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Grains de sel
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Blog créé par l'Association pour l'autobiographie (APA) pour accueillir les contributions au jour le jour de vos vécus, de vos expériences et de vos découvertes culturelles.
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27 avril 2026

Chroniq’hebdo | Des violences sexuelles, des mots, de la photo et du parfum

Pierre Kobel

Je lis sur la page de France-Inter : « Pour la deuxième fois en une dizaine de jours, un journaliste de la matinale de France Inter invite les auditeurs à écarter les plus jeunes du poste. Après Inès Chatin le 7 avril – qui dénonçait face à Sonia Devillers les viols commis sur elle par « les hommes de la rue du Bac » –, Frédéric Pommier prend la parole, le temps d’un entretien bouleversant, au micro de Benjamin Duhamel.

L’homme est bien connu des fidèles d’Inter, où il officie depuis un quart de siècle. […] Il reprend la plume pour Derrière les arbres (éd. Flammarion), où il relate les viols subis entre 4 et 7 ans de la part de quatre hommes différents. […] Il évoque le moment où, adulte, il « sen[t] que quelque chose de grave » lui est arrivé quand il était enfant. Et la façon dont la buée s’estompe quand, à l’âge de 34 ans, il est agressé dans le hall de son immeuble : « Un homme me plante un couteau dans le cou et je me défends ; c’est comme un déclic, j’accueille des souvenirs plus précis, notamment un visage. » Agressions sexuelles, violences sexuelles, mais dans quelle société vivons-nous où les révélations se succèdent, les scandales éclatent et les livres renvoient à eux-mêmes tous ceux qui ont vu, qui ont su et qui n’ont rien dit, rien fait, amenant à une culpabilité générale qui dit notre égocentrisme et l’indigence de l’éducation face aux prédateurs de tous poils ?

Je change de sujet, mais pas d’indignation ! Quand je travaille avec mes amies de l’APA au futur cahier consacré aux violences sexuelles, quand je lis des témoignages accablants et bouleversants, je me dis qu’il faut le faire, mais que de temps perdu, que d’aveuglement bien pensant, que de pouvoir abusif, celui des parents, celui de l’Église, celui des maîtres et de toutes ces institutions moralisatrices pour les autres, mais refusant de se regarder dans le miroir pour se protéger.

*

Je me console ou me distrais, je ne sais, en me focalisant sur d’autres centres d’intérêt, d’autres sujets. Dans ces pages, l’arrivée de nombreux textes qui disent nos liens mémoriels et d’actualité avec tout ce qui concerne la nature me touche. J’ai là, le sentiment de revenir à quelque chose d’essentiel. Ailleurs, un gros travail s’effectue avec Elizabeth pour construire le cahier qui résultera des textes de la collecte L’APA et moi. Travail d’artisans quand, non seulement, il faut choisir, mettre en forme, accompagner ce corpus, mais également en apprenant un nouveau logiciel pour ce faire, ce qui n’est pas sans quelques séances d’arrachage de cheveux ! Dans le même temps, j’essaie de maintenir le plus actif possible mon blog de poésie, La Pierre et le Sel, où je mets en ligne quelques traces de mes lectures quotidiennes de textes.

Cette semaine, dans la perspective d’un article pour la prochaine Faute à Rousseau, je suis allé voir l’exposition consacrée à Martin Parr au Jeu de Paume. J’aime la photo, c’est un art qui me parle, qui m’interpelle, qui me relie à la poésie quand il embrasse en une fraction de seconde une quantité d’informations et d’expressions qui se dilueraient dans le temps comme le poème le fait avec les mots quand le roman ne peut s’empêcher souvent d’en dire trop et de se tenir au narratif.

Je suis aussi allé voir l’exposition de la rétrospective Lee Miller. Je ne serais pas étonné de l’avoir déjà écrit dans ces pages, cette femme me fascine depuis que je l’ai découverte. Une liberté, une indépendance avant l’heure, une beauté renversante, un œil unique qui la place à l’égale des grands noms de son art au XXe siècle.

Ce week-end fut l’occasion d’une expérience divertissante en réponse à un cadeau qui nous fut fait. Nous avons participé à un atelier de création de parfum. Deux heures pour découvrir des essences, les sentir, choisir des notes de fond, de cœur et de tête pour aboutir à un mélange personnel et repartir avec un petit flacon, résultat de nos expérimentations. Nous y allions plus par curiosité qu’avec enthousiasme, nous en sommes repartis détendus et agréablement amusés.

 

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Commentaires
K
« Pourquoi tu nous racontes tout ça «? Pour nous informer, nous lectrices et lecteurs. Et c’est tant mieux aussi que tu ne sembles pas prêt à prendre ta retraite de ta retraite. J’apprends en te lisant, moi qui ne sors plus beaucoup de ma ville dans les montagnes. Les violences sexuelles m’horrifient comme toutes les violences actuelles. On me dit qu’il n’y en a pas plus qu’avant mais la parole et les journaux sous toutes les formes s’en donnent à cœur joie pour tout rapporter. Alors des petits textes sur la fabrication de parfums ou sur une exposition ne peuvent que me réjouir dans ce monde si dur. Merci.
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C
Intéressante chronique qui commence dramatiquement, nous donne du blé à moudre au passage avant de terminer en odeur... de poésie.
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