« VRP », certes, mais un tantinet « psammiophobe »
Malcolm
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VRP ? Non, non, rassurez-vous, je n’ai rien à vendre ! C’est juste ce credo que j’ai fait mien en marchant (pas « en marchand », donc !). La marche, je m’y suis mis quand j’ai pris ma retraite, il y a (hum… déjà !) 14 ans. D’abord, pour le simple plaisir de me promener avec mes deux chiennes (de l’époque) dans la campagne deux-sévrienne, puis dans le cadre d’un club de marche que j’ai assez vite quitté au profit, ô combien plus gratifiant (à mes yeux) pour le mental, de la marche solitaire (et de la randonnée pédestre qui en a découlé).
Mon besoin constant, depuis des années, d’objectiver toutes choses (notamment en les quantifiant), y compris mes activités personnelles ordinaires (du nombre de pages écrites à celui des livres lus ou films vus, en passant donc – entre autres – par les kilomètres parcourus à pied, voire… par mon poids quotidien sur la balance !), m’a rendu assez gravement « Excellomane » et c’est ainsi que j’ai enregistré dans un tableur ad hoc mes « performances » pédestres depuis une bonne douzaine d’années. Au début, je ne comptabilisais que mes jours de sortie, leur durée et les kms avalés, puis (grâce aux outils le permettant, tel le smartphone au fond de ma poche et l’appli santé associée) se sont ajoutés, notamment, le nombre de pas quotidiens en référence aux préconisations de santé (justifiées ou pas…) de l’OMS en la matière (10.000/jour).
Bilan ? Eh bien, par exemple, ces enregistrements m’ont permis d’observer qu’au mois d’avril de l’an passé, j’avais franchi le cap assez symbolique de 20.000 km parcourus, soit tout de même l’équivalent de la moitié de la circonférence terrestre (j’ai même dépassé les 21.000 en fin d’année). Vu mon âge et les petites défaillances physiques qui s’accumulent, je n’espère malheureusement plus être en mesure de parvenir à boucler les 40.000 au cours de mes « sorties » ; mais si je m’amuse tout de même à transformer aujourd’hui en « équivalent km » la totalité de mes « pas » (y compris, dans ce cas, ceux du quotidien : dans la maison, au jardin et dans tous mes déplacements « ordinaires »), qui approchent tout de même les 50 millions à ce jour, je serais censé avoir déjà parcouru plus de 35.000 km et je pourrais donc encore, en théorie, rêver d’en finir le tour à pied… de cette bonne vieille planète (enfin, seulement son équivalent kilométrique) ! Mon nombre de pas quotidien moyen reste largement au-dessus des 10.000 préconisés, avoisinant les 13.000, et de ce fait – en référence à un inquiétant marqueur écologique de notre planète… – je me suis également amusé à m’inventer mon propre « jour de dépassement », c’est-dire pour moi celui où, au cours de l’année et à partir du 1er janvier, je franchis le cap des 3.650.000 pas (3.660.000, bien sûr, les années bissextiles !). Je ne sais pas à quelle quantité de gaz à effet de serre, expiré ou émis (gaz carbonique et, parfois, méthane…), cela correspond, mais j’atteins en général cet objectif entre les mois d’octobre et de décembre. En 2021, record absolu, c’était dès le 9 août ! Au cours de ces dix dernières années, mes « performances » ont en effet été assez variables. Mon objectif kilométrique annuel est plutôt de 2.000 km, mais, sur ces dix ans, je n’ai pu l’atteindre, voire le dépasser, que cinq fois. Ma forme physique a effectivement culminé en 2021, avec alors plus de 3.000 km parcourus. Mais l’année suivante (relation de cause à effet ?), une méchante hernie discale et la sévère cruralgie associée ont mis un sacré coup de frein à mes « ambitions » et m’ont fait prendre péniblement conscience des limites physiques de mon corps (et de son vieillissement, irréversible…). J’ai remonté doucement la pente, mais je n’ai, à ce jour, malheureusement jamais retrouvé mes capacités antérieures à ce petit pépin d’ordre « mécanique ». Et je crains qu’il ne faille plus trop me faire d’illusions…
Un objectif particulier de mon activité de marcheur, au-delà de l’aspect entretien physique et entraînement, est la réalisation de mon projet de « randonnée mémorielle » (qui a germé dans mon esprit en 2018 et doit me conduire de mon lieu de naissance en Suisse à mon lieu – probable… – de fin de vie dans les Deux-Sèvres, en passant à travers une partie de la France et un certain nombre de lieux signifiants pour moi). Je l’ai raconté dans la « Page blanche » du n° 89 de la FAR (février 2022). Mon article s’intitulait « Jusqu’ici tout va bien ». Et oui, c’est vrai qu’alors tout allait vraiment bien ! C’était avant ces déboires physiques de l’été 2022. À l’époque, au cours de cette rando, je pouvais encore marcher sans difficulté notable de 150 à 200 km en sept à neuf jours d’affilée. Aujourd’hui, mes « sections » (les tronçons de mon parcours) ne comportent plus que 3 ou 4 étapes et n’atteignent pas les 100 km… Néanmoins, au cours de l’année qui vient de s’achever, je me suis remotivé et, en prenant beaucoup sur moi (c’est mon credo « VRP » : volonté, résistance, persévérance !), j’ai tout de même réussi à parcourir (en 5 tronçons et 18 étapes) près de 360 km. À ce stade, et depuis que je suis parti de ma ville de naissance (Versoix, à côté de Genève), j’ai donc parcouru dans le cadre de ma « rando mémorielle » plus de 1200 km en 56 étapes, et je me suis enfin sérieusement rapproché de mon but, qui n’est désormais plus qu’à environ 200 km. Si la météo hivernale et printanière de cette nouvelle année se montre suffisamment clémente, et si aucun grain de sable (car je suis de plus en plus « psammiophobe » 1) ne vient enrayer ni ma vieille mécanique ni les modalités de définition, organisation et réalisation du reste de mon parcours, j’espère bien arriver enfin chez moi, cette année, le jour de… mes 75 ans. J’y crois !
Il ne me restera alors « plus qu’à »… raconter (écrire) tout ça !
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1 Néologisme personnel, du grec « Ψαμμίον » (grain de sable) !