Novembre se la joue novembre
Bernard M.
Depuis quelques jours, temps très sombre, très pluvieux. Plus une feuille aux arbres sur la place. Envolées les belles feuilles dorées dont j’avais pu illustrer un précédent billet. C’est samedi surtout qu’il a beaucoup plu et quasiment toute la journée. Avec en prime quelques coups de tonnerre. La pluie toutefois est bienvenue et peut-être que le lac, dont je signalais à quel point il était anormalement bas, va commencer à se reremplir.
Du coup on ne bouge pas beaucoup. On a rangé la maison et fait un peu le tri dans toutes les traces que les petits ont laissé de leur passage. On s’est fait de grandes soirées télé : la série The deal autour des négociations de 2015 à Genève entre iraniens et américains à propos du nucléaire iranien, intéressant et bien conduit avec une fin toutefois un peu trop rocambolesque et donc peu crédible. Et la série Des vivants de Xavier de Lestrade autour de quelques-uns des rescapés de l’attaque terroriste du Bataclan, des relations nouées entre eux (ils se désignent comme « les potages »), de la persistance des traumatismes dans leur tête et dans leur chair et des voies difficiles vers la résilience. Ce qui est original et remarquable et qui place la série au plus près du réel, est qu’elle a été réalisée en lien étroit avec les victimes elles-mêmes et en s’appuyant sur de nombreux et longs entretiens avec elles. C’est très dur dans l’ensemble, mais assez galvanisant par moments. Les acteurs et les actrices sont toutes et tous remarquables.
Le ciné-club de notre ville propose un cycle sur New York pendant tout le mois de novembre avec un film chaque dimanche. Nous avons commencé avec Un jour de pluie à New York. Je l’avais vu déjà et, bien que ce ne soit pas un grand Woody Allen c’est comme toujours vif, pétillant et très plaisant. Elle Fanning y est souvent désopilante, Timotée Chalamet parait un peu fade à côté. En tout cas c’était une bonne respiration entre deux soirées Des vivants que nous avons achevé de visionner lundi.
Côté lecture je me suis lancé dans le pavé de Mauvignier, La maison vide, que j’ai reçu, avant qu’il n’ait le Goncourt, à l’occasion de mon anniversaire. Au début j’étais plutôt réservé. De longues phrases pas très fluides, une accumulation de détails, une façon de raconter de mêmes faits sous des prismes différents et du coup une progression de l’action fort lente, bref l’impression d’un livre qui allait se révéler ennuyeux au point que je me demandais si j’allais aller au bout. Et puis, peu à peu le charme opère. Ce qui paraissait des défauts contribue de fait à la richesse du contenu, à son épaisseur, on baigne dans l’ambiance de cette famille de paysans enrichis, j’y retrouve des modes de fonctionnement et des habitudes proches de celles qui ressortaient des récits de mes grands-parents paternels lorsqu’ils me parlaient de la vie de leurs propres parents et grands-parents. Bref, me voici accroché…
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J’étais un peu mauvaise langue dans le début de mon billet commencé dimanche. Novembre finalement, ne se la joue pas tant novembre que ça. Hier après-midi le temps s’est progressivement levé et, aujourd’hui il a fait plutôt beau. Côté chambres, en fin de matinée, la musique de la fanfare, les discours et l’inévitable Marseillaise sur la place de la Mairie qui donne sur l’arrière de notre jardin. Et, côté place, autour du beffroi, autre ambiance. Il s’y tient, comme chaque 11 novembre, la Fête des Arbres, des pépiniéristes viennent de toute la région, s’y ajoutent différents stands d’artisanat et de douceurs alimentaires. Agréable déambulation autour de la place, ambiance plutôt fraîche à l’ombre, mais très agréable lorsque l’on est au soleil. Je n’ai pas acheté d’arbres, mais un pain d’épices à l’écorce d’oranges et deux pots de miel, je suis plus gourmand que jardinier…