Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Grains de sel
Grains de sel
Grains de sel

Blog créé par l'Association pour l'autobiographie (APA) pour accueillir les contributions au jour le jour de vos vécus, de vos expériences et de vos découvertes culturelles.
Voir le profil de apagds sur le portail Canalblog

Newsletter
Commentaires récents
27 mars 2026

Un regard émouvant sur l’Afghanistan d’aujourd’hui : « La vie de Hawa »

Anne Poiré Guallino

 

Chers amis Apaïstes, même si je n’ai pas la télévision, avec mon irremplaçable ordinateur, je peux tout de même voir des émissions ou des films en replay, et je vous recommande vivement un documentaire pleinement autobiographique, puissant : La vie de Hawa.

Le prénom du titre renvoie à la mère d’une réalisatrice afghane exilée, désormais réfugiée en France. Si de la vie de cette maman on découvre qu’elle a été mariée, à 13 ans, avec un homme de trente ans son aîné, c’est surtout sa tentative d’émancipation, quarante ans plus tard, dont il est question. Vous n’avez plus qu’un peu plus de deux mois pour la regarder sur Arte. En 83 minutes, vous aurez les larmes aux yeux, vous voyagerez dans l’Afghanistan de ces dernières années, juste un peu avant, puis après l’arrivée des talibans… Vous découvrirez une famille, de l’intérieur, et vous suivrez les tentatives de plusieurs femmes pour essayer d’échapper à leur destin imposé par une société répressive, loin de tous les clichés. C’est un vrai regard moderne, une autobiographie qui pourrait être déposée à Ambérieu.

La réalisatrice a commencé à filmer sa maman, sa vie, avec une délicatesse et une intimité remarquables. Le récit est d’une pudeur et d’une intensité dignes des plus grands films. On découvre la famille la plus proche de Najiba Noori, son papa, qui perd la mémoire, sa maman, qui s’émancipe, la cinquantaine venue, mais aussi une nièce, à la vie douloureuse… dont je n’ose imaginer quelle est son existence aujourd’hui, dans cette société où l’on ne peut plus chanter, rire, parler, ni même regarder par la fenêtre, sans parler d’aller à l’école ou d’exercer un métier, dans ce pays qui s’enfonce dans la barbarie.

J’ai été profondément touchée, également, par le regard inquiet, blessé, effrayé, de ses frères. Eux aussi, comme tant d’autres hommes de ce pays souffrent ! L’arrivée des talibans, en 2021, a obligé la réalisatrice à fuir. C’est même ainsi que démarre ce film très émouvant. Elle n’a pas pour autant arrêté son reportage. Bien au contraire : aidée par son frère, Rasul Noori, qui a pris le relais, sur place ajouté des images à son tour, et qui cosigne ce film vraiment émouvant, elle est venue à bout de cette Vie de Hawa, suspendue à des décisions qui dépassent les choix personnels. Les questions essentielles de l’éducation, de la liberté, de la place des femmes et de chacun se trouvent au centre de ce film que vous n’oublierez pas.

Je pense qu’un humain, mais plus encore un Apaïste, est forcément bouleversé par ces images, ce récit certes visuel, mais à la fois pudique et incroyablement libre, qui nous fait découvrir Kaboul, des zones plus reculées, des femmes de générations différentes, des familles aux destins fracassés par l’Histoire.

Parmi les scènes les plus fortes : l’apprentissage de la lecture et de l’écriture par la grand-mère d’à peine plus de cinquante ans, sa transmission à sa petite-fille, ou les scènes où ce sont les enfants qui l’aident en riant à améliorer son autonomie, comme son orthographe…

On pense à Malala, au Pakistan, et à toutes ces autres filles, à travers le monde, qui rêvent de pouvoir aller à l’école.

Je lis sur la page d’Arte que ces images ont été récompensées dans de nombreux festivals internationaux, ce n’est pas étonnant ! Amis Apaïstes, n’attendez pas le 9 juin ! Après, il sera trop tard pour visionner ces images « riches et sobres à la fois », comme le dit Patrick. En un mot : poignantes.

 

Internet

Commentaires
N
Je ne pourrai pas, je n'arriverai pas à regarder ce documentaire je le sais. Trop difficile de revoir ce pays que jai tant aimé et ces femmes emprisonnées sous le joug des Talibans. Mais le signaler, le dire est important, merci pour elles.
Répondre
A
Beau commentaire et utile!
Répondre
K
Anne, je ne sais pas si j'arriverai à regarder autant de tristesse et de vies gâchées. Votre texte arrive juste bien pour moi, je cherchais commenbt écrire sur les femmes afghanes après avoir lu cet article des Nations Unies :<br /> https://news.un.org/fr/story/2026/02/1158469<br /> Vous avez tout à fait résolu mon interrogation. <br /> Nous ne savons pas, nous femmes françaises, malgré les problèmes soulevés par Me Too, le bonheur que nous avons de pouvoir choisir notre vie.
Répondre
M
Cette fois-ci, Anne, je suis pleinement en accord avec vous. Ce documentaire de Najiba Noori est infiniment bouleversant, ses héroïnes du quotidien (héros aussi, bien sûr), Hawa et les autres, sont vraies, « terriennes », femmes - sans aucun tapage, humaines à la racine. Son témoignage est percutant, à la fois robuste et fin, et quand elle intervient dans un débat ou ailleurs à propos de son film, ce n’est pas pour exposer une quelconque idéologie ou nostalgie rances, comme d’autres (eh oui, je ne lâche jamais !) : elle montre, tenace, avec cette simplicité terrible qui fait sa force. Ce regard, ce langage, à travers son film comme sur d’autres ondes, suffisent pour nous éclairer, et nous décrocher le cœur. Et nous comprenons ce que c’est que de vivre, femme et homme, sous les Talibans.
Répondre
W
Merci Anne, j'apprécie beaucoup les reportages et documentaires sur Arte. <br /> Dans le même esprit d'une population de résilience, j'ai vu les 3 épisodes (52 minutes chaque) "De la Perse à l'Iran : 3 000 ans de civilisations" - Disponible jusqu'au 31/08/2026 !
Répondre
Mode d'emploi

Adresser votre texte (saisi en word, sans mise en page, en PJ à votre mail) à l'adresse :

apagds@proton.me

- Envoyez si possible une image (séparément du texte). Cliquez sur les images pour les ouvrir en grand
- Précisez sous quel nom d'auteur il doit être publié
- Merci de ne pas adresser de textes trop longs afin de laisser son dynamisme à la lecture. Des billets de 2000 à 4000 signes environ sont les plus adaptés à la lecture dans un blog.
L
es administrateurs du blog se réservent le droit de publier un texte trop long de façon fractionnée.


 

Archives