L’APA et moi (5) : Au cœur de la machine
Bernard M.
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Mon activité à l’APA est restée assez longtemps centrée autour du site et de la base de données. J’étais un peu le Monsieur Nouvelles Technologies de l’association, mais sans en avoir les compétences. C’est surtout Daniel Orler, un adhérent toulousain, ayant, lui, de bonnes connaissances techniques dans ce domaine qui, en liaison avec moi, a véritablement construit le nouveau système informatique de l’APA, mis en ligne en 2008.
J’ai rejoint assez vite le comité de rédaction de La Faute à Rousseau. Feuilletant ma collection, je constate en consultant la composition du comité de rédaction que c’est à partir du numéro 43 d’octobre 2006 que je figure à l’ours. Mes contributions à la revue se sont faites plus régulières. Interrogeant le fichier des sommaires de la revue, je vois que j’ai signé à ce jour 143 articles plus 5 autres signés de mon avatar en ligne Valclair. J’ai aussi contribué à plusieurs cahiers de l’APA, notamment le dernier, Paroles bugistes, et surtout, j’ai piloté celui consacré à Notre Mai 1968.
J’ai également rejoint le bureau de l’association, mais je ne saurais dire à quelle date exactement. À partir de là j’ai déployé une activité dans bien des domaines, variable selon les périodes.
Mon activité de veille sur les journaux en ligne sur internet s’est poursuivie et traduite dans une collaboration menée avec le BNF à partir de 2007. Elizabeth s’est aussi beaucoup investie dans ce travail. Il a abouti à l’élaboration d’un parcours guidé dans les archives de l’internet : S’écrire en ligne : journaux personnels et littéraires. Elizabeth et moi, nous nous sommes chargés des diaristes en ligne tandis que nos partenaires de la BNF, sous la houlette de Christine Genin, ont réalisé la partie concernant les journaux et sites d’écrivains reconnus et publiés.
J’ai contribué activement à la préparation de nombreuses réunions publiques de l’APA, que ce soit des Tables rondes, les Journées ou les Matinées du journal. Je suis intervenu dans certaines d’entre elles que je ne saurais toutes citer. Mais je me souviens plus particulièrement d’une présentation, ponctuée de lectures, du journal d’Henri-Jacques Dupuy, travail préparé avec sa fille, la regrettée Sylvette, en 2013, de la table ronde sur l’Ego numericus en 2014, plus récemment de la soirée Souvenir du Chili meurtri en 2023, où j’avais présenté le film super 8 que j’avais réalisé sur place pendant l’été 1973 peu avant le coup d’État.
Et je n’oublie pas surtout ce « coming out » vivement souhaité, mais qui me stressait beaucoup, effectué lors de la table ronde Intime, privé, public en 2009. À une tribune où je figurais avec Michelle Perrot, Christophe Grossi et Philippe Villain, le blogueur Valcair était sorti du bois, révélant son identité. Notre amie Anne s’en souvient sûrement, elle avait raconté avec son habituelle faconde ce moment étrange faisant soudain coïncider à ses yeux le Bernard M. qu’elle connaissait et cet improbable Valclair. Son texte de compte-rendu de cette table ronde est toujours accessible sur notre site.
Je suis également devenu déposant de certains de mes propres textes. J’ai écrit Traces au milieu des années 1990 dans un moment où je n’allais pas très bien et me posais des tas de questions existentielles. Je me suis décidé à le déposer non sans hésitation en 2008. J’avais écrit ce texte pour moi seul sans penser qu’il pourrait un jour être lu par quiconque. Mais il m’aurait paru peu conforme à mes nouvelles valeurs d’apaïste, attaché à enrichir sans cesse les dépôts dans notre fonds, de ne pas y adjoindre le mien. J’ai déposé mon texte sous pseudonyme. Plus récemment je me suis attelé à transcrire mes journaux manuscrits d’adolescence et à les compléter du regard contemporain que je pouvais porter dessus. J’ai pris un vif plaisir à cette activité et je me propose de faire la même chose pour d’autres journaux écrits à d’autres périodes quand j’en trouverai le temps.
En 2012, devenu retraité, j’ai migré de Paris vers la région toulousaine. Je me suis installé dans la maison héritée de mes grands-parents. L’APA est très active à Toulouse et j’ai donc rejoint le groupe local. Chaque année nous choisissons un thème que déclinons au long de l’année par des lectures, des ateliers d’écriture, un collage, etc. Nous organisons au moins une fois par an une réunion publique, en général à partir de la présentation d’un livre. Certains des membres du groupe s’investissent dans la réalisation, sous la houlette d’une comédienne, de lectures publiques théâtralisées à partir de textes de l’APA, sur divers thèmes en lien avec les occasions pendant lesquelles elles sont présentées. Dans l’immédiat d’ailleurs, nous travaillons sur des textes issus de diverses archives autobiographiques européennes que nous présenterons aux Journées de l’APA au mois de mai. Au sein du groupe local, quelques personnes, dont je suis, se sont aussi constituées en groupe lecture en charge de la rédaction d’échos de textes récemment déposés.