En cherchant autre chose…
Christina Schwab
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Mai 2026 – Cette semaine a été la semaine des cadeaux. Tout d’abord, en cherchant autre chose, je tombe sur ce tout petit livre Une fleur dans la vie des gens de Caroline Stevan, sorti en 2024. Initiatrice impromptue, chaque fleur prend une signification particulière pour les habitant.e.s d’un immeuble lyonnais, devant la porte desquels elles sont déposées… Petit pavé dans la mare de mes convictions… moi qui sais mieux que personne comment faire le bonheur des autres, j’ai beaucoup appris sur les conséquences inattendues de mes actes, passés, présents et à venir. Combien de fois, croyant bien faire, j’ai reçu, version boomerang, les pavés infernaux de mes bonnes intentions. Poursuivons. En cherchant autre chose, je tombe sur cette bande dessinée signée Cécile Dupuis et Gilles Marchand, Nos accords imparfaits. J’aime ce titre et, même si le dessin ne figure pas parmi mes préférés, j’apprécie ce travail à sa juste valeur. Curieuse comme toujours, je lis jusqu’au bout et repère, en dernière page de cette BD, que Gilles Marchand a écrit bien d’autres romans et nouvelles, dont un petit bijou au titre intriguant, je cite : Dans l’attente d’une réponse favorable, 22 lettres de motivation. J’ai acheté deux exemplaires de ce livre aussitôt lu et partagé.
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J’avoue sans honte avoir versé une larme à la lecture de deux de ces « lettres » tant l’impact émotionnel est fort. Il y a cet époux qui sollicite un emploi de nœud de mouchoir auprès de sa femme atteinte d’Alzheimer, puis cet enfant de 12 ans qui envoie à Dieu une candidature spontanée pour un emploi d’ange, parce qu’il n’aime pas voir ses parents pleurer quand ils lui disent au revoir le soir en quittant l’hôpital. Je passe sous silence la lettre de motivation de ce fuyard qui revendique un emploi de père… auprès de son fils adulte.
En cherchant autre chose dans ma boîte aux lettres, je tombe sur ce cadeau de mon amie Marion. En direct de Bruxelles, un petit paquet contenant deux livres, dont un de Philippe Delerm, Et vous avez eu beau temps ? Je connais Marion depuis 2003. À cette époque, elle suivait la Via Francigena, chemin de pèlerinage reliant Canterbury à Rome et passant par Sainte-Croix. Elle avait déjà marché sur tous les chemins de Compostelle et bien d’autres encore. Au travers de notre paroisse, nous nous étions inscrits pour héberger des pèlerins à l’occasion, nous avons donc fait la connaissance de Marion. Nous sommes toujours restés en contact depuis ce temps-là. En 2016, nous avons revu notre amie à Bruxelles. Depuis, nous continuons à échanger par mail et de temps en temps, elle me partage des livres qu’elle a aimés. Je serai très heureuse de lire celui-là.
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L’autre jour, chez mon amie Manou, en cherchant autre chose, je tombe sur ce courrier du Club de lecture de Sainte-Croix dont elle fait partie. Aussi sec, je m’inscris par mail et reçois un accueil plus que chaleureux. Le mercredi 6 mai, je rejoins donc, dans notre tea-room le plus sélect, une petite bande de passionnés de lecture. Nous avions pour mission de lire la biographie d’un médecin valaisan — François Pilet, Des regards et des Maux — qui a œuvré toute sa vie pour son village, sans ménager son temps ni ses forces comme on dit. Franchement, j’ai beaucoup aimé ce récit de vie, emprunté à la bibliothèque et qui n’a probablement pas dépassé nos frontières. Mais là n’est pas le sujet. La séance commençait à 14 h précises et j’avais deux minutes d’avance. Il a fallu attendre presque 20 minutes pour que tout le monde soit là. Sainte-Croix est terrible pour ça… les gens sont tout le temps en retard, c’est pathétique. Sans doute étions-nous trop nombreux, car ça papotait dans tous les coins. Impossible d’en placer une. Deux messieurs en bout de table n’ont pas cessé de converser, ma voisine de droite m’a avoué avoir juste accompagné son voisin par trop insistant, alors qu’elle n’aimait pas lire. Le responsable et animateur, après avoir tenté en vain de me présenter en tant que nouvelle recrue, a fini par accaparer la parole trois minutes pour déclarer qu’il avait commencé le livre à reculons et qu’il n’en avait pas du tout apprécié le côté gnangnan. Il trouvait que l’auteur se mettait trop en avant (crime très grave dans ce pays) et… de toute façon, il n’aimait pas les biographies ! Clochemerle, je vous dis. Sur les neuf personnes présentes, cinq au moins étaient contre les biographies, ce qui fait que les quatre autres, dont je fais partie, osaient à peine affirmer le contraire dans tout ce brouhaha. Personne ne nous aurait entendus. Je n’ai, évidemment, pas osé dire que j’en avais écrit plus de deux mille pages… ni que j’étais membre de l’APA. J’ai eu l’impression de trahir tous mes amis apaïstes… C’est triste, non ?
Aujourd’hui, en Suisse, c’est la fête des Mères. Coup de bol, il a plu presque toute la journée, nous avons pu rester à la maison et vaquer à nos occupations, dont ce texte. Les enfants ont téléphoné pour me souhaiter bonne fête, ça m’a fait plaisir même si, maintenant qu’ils sont adultes, je n’aime plus cette fête trop commerciale à mon goût. Ça fait plus de deux mois que les boîtes de chocolat en forme de cœur s’empilent à la Migros. Je préfère choisir dans les trois cent soixante-quatre non-fêtes des Mères… et c’est moi qui décide quand. Cet après-midi, j’ai pris le temps de confectionner un cake anglais. On en aura pour la semaine avec Jean-Paul.