Entre émotion et fatigue…
Ph.M
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Voilà, ils sont tous partis, la fête fut belle, chaleureuse et joyeuse. Ces 75 ont frappé leurs coups sans trop de douleur finalement. Après une longue période de vacuité (autre manière d’appeler le deuil), j’ai décidé de me reprendre et tenté à nouveau de regarder le monde. Ce n’est pas une surprise, le monde a continué sa course (folle ?), c’est bien moi, terrassé, qui ne pouvait ni ne voulait le suivre, j’ai eu ce besoin impératif d’aller chercher la douleur au fond de moi, de la décortiquer, et de tâcher d’en comprendre tous les ressorts : on ne revient pas forcément indemne d’une telle introspection, mais il me semble en revenir plus conscient de ce que fût ma (notre) vie et finalement de retrouver le goût aux choses et au monde qui m’entoure de près et de loin. Mais, a-t-on le choix ? Cette question m’a hanté longtemps, je sais qu’il n’y a pas de réponses universelles, qu’à chaque fois notre regard posé n’appartient qu’à nous seul. Bien sûr il y eut des aides, psychologue où la parole s’est immédiatement révélée comme le vecteur essentiel d’analyse et de compréhension ; besoin impérieux de libérer ce flot intérieur, sans fausse pudeur, ni s’imposer de fausse contrainte. Au fil des mois, et des douleurs, mettre à jour tout cela fut salutaire, je crois. Et puis la lecture, le retour au cinéma, l’écriture quotidienne, encore d’actualité, véritable nécessité révélée comme un autre pilier pour se sauver du naufrage. Je suis passé à Ambérieu en septembre dernier, où j’ai pu découvrir la richesse du travail accompli en matière de sauvegarde de nos textes ; malheureusement mes écritures sont un peu difficiles à lire.... (pattes de mouche j’ai tenté de les reprendre à l’écran, mais il m’était impossible de revivre certains jours… plus tard peut être.
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Au bout d’un long parcours, j’ai ressenti le besoin d’à nouveau revenir parmi les autres ; cela passe actuellement par la création, et la préparation en vue des municipales prochaines, d’une liste alternative et participative. Belle expérience, belles rencontres, surprise de voir, d’entendre et d’écouter beaucoup de jeunes concernés, attentifs et volontaires dans cet exercice délicat ; qui a dit que la jeunesse se désintéressait du bien public ? Riches discussions sur une trentaine d’ateliers créés pour couvrir tous les aspects de la vie commune, et tenter des propositions où l’intelligence et l’utopie font bon ménage.
J’ai découvert aussi combien il était difficile de réparer les autres, j’en ai fait la douloureuse expérience, pensant que mon statut autorisait les autres à venir à mon secours, peu nombreux ont su le faire. Après la colère et l’incompréhension, il m’a fallu du temps pour comprendre et accepter la difficulté à ne pas se perdre soi-même en allant vers l’autre.
Pour le moment, j’ai 75 ans,
La vie est belle
Et c’est tant mieux.