L’APA, pas à pas… (2)
Pierre E.
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Premier contact physique avec des membres de l’APA en 2006, donc. Je remarque une large prépondérance de chevelures argentées. Alors quadragénaire, je me vois faire partie des plus jeunes et cela m’amuse. Parmi les écrivants du net j’étais plutôt dans la catégorie des « vieux » ; ainsi, cela rétablit un équilibre. À Lyon, au premier repas du soir, je me retrouve en face d’une Québécoise, dont l’accent me réjouit. Elle ne connaît personne, mais m’apprend qu’elle sera intervenante à la table ronde du lendemain. La discussion me passionne autour de questions de spiritualité non religieuse (elle est docteure en théologie). Me voilà enchanté par cette rencontre. Le lendemain, lors de son intervention présentant l’œuvre d’Etty Hillesum, elle se fait malmener par quelques membres de l’assemblée, visiblement coincés dans une laïcité intransigeante, et quitte précipitamment les journées. J’en suis profondément désolé. La bienveillance et la sympathie que je pensais trouver au sein de l’APA sont écornées par le comportement irrespectueux de quelques-uns. Je fais cependant la part des choses.
D’autant plus que le lendemain j’allais bénéficier de sympathie et de bienveillance de façon totalement imprévue.
En effet, alors que j’assiste à un atelier animé par Bernard M., ce dernier présente quelques blogs à connotation intimiste, dont le mien, avec mon plein accord. Sous pseudonyme, je ne crains rien, pensais-je. Je vois des personnes noter soigneusement l’adresse des blogs présentés. Ces gens vont peut-être me lire, me dis-je, imaginant l’effet que cela pourrait avoir sur la tonalité de mes écrits à venir. Là, un malencontreux quiproquo fait qu’après avoir projeté en grand quelques pages de mon blog, Bernard dévoile, en direct, dans un effet théâtral réussi, mon identité en me désignant dans l’assemblée : il est là, celui dont vous venez de lire la page ! Évidemment tous les regards se tournent vers moi. Pris au dépourvu, au moment même où il était question de la protection qu’offrait l’anonymat sur Internet, j’explique le bouleversement intérieur que je vis en cet instant. Expérience singulière, sans gravité aucune et finalement assez comique par la confusion induite, qui semble avoir bouleversé le présentateur et l’auditoire davantage que moi-même. Quelques-unes des personnes ayant assisté à ce dévoilement inattendu m’en parlent encore, et j’en ris avec elles, près de vingt ans plus tard !
En 2007 le même Bernard, cheville ouvrière de la partie numérique de l’APA, me propose de participer à la table ronde intitulée « Internet et moi », à l’occasion de l’assemblée générale. J’ai effectivement quelque expérience à ce sujet, dont j’analyse en continu les effets dans mes réflexions autour de la « blogosphère de l’intime ». Honoré par cette proposition j’accepte volontiers, malgré le stress généré par la prise de parole face à un public dont le bagage intellectuel m’impressionne. Tout se passe bien et je découvre le plaisir de captiver un public.