Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Grains de sel
Grains de sel
Grains de sel

Blog créé par l'Association pour l'autobiographie (APA) pour accueillir les contributions au jour le jour de vos vécus, de vos expériences et de vos découvertes culturelles.
Voir le profil de apagds sur le portail Canalblog

Newsletter
Commentaires récents
23 juin 2025

Consentir ou enrager ?

Catherine Bierling

 

Profitant d’une insomnie, j’écoute les nuits de France Culture et je tombe sur un entretien avec Paul-Louis Rossi à propos des rapports entre poésie et musique. Ceci n’est pas fait pour m’endormir et je tends une oreille attentive. On entend de nombreux exemples de la fin du 19e et du 20siècle. J’écoute avec plaisir des poèmes de Verlaine, Baudelaire ou Mallarmé chantés et mis en musique. Je pense aux troubadours pour qui écrire, mettre en musique et chanter ne constituaient qu’un seul acte poétique. Mettre en musique les textes d’un autre constitue une sorte d’adaptation, d’interprétation de ceux-ci. Je me souviens d’avoir apprécié Léo Ferré chantant la Chanson du Mal Aimé ou Jean Ferrat chantant Aragon. Pour moi, il existe bien des passerelles entre chansons, musique et poésie, même si elles ne sont pas toujours évidentes.

Mais ce qui me réveille encore plus, c’est lorsqu’il est question d’un poème de Dylan Thomas, do not go gentle into that good night, mis en musique par Stravinsky, ainsi que par un chanteur pop dont j’ai oublié le nom.

En voici la première strophe :

« N’entre pas apaisé dans cette bonne nuit
La vieillesse devrait s’embraser, se déchaîner face au jour qui s’achève
Rage, enrage contre la lumière qui se meurt. »
(Trad. Line Audin)

Ce poème, je l’avais rencontré, il y a quelque temps, et il avait déjà laissé une empreinte tenace dans mon esprit, avant de s’effacer un peu, mais il me revient en plein cœur. Je constate qu’il contredit un autre poème aimé d’Yves Bonnefoy, dont j’ai cité quelques vers dans un billet antérieur et dont le message principal est « Oui, je consens. » N’est-ce pas le contraire du message précédent ? Si. Et ne suis-je pas d’accord avec ces deux messages contradictoires ? Si.

Comment rager et consentir ? En même temps ou successivement ?

Cela me ramène à une citation de Leonard Cohen que je chéris également :

« Ne te lamente jamais de manière banale. Si l’on veut exprimer la grande défaite inévitable qui nous attend tous, il faut le faire dans les limites strictes de la dignité et de la beauté. »

Effectivement, je les admire tous les trois, Yves Bonnefoy, Dylan Thomas et Leonard Cohen pour la beauté et la dignité de leurs textes.

Mais tout cela n’a pas contribué à un endormissement paisible cette nuit-là !

 

Internet

Commentaires
A
Comme vous, j'aime ce beau poème lyrique de Dylan Thomas qui me met, à chaque lecture, les larmes aux yeux. J'ai visité sa tombe à Laughame et sa boat house à Swansee lors d'un voyage chez la correspondante galloise de mes 16 ans. C'est elle qui m'a offert une anthologie où j'ai trouvé le poème Do not go gentle into that good night.. Je vais le relire grâce à vous et peut-être pleurer sur la mort prématurée du poète et sur sa rage que parfois je partage. Merci pour ces souvenirs de nos goûts communs!
Répondre
Mode d'emploi

Adresser votre texte (saisi en word, sans mise en page, en PJ à votre mail) à l'adresse :

apagds@proton.me

- Envoyez si possible une image (séparément du texte). Cliquez sur les images pour les ouvrir en grand
- Précisez sous quel nom d'auteur il doit être publié
- Merci de ne pas adresser de textes trop longs afin de laisser son dynamisme à la lecture. Des billets de 2000 à 4000 signes environ sont les plus adaptés à la lecture dans un blog.
L
es administrateurs du blog se réservent le droit de publier un texte trop long de façon fractionnée.


 

Archives