Chroniq’hebdo | De la violence politique, des inondations, des permanences de l’APA et d’une femme d’exception
Pierre Kobel
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À quoi tient la violence ? À quelle part obscure et frustrée de nous-mêmes prend-elle sa source ? Quand j’entends ce qui s’est passé à Lyon et l’enchaînement des événements qui ont conduit à la mort de ce malheureux jeune de 23 ans, je me pose ces questions. Je me les pose encore plus quand je lis comment, d’un extrême à l’autre, nos hypocrites politiques se renvoient la balle, les uns sur la défensive, les autres se rachetant une virginité quand leur propre histoire est semée de cadavres.
Je n’ai jamais pu me résoudre à accepter l’idée qu’il y a en nous une agressivité naturelle qui explique, sinon justifie, cette violence. Je me suis beaucoup exprimé par la colère à certaines périodes de mon existence, bien inutilement, même si les émotions qu’elle traduisait étaient légitimes. La colère peut se justifier quand il s’agit de dire non à un abus, à une injustice, à un mépris, mais plus encore ce sont les mots, la parole qui importent en premier.
Dans une société qui laisse se réveiller les vieux démons de la violence politique, qui permet à la gent politique, aux médias, de tordre le discours public qui, via les réseaux sociaux, construit un enchevêtrement de fake news et d’illusions propres à berner les jeunes, comment réagir ?
Les gens de ma génération n’ont pas plus de leçons à donner que quiconque, mais je ne peux m’empêcher de penser que nous avons un devoir de veille et une responsabilité éducative à l’égard de nos enfants, de nos petits-enfants.
Je viens de franchir le cap d’une année supplémentaire. Je ne me sens pas vraiment vieillard, mais force m’est de constater que je ne suis plus le gamin que je voudrais être encore un peu. Je ne me sens pas la force d’aller me confronter à ceux qui manifestent dans la rue des idées contraires aux miennes. Et puis le faire, n’est-ce pas donner de l’audience, de la visibilité à ces idées ? Profitons de toutes les opportunités pour rappeler l’histoire, échanger, éduquer. Et cessons d’avoir peur !
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Incident domestique. J’oublie de refermer un petit robinet qui fuit et, quand je m’en aperçois, l’eau a coulé jusque dans le couloir. Rien de grave, juste l’agacement de devoir éponger, nettoyer et remettre tout en ordre. Mais, même si rien n’est menaçant dans mon environnement — la Marne a encore de la marge —, j’en mesure plus que jamais, le drame que vivent les villes et les villages inondés sous les eaux depuis des jours. Nous, qui sommes des gens de mémoire, comment surmonterions-nous une telle catastrophe si elle venait à noyer nos archives, nos textes, notre vie ?
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Chaque mois, l’APA organise une permanence à Paris pour répondre aux questions de celles et ceux qui en ont. La semaine dernière, avec Simone, nous avons reçu sept personnes ! Quel succès ! Qui vient pour savoir comment aller visiter le fond de dépôt à Ambérieu, qui vient s’enquérir de ce que devient le document qu’il a déposé, qui voudrait rejoindre un groupe de lecture. Une écrivaine de biographies pour autrui se renseigne pour savoir si nous acceptons ces récits de vie, une universitaire italienne veut nous découvrir, une soignante d’enfants handicapés voudrait prendre connaissance de textes qui se rapportent à ce sujet. Autant de moments d’échanges, d’informations, de rencontres chaleureuses et de promesses pour l’avenir de l’association. J’ai toujours plaisir à participer à ce rendez-vous.
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Durant la semaine, une BD me permet de découvrir Angélique du Coudray. Passionnant ! Cette femme qui a vécu au XVIIIe siècle fit œuvre de progrès et d’éducation du métier de sage-femme. En un temps où la misère, l’insalubrité et l’ignorance des matrones qui officiaient le plus souvent lors des accouchements provoquaient une mortalité très nombreuse à la naissance, elle invente des méthodes et du matériel pour faire reconnaître plus avant son métier et participe à la régression des décès infantiles. Je suis toujours épaté par de tels personnages qui, dans leur domaine, à la seule force de leur volonté et de leur créativité, permettent à l’humanité de devenir meilleure.
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« Mais pourquoi je vous raconte tout ça ? » (ELC)
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Wikipédia | Angélique du Coudray