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Grains de sel
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Blog créé par l'Association pour l'autobiographie (APA) pour accueillir les contributions au jour le jour de vos vécus, de vos expériences et de vos découvertes culturelles.
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8 avril 2026

« Promenons-nous dans les bois… »

Nadpic

Comme j’aimerais encore avoir l’audace, le courage de me promener seule dans les bois. Aller seule comme avant pour cueillir des jonquilles, ramasser des champignons, faire des photos d’écorces arrachées, fixer ces images de sillons, de ces vagues poétiques.

J’adorais ça.

Hier j’ai avoué à ma belle-fille que je n’y arrivais plus ! À chacune de ses questions entourant le « pourquoi », je voyais poindre son incompréhension totale et celle que j’aurais eue si, à son âge, on m’avait dit ça.

De quoi as-tu peur ? Qu’est-ce qui t’en empêche ?

Comment décrire « mes loups » et mes chemins sombres ? Comment dire à cette jeune femme de 35 ans ce que la vie implante en nous insidieusement ?


« Promenons-nous dans les bois… »

Quand je « m’équipe » le matin avec tous mes accessoires imposés, je songe souvent à cette comptine « Promenons-nous dans les bois… »

Je chantonne même parfois : « Je mets mes chaussettes de contention… » pour éviter de trop penser à ce que le temps fait sur moi.

Je suis allée récemment revoir les paroles chantées de cette comptine et surprise !

Les versions récentes ont quasi toutes retiré la chute qui fait peur, le « J’arriveeee ! » que l’adulte hurlait en courant après les bouts'd’choux apeurés et riant qui se dispersaient dans le pré ou la cour de l’école.

Après la tension, la frousse ressentie durant l’énumération des préparatifs du loup, une chute décevante est, pour moi, idiote, voire inquiétante !

Cette comptine est un jeu, on a eu vraiment peur, mais « pour de faux » !

On enlève la peur dans les contes et histoires, mais, au quotidien, on la remplace par le danger de la vraie vie dont on rebat les oreilles aux enfants (et aux grands) à présent.

Drôle de méthode !

Une collègue en bibliothèque changeait systématiquement la fin du Petit Chaperon rouge quand elle le lisait à son fils. Il lui réclamait encore et encore. J’ai toujours eu l’impression qu’il voulait enfin avoir peur du loup pour qu’elle lui dise « Oui ça fait peur, mais je suis là ! » Ce conte a lui aussi eu droit à des fins édulcorées, ces pauv'gamins à qui il faut faire croire que tout va bien dans les livres, mais dehors… attention, y a des gros méchants partout, partout.

Apparemment, moi aussi, j’y crois ! C’est malin ; comme je m’en veux de ne pas avoir su me protéger de ces âneries…

 

Je m’étire chaque matin et :

« Promenons-nous dans les bois pendant que le loup n’y est pas :

J’enlève mon masque contre l’apnée du sommeil, je mets mes appareils auditifs, je mets mes chaussettes de contention (et mes autres habits !), je mets mes lunettes, je mets mes semelles orthopédiques dans mes chaussures et… JE VAIS MANGERRRR ma journée à pleines dents ! »

 

Commentaires
C
Comme je compatis, Nadpic, Difficile de se heurter à nos limites sans cesse augmentées... parfois pourtant, je suis comblée, comme l'autre jour, en pélerinage dans le bois de Chênes de l'enfance de mon cher et tendre. La vie nous a offert deux heures de forces, d'énergie, de capacité de crapahuter sur les chemins difficiles, souvent bloqués par des troncs d'arbres tombés lors de la dernière tempête... mais à près de 70 ans et sans plus d'entraînement depuis bien longtemps, j'y suis parvenue. Descendre le raidillon, grimper la côte raide de l'autre côté, camber, contourner, sur le dos, à plat ventre ou presque... personne d'autre dans les environs... et s'il était arrivé quoi que ce soit à l'un de nous deux ? et nous voilà, entiers et vivants... prêts à recommencer !
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