Le passage du temps
Elizabeth LC.
Ma sœur aînée a vécu pendant de nombreuses années au Mexique et c’est là qu’elle est morte en décembre 2020.
L’année précédente, quand elle était malade, j’avais séjourné chez elle pendant plusieurs semaines, alors qu’elle bénéficiait des soins de deux infirmières venant à domicile. Ces deux soignantes, par ailleurs mère et fille, étaient pareillement charmantes, efficaces et bavardes. Elles étaient originaires de Colombie. Au fil des jours, j’avais tissé avec elles des liens d’amitié, certes éphémères, mais appréciables pour me réconforter dans cette période difficile. J’étais contente aussi, en m’entretenant avec elles, de pratiquer mon espagnol rudimentaire. Des liens suffisants également pour que Mariana, la fille (j’ai changé les prénoms) me donne le lien de son compte Facebook pour m’inscrire comme amie. Ce que j’ai fait alors.
Mariana m’avait évidemment parlé de son petit ami, José Luis, qu’elle a épousé l’année suivante. Et maintenant ils ont déjà non pas un, mais deux enfants, un petit garçon de 3 ou 4 ans et un bébé de quelques mois. Elle n’est pas souvent sur Facebook, mais j’ai vu cette entrée ces jours-ci où la famille s’affiche au complet en image d’Épinal. Je ne dis pas du tout cela pour me moquer d’eux ; ce qui m’apparaît en regardant cette photo, c’est le passage accéléré du temps depuis cette époque, six ans en fait, alors qu’il me semble que c’était hier que je faisais la tambouille à Mexico pour toute la maisonnée (ma sœur, les deux infirmières et moi). Il s’est passé bien des choses depuis, mais je crois que c’est cette image qui me fait ressentir le plus vivement, avec une sorte de vertige, le passage implacable du temps.
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Dans le parc, quartier Hipodromo Condesa, Mexico DF (photo ELC)