En rire ou en pleurer
Michel Stevaert
La réalité dépassera toujours la fiction.
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Je ne peux résister à narrer la très mauvaise blague qui m’est survenue le dimanche 10 août. Il faisait beau. Ma chère et tendre lisait dans un coin d’ombre du jardin et je travaillais au premier, sur mon PC. Je me dis : il fait trop chaud pour maintenir dehors ma petite chienne Ulla (photo 1), une Schipperke dotée d’une double épaisseur de poils mieux adaptée pour les frimas que les canicules. Je descends la récupérer. En passant, je décide de fermer le volet de la fenêtre de la buanderie et, par inadvertance, je pose mon doigt sur celui de la porte donnant sur… le dehors. Nous voilà enfermés à l’extérieur, mon épouse et moi-même, sans clés ni GSM. Aucune fenêtre ouverte. Soulever le volet : peine perdue. Je commence à héler mes voisins directs qui ne m’entendront jamais. Mon idée était de passer par chez eux ou de leur demander qu’ils appellent un serrurier en dépannage qui aurait ouvert la porte à rue et ainsi me permettre de libérer tout le monde.
Va falloir faire marcher ses petites cellules grises, comme aurait dit Hercule Poirot. J’avise des tuteurs en fer qui soutiennent des arbustes et m’en sers comme leviers. Ils plieront sous l’effort, mais me permettront de faire sauter une puis deux, puis trois, puis quatre lamelles du volet. Je parviens à glisser mon bras et à décaler le haut du volet, sans plus. Ensuite, ma chère et moi, mélange de kung-fu, de souvenirs de footeux (pour moi) et de rage pour les deux, nous arrachons le reste du volet, pièce par pièce.
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Deux morales à cette aventure : hormis le coût du nouveau volet, chat échaudé (et distrait) craignant l’eau froide, j’obtiens de mon technicien qui, au passage, nous félicite de parvenir à être venus à bout de cet engin en PVC renforcé (photo 2) qu’il me place pour le prochain un digicode extérieur. Par ailleurs, je ne résiste pas à l’envie d’aller sonner chez les voisins, sourds bien qu’à peine quadras et leur préciser que la prochaine fois, je crierai « au feu » puisque, il y a un an, un incendie a touché mon autre voisin et a jeté tout le monde dans la rue. Ce qui ne me lasse pas de m’étonner c’est qu’avec le boucan infernal que nous avons produit pendant plus de vingt minutes et qui aurait pu être l’œuvre d’un cambrioleur, personne n’ait bronché à des maisons à la ronde.
Faut-il en rire ? Faut-il en pleurer ? Je vous laisse juges.
Photos : 1. Ma petite Ulla sauvée d’un coup de chaleur.
2. ce qu’il reste du volet de notre rage destructrice.