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Bernard M.
Me voici rentré dans mes pénates provinciaux après moult déplacements (j’avais écrit « provinciales », mais Word m’a souligné l’expression. Vérification faite il semble bien que pénates soit un masculin pluriel. Je l’avais toujours utilisé au féminin. Je masculinise donc non sans trouver qu’au féminin, cela sonnait mieux !). Fatigué des voyages et content de me poser, de reprendre ma petite vie tranquille, mes matinées de travail pour l’APA et pour mes écritures, mes balades d’après-midi, mes soirées devant la télé ou parfois au cinéma de la ville.
J’ai d’abord fait un voyage dans les derniers jours d’avril à Lyon, puis Ambérieu. Il s’agissait de rencontrer une nouvelle fois le maire pour tenter d’avancer dans nos projets de Maison de l’autobiographie. La date proposée par le maire était impérative et j’étais le seul de l’équipe de direction à pouvoir me rendre disponible ce jour-là. L’entretien était nécessaire, mais, comme d’habitude, nous avons reçu pas mal de bonnes paroles, mais n’avons guère senti de volonté concrète d’engagement, tout reste flou, ce sera à l’APA d’être proactive pour deux. Nous allons prendre des contacts de notre côté pour être en mesure de présenter à la mairie les éléments d’un projet de convention en espérant que lorsqu’il s’agira de la signer, la municipalité ne se défaussera pas…
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Après être repassé deux jours chez moi, nouveau départ pour Paris cette fois. J’y allais pour voir enfants et petits-enfants et aussi pour participer à la réunion du comité de rédaction de la FAR, puis du bureau de l’association. Mais bien sûr cela a été aussi l’occasion de diverses visites et cinémas. Notamment je suis allé découvrir la fondation Pinault que je ne connaissais pas encore. La restructuration du bâtiment de la Bourse du commerce est une vraie réussite avec cette superbe rotonde centrale qui double à l’intérieur le cercle fait par le bâtiment lui-même et dégage des espaces d’exposition tout au long de la coursive. De la coupole descendait une magnifique lumière, d’autant plus qu’il faisait grand soleil au moment de notre visite. Les œuvres exposées sur la thématique du clair-obscur étaient inégalement convaincantes, comme fréquemment pour l’art contemporain, qui est souvent très conceptuel et ne génère pas forcément une émotion esthétique. J’ai beaucoup apprécié les peintures de Victor Man ainsi que le bel ensemble du Nocturne de Sigmar Polke. Je me suis aussi laissé emporter par la vidéo de l’artiste ouzbèke Saodat Ismailova ainsi que par la fascinante Fire woman de Bill Viola.
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Côté cinéma, j’ai bien apprécié les trois films que j’ai vus dans mes chères salles des Sept Parnassiens : Sorda, un film presque documentaire sur les problèmes que peuvent rencontrer les personnes sourdes dans la vie quotidienne comme relationnelle, très intéressant, parfois un peu pesant, magnifique final dans l’ambiance sonore étouffée du monde des sourds ; À voix basse de Leyla Bouzid, film très riche sur la Tunisie contemporaine et ses contradictions, sur une vie de famille percutée par des amours encore taboues, parfois un poil trop démonstratif ; La corde au cou de Gus van Sant, thriller à la mise en scène brillante et haletante, basé sur l’histoire vraie d’une prise d’otage par un emprunteur floué survenue en 1977 à Indianapolis et qui a divisé l’Amérique. Ces trois films sont extraordinairement différents et c’est cela la magie du cinéma, pouvoir nous plonger de façon si immédiate et si rapprochée dans des mondes si éloignés les uns des autres au travers, en outre, de modes de narration également très différents, tout cela dans le temps court des deux heures passées dans la salle obscure, contrairement à ce qui se passe pour la lecture d’un livre qui s’étale sur plusieurs jours, les retours dans la vie quotidienne s’intercalant entre les moments de plongée dans l’univers du livre.
Mon retour a été quelque peu laborieux avec près de trois heures de retard de mon train. Parti à dix heures du matin, arrivée chez moi à vingt heures passées. Ce qui, en revanche, m’a laissé le temps de plonger largement et sans interruption dans ma lecture du pavé de Serge Doubrovky, Un homme de passage, un puissant testament littéraire et personnel de l’auteur. Il me reste à trouver le temps de le finir et d’écrire sur ce livre très autobiographique un billet pour le site de l’APA.
Pour l’heure le réchauffement climatique se fait discret et c’est un euphémisme. Il pleut beaucoup et il fait glacial. Le lac dans lequel D. et les enfants ont pu se baigner pendant mon séjour à Lyon et à Ambérieu a dû perdre quelques degrés. On a même hésité à rallumer le feu et on se fait de bonnes flambées le soir. Au milieu de la semaine qui commence, ça devrait changer. On attend grand soleil et 29 degrés mercredi. Sacré contraste en perspective !
Internet
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Allociné | Sorda
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Allociné | À voix basse
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Allociné | La corde au cou