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Grains de sel
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26 mai 2025

Autour de la notion de « Bildungsroman »

André Durussel

 

Lorsque je travaillais à une autobiographie romancée que j’avais tout d’abord intitulée : La Veuve de Sarepta, (qui deviendra, une vingtaine d’années plus tard : La Nuit du Güstch), je me suis beaucoup approché, à mon insu durant ces premières années, puis plus consciemment par la suite, de ce que l’on désigne en allemand sous le terme de « Bildungsroman », c’est-à-dire celui de l’apprentissage que chacun de nous fait à l’école de la vie : éducation sentimentale, sociale, professionnelle et artistique. Ainsi, les expériences que j’avais relatées dans une progression chronologique bien définie — peuvent toutes être considérées comme « formatrices ». De plus, comme dans Le Voyage à l’étranger de Georges Borgeaud, mon Bildungsroman était aussi fondé sur cette expérience-là. L’étranger représentait en effet pour moi-même, au sortir de l’apprentissage, ce stage de trois années effectuées en Suisse centrale, dans une autre langue et un autre contexte professionnel, affectif et social. Tout cela s’accompagnant d’une certaine passivité apparente (on dirait aujourd’hui une sorte de logique floue) qui était en réalité une capacité d’accueil et d’attention, favorisant une meilleure connaissance de soi-même.

Adalbert Stifter (1805-1868)

    L’un des témoins littéraires, dans ce domaine du Bildungsroman, demeure le célèbre Henri d’Ofterdingen de Novalis, ou encore L’Été de la Saint-Martin d’Adalbert Stifter (1805-1868), un auteur autrichien cité à plusieurs reprises par Jacques Le Rider dans sa récente étude consacrée aux journaux intimes viennois.

Que reste-t-il de cette « Bildung » dans le monde des Lettres ? Son effondrement durant la première moitié du vingtième siècle est une réalité que plus personne ne semble contester. En effet, l’unité de la philosophie, de la philologie et de la littérature, celle qui caractérisait cette formation jusqu’au début du dix-neuvième siècle, s’est défaite. Philologie et littérature se séparent définitivement. Et c’est dans ce contexte que la littérature allemande (et surtout la littérature autrichienne de la première moitié du vingtième siècle) peut être considérée comme une représentation typique de l’effondrement de cette « Bildung » et, en même temps, comme un effort démesuré pour la défendre ou tenter de la maintenir. C’est cela que Jacques Le Rider explore et explique dans son essai qui m’a servi de fil conducteur jusqu’ici. Aujourd’hui, avec Antoine Berman, je constate que cette « Bildung » nous fait tragiquement défaut. Ne suffit-il pas, pour s’en convaincre, de mesurer le faible niveau de culture générale d’un jeune ingénieur en informatique, ou encore la pauvreté de son vocabulaire ou de sa maîtrise de l’orthographe lorsqu’il doit rédiger une simple note de service ?

 

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