Chroniq’hebdo 227 | De l’APA, des politiques et de la poésie
Pierre Kobel
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Week-end marathon de l’APA qui a commencé le vendredi et s’est terminé ce lundi. Il a commencé par une réunion du groupe qui prépare un cahier consacré aux violences sexuelles. Le lendemain, longue journée partagée entre une assemblée générale le matin et une table ronde l’après-midi. Longue réunion du conseil d’administration le jour suivant, puis conclusion aujourd’hui par une réunion du bureau ce lundi.
J’éprouve de tout cela un ressenti mitigé. À la fois le même sentiment pérenne d’amitié, de passion pour notre mission. Mais à l’encontre, des échanges parfois heurtés quand la complexité des sujets abordés se heurte à des considérations sans fin, à des questions qui rendent plus difficiles qu’elles n’éclairent les problématiques auxquelles nous avons à faire face. Pour ma part, j’ai du mal à trouver l’équilibre entre l’utopie nécessaire d’un projet qui, depuis plus de trente ans, va au-delà de nous-mêmes et la réalité des contraintes humaines, matérielles et financières qui ne cessent de nous rattraper.
*
Ça y est ! Ils ont tous gagné ! Et ils sont toujours incapables de se remettre en cause, de se regarder dans le miroir. Quand ils sont élus, c’est grâce à leur talent, à leur engagement, à leurs idées, si tant est qu’ils en aient. Quand ils sont perdants, c’est… la faute des autres ! Ils dénoncent, ils vitupèrent, ils accusent. Paroles hors-sol, entregent d’un monde incapable de sortir de ses rituels et de modifier ses réflexes.
J’y pense alors que l’on apprend la mort de Lionel Jospin. Il était un des derniers représentants du monde politique de ma jeunesse. Inutile de lui tresser plus de lauriers qu’à d’autres, il était aussi de cette gent politique qui m’agace souvent. Mais peut-on oublier comment il a assumé sa défaite de 2002 ? Là où certains lui ont reproché de la lâcheté, je vois du courage dans son attitude à reconnaître ses erreurs. Contrairement à beaucoup, il n’a pas mis son ego au-dessus de la clairvoyance.
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Comme toujours et plus que jamais quand j’en éprouve le besoin, je reviens à la poésie. Ma semaine dernière a été très occupée par la finalisation du numéro 9 de la revue de poésie Libres Mots que je publie avec mes amis à chaque changement de saison. Certaines plumes de Grains de sel y participent, ce qui me réjouit. J’aime établir des passerelles entre les deux écritures qui me passionnent. Je n’ai rien à vendre, cette revue est gratuite, si elle vous intéresse, n’hésitez pas à me la demander à son adresse : libresmots@proton.me
Anne Poiré Guallino
Mûr à point
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Croquer à belles dents
Dans un poème à peine mûr
Que c’est bon
L’acide et le croquant
Le sucré et le frais
Comme c’est fripon
Intensité de la peau
Délicate
Lisse
Brillante
Que c’est bon
Noyau pépins
Puissance de la chair
Tiédie par le soleil
Des mots
Des sons
Que c’est fripon
C’est bon
Élastique et ferme à la fois
Frais
Tout un jus de printemps
Et dans le cœur
La mémoire
Une pulpe unique
Savoureuse
Inoubliablement nourrissante
Racine
De la poésie