Fin d’été
Claire C.
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Il faut maintenant s’arrêter, descendre
dans l’humeur de la poésie
maintenant que la lumière décroît - parce que c’est l’heure et la saison
que l’orage promis s’approche,
venant de loin.
Au-delà de l’isthme des Sablettes, il s’avance sur la mer
palpite blanc derrière les lourds nuages
et gronde.
La lumière tombe d’un seul coup.
On est en septembre, il fait chaud encore
ici dans les rues on cherche l’ombre
et parmi les dernières fleurs du jardin
j’ai trouvé de quoi faire un petit bouquet :
furieusement coloré de rouge orangé, de violet, de rose pâle,
parfumé par les minuscules fleurs du chalef :
parfum de printemps, de muguet.
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Ici il n’y aura pas d’automne, ou si peu. Les platanes
abandonnent bien leurs feuilles crispées
couleur de cuir,
la rosée mouille bien l’herbe le matin.
Mais où sont les glacis d’un bleu tremblant,
les transparences
du ciel derrière les grands peupliers jaunes
hauts comme des flammes ?
Et le velours brun sombre des champs labourés
la pluie qui court sur les coteaux, la boue ?
Ici j’ai les oliviers séculaires,
le soleil caressant leurs feuilles chaque matin.
La joie du soleil en ouvrant la fenêtre,
sa façon de vibrer dans chaque couleur.
J’ai la mer d’un bleu profond
mais
où sont les amis,
les enfants ?
J’ai écrit ce poème le soir du samedi 21 septembre de cette année.
C’est une soirée assez particulière : on avait prévu sur Toulon, un orage inhabituel, et effectivement, quelques heures plus tard, la violence et surtout la durée m’ont beaucoup impressionnée. Toulon a été inondé, la minuscule rivière des Amoureux avait débordé.
Et donc ce poème parle sans le savoir du réchauffement climatique, mais aussi des deux jardins qui ont compté pour moi, celui d’Amiens, que je rejoignais en barque, dans les hortillonnages, celui de Toulon avec ses grands oliviers. Et comment je suis parfois prise de nostalgie.