir et parler des textes de mes ancêtres que j’avais déposés.
Au cours de ces Journées, nous avons fait plus ample connaissance avec le groupe d’Aix, j’ai réalisé que Françoise Lott avait eu ma fille comme élève en classe de première. Après de nombreux départs, le groupe ne comptait plus que trois membres et ils nous ont proposé de nous joindre à eux, car ils se trouvaient un peu débordés par les textes à échoter.
Guy nous a également présenté Philippe Lejeune, dont il nous avait beaucoup parlé, j’étais très impressionnée et je pensais qu’il ne se souviendrait pas de nous… mais une année plus tard, à l’AG à Paris, je me suis approchée de lui m’apprêtant à me présenter, il ne m’en a pas laissé le temps et m’a dit d’emblée : « Bonjour Anne-Marie » ! Quelle attention aux autres ! quelle mémoire !
Dès septembre 2010 nous avons participé au groupe de lecture d’Aix. On recevait à cette époque beaucoup de textes, car le groupe du Perche avait été dissout et des tapuscrits restés en souffrance attendaient d’être échotés. J’ai lu, entre autres, des récits passionnants sur l’exode et la vie pendant la 2de guerre, que les déposants avaient connus dans leur enfance. J’ai eu des échanges intéressants et sympathiques avec certains. C’est ainsi que l’APA est entrée dans ma vie et qu’elle y a pris une place de plus en plus importante.
J’y reviendrai dans un prochain billet.