Ainsi va le monde
Nadpic
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Une chaussette sale vendue 6200 €, l’électricité qui va augmenter uniquement pour celles et ceux qui consomment pour moins de 3000 € (est-ce seulement une proposition ?), des milliardaires qui avancent leurs pions blancs en envahissant la culture sous toutes ses formes, des viols encore et encore, une employée de la poste qui s’agace, car je ne veux pas lui donner mon numéro de téléphone seulement en achetant des timbres, les gens qui, ça y est, commencent à stocker les denrées au cas où, des personnes chaque jour observées qui s’énervent pour rien, vraiment pour rien. Je stoppe ma liste, elle se reconstitue jour après jour.
J’ai mal à mon monde.
Je me sens dans un film de fiction aux scènes exagérées, au scénario débile, avec des personnages que je ne peux comprendre.
Une caverne, une île, où me réfugier pour m’apaiser ?
L’isolement n’enlèvera pas les pensées diffuses, celles qui blessent, inquiètent, froissent même le beau.
Envie de repeindre la réalité profonde, lui donner quelques traces gaies et douces ou me laisser porter quelques heures par la chanson de Barbara, me disant que ça ne durera pas et que demain, oui, demain, je verrai le monde du côté ensoleillé.
Le mal de vivre de Barbara
Ça ne prévient pas quand ça arrive
Ça vient de loin
Ça c’est promené de rive en rive
La gueule en coin
Et puis un matin, au réveil
C’est presque rien
Mais c’est là, ça vous ensommeille
Au creux des reins
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu’il faut bien vivre
Vaille que vivre
On peut le mettre en bandoulière
Ou comme un bijou à la main
Comme une fleur en boutonnière
Ou juste à la pointe du sein
C’est pas forcément la misère
C’est pas Valmy, c’est pas Verdun
Mais c’est des larmes aux paupières
Au jour qui meurt, au jour qui vient…