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Grains de sel
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Blog créé par l'Association pour l'autobiographie (APA) pour accueillir les contributions au jour le jour de vos vécus, de vos expériences et de vos découvertes culturelles.
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8 juin 2026

Florilège

Anne Poiré Guallino

 

Récemment, j’ai envoyé un billet à Pierre pour ce blog. Sitôt parti, une faute d’orthographe énormissime m’a sauté aux yeux. Une coquille, comme on dit. Il en reste toujours… La langue est coquine, nous joue des tours, sans arrêt. Mais parfois, elle est loin d’être maîtrisée, en réalité. Dans les copies de trop d’élèves, voire en lisant certains commentaires de jeunes collègues, notamment sur les bulletins, c’est encore plus une évidence. Si le ministre de l’Éducation nationale tente en apparence de placer la rentrée scolaire et les examens de fin d’année sous le signe de l’exigence et que nous avons tous entendu que « les élèves qui rendent des copies mal rédigées ne peuvent avoir le bac » ni le brevet, cette parole a été beaucoup raillée, en salle des professeurs, comme dans la société en général. Personne n’y croit. Pourtant, je trouve que ce serait une bonne idée de réhabiliter un minimum notre pauvre langue, si malmenée. Toutefois cette ambition peut difficilement être suivie d’effet, du jour au lendemain. Nous partons de si loin ! Et surtout avec si peu d’heures de cours. En BTS, par exemple, nous nous voyons à peine deux heures par semaine, et en plus, pas pour du « français », mais plutôt de la « culture générale et expression ». Trop peu de temps, pour reprendre toutes les bases, découvrir une méthode, un contenu, réfléchir à un thème imposé. L’année est terminée avant même d’avoir commencé. Sisyphe n’en finit pas, avec son éternel châtiment. Et puis nos inspecteurs de lettres nous donnent de leur côté des consignes de laxisme consternantes, qui vont vraiment dans une autre direction. Entendu cette année, quand je m’alarmais du fait que nos élèves ne lisent plus : « Est-ce si grave ? Vous voulez leur apprendre l’emploi des connecteurs logiques ? Mais il y a bien plus important. Comment ? Vous insistez sur la notion de paragraphe ? À quoi bon ? » Ce monsieur lui-même a commis ce jour-là une incorrection que je n’ose vous répéter. Le résultat est là…

Mais j’annonçais un florilège. Je vous sens impatients. Curieux. Attendez-vous au pire ! Vous n’imaginez pas pareille maltraitance langagière. Et de la pensée. L’examen dont je vais vous citer quelques échantillons représentatifs – non exceptionnels – concerne des jeunes d’une vingtaine d’années, qui ont réussi le baccalauréat il y a deux ans déjà. Je me contenterai de quelques morceaux choisis anonymes de la session 2026. Je vous laisse juges. J’ai tout fait pour respecter l’orthographe et la ponctuation créatives des copies d’origine.

La langue est particulièrement savoureuse, impossible de rivaliser : « Le chien est censé dormir dans sa caniche. » « cet important de cohabituer avec les animeaux ». Variante au singulier, dans un autre devoir : « l’animeau ». « Il faut trouver un juste aux milieux ». « Une pratique inégale » (pour illégale). Quant à « pationt », j’ai mis un moment avant de comprendre qu’il s’agissait de la « passion ». Pour qu’il y ait un bel écho visuel, on trouve l’« œil » et… « l’oreil », bien sûr. « Le taux de dénatalité ne fait que de diminuer ». « Une réelle méprise » (pour le mépris), « un service de funéraire » « Ce sont une génération d’enfants uniques, élevés dans le manque d’infection. » « Il nous parle tout d’abord, que les chiens » Un être « aparentière, obéissant aux doigts et à l’œil » « Décriptions déjà le document. » « Elle leur achete toujours tout très chèreusement. » « Ce chat sûr-nourrit à coup de lasagnes serait affublé d’une bidaine trop importante » « les animaux sont mis à égaux des humains. » « des agissements disproportionnels » « il y a un sentiment de redevance envers l’animal » (reconnaissance ?) « des maisons insalubre en non propice aux biens être animal » « L’humain est un être voué de sensibilité, cependant les animaux ont également, êtés reconnus comme des êtres voués de sensibilité. »

En somme, « Sans qu’on seront compte » = sans qu’on s’en rende compte… « la barier de language » est vraiment problématique. Ainsi, le féminin pour les adjectifs en -ive/-if », n’est visiblement plus du tout maîtrisé, comme « des places significatifs », « L’affection des humains n’est pas excessif. », « Leur relations ont été évolutif », « des dégats très excessive », « l’affection peut être pas excessif et completement libérateur »… Erreur très fréquente, dans beaucoup de copies. Pour cette génération non genrée, est-ce surprenant ?

Ce fichu féminin aurait-il donc totalement disparu ? Ailleurs, je trouve également : « de façon minutieux », « une place important », « de manière très affectueux », une « réel affection », « Une énorme affection ne peut pas être directement négatif. », « Ces relations sont trop excessifs ».

Et en plus, au passage, souvent les élèves ne comprennent pas le sens de l’adjectif « excessif », justement. La preuve ? « De plus, de par l’affection excessive donnée aux animaux, une fidélité se crée des deux côtés et ces derniers nous le rendent bien. » Est-ce logique ?

Quant au pluriel… Des animaux « obaise », « qu’elle aiment les autre humain comme elle l’aimes lui. » « Certainent personne voit en leur animal… » « des animaux venue du quatre coins du monde » « les humains aimes leur animaux ». « La relation de G. et de M. entretiennent un lien très fort. » « les chien son considéré comme un membre de la famil. » « cela est du au faite que les animaux soit reconnaissant de ce que leurs apportents les humains. » « Dans certain cas, l’affection des humains en vers leurs animaux peuvent être execissive. » « Les auteurs mets en avant une relation seine ».

Les accords élémentaires entre « a » et « à », « ont » et « on », « et » et « est » ne sont plus du tout maîtrisés : « sont affection » « Les animaux ont toujours faient partis de notre histoire. Les chiens sont considéré comme le meilleur amie de l’homme, certaines cultures vènère un animal. » « les parents de l’enfants son content de voir leur enfant appaisé ». « les animaux on besoins » « (veuillez excusez l’orthographent du nom du film) »

À vrai dire, pour une majorité de ces « étudiants » de niveau bac +2 donc, ils ne connaissent plus la différence entre MAJUSCULE et minuscule. Cela commence à ce stade. Et des mots très simples, comme « lui », sont désormais orthographiés « luis », j’ai trouvé « p’our » ou « Son chient ». « tros d’organisation voient le jour. » Ce qui conduit à écrire, par exemple : « Peux après ont peur voir q’un sentiment de jalousie s’étai installé ».

Et la méthode… « En premier plan nous fairons une introduction sur le sujet. » « Cet essai se syndra en deux grandes parties, la première répondra affirmatif à la question… » Je vous offre une introduction complète : « Depuis longtemps les animaux occuperont une place importante dans notre planète sont vivant ensemble par notre volonté ou parfois non c’est nous qu’on cherche à les accompagner pour notre protection ou autre. L’homme choisi d’accompagner les animaux contrairement à eux mais est-ce qu’on les repectent vraiment ce choix ? »

Je ne vous parle pas du contenu, l’éventail est trop large. Les candidats choisissent avec finesse les animaux de compagnie à évoquer (c’était le sujet) : « Les éléphonts font des deuilles donc ressentes des emotions de tristesse ». Beaucoup confondent « pour cent » et « pour mille »… ce qui est problématique quand on parle de la natalité en Chine ! Mais ce ne sont que des chiffres… Quant à la confusion entre cause et conséquence, elle ne permet pas d’expliquer un phénomène. La profondeur de la pensée, heureusement, est là : « Actuellement, on parle beaucoup des conflits survenus au moyen-orient, mais on parle pas assez des ces personnalités publique qui ont pour la plupart laissez leurs animaux de compagnie afin de fuir le pays sans prendre leurs animaux. » « L’animal n’est pas vraiment respecter, lorsque, à côté de lui on mange ou bien on cuit un steak par exemple ou bien aussi quand on leur donne de la viande, cet acte prouve que l’animal n’est pas vraiment respecter. Et aussi dans “Moumounia” le maître n’aimer pas son chien car il été moche. » « Même pour acheter un animal de compagnies, cela restera bien moins chère qu’un enfant. »

Certains mots à la mode surgissent, par surprise. Quand on demande d’étudier les relations entre un maître et son chien, il est alors question de « lien de toxicité ». Ailleurs, je retrouve cette génération moderne : « À outrance, trop de câlins n’ont jamais blesser aucun animal tant que leurs limites de conscentement sont respectés. » 

Visiblement, ils n’ont pas compris la question 4 « Ces deux documents portent-ils un regard critique sur la relation entre les maîtres et leurs animaux ? », puisqu’ils répondent en s’appuyant sur « des vraies relations », une « vraie considération » pour expliquer que oui, c’est « un regard critique ». Ou bien est-ce leur logique qui n’est pas semblable à la mienne ?

Ce qui est terrible avec ce sujet, c’est qu’il était pour une fois facile. Et l’on s’aperçoit alors que même sur ce thème, à leur portée, ils ne comprennent rien. (Si ! Un candidat, vraiment, sur les 57 corrigés, et quatre autres à peu près.) Ni les documents, ni les questions posées ne sont maîtrisés. Ainsi, l’un des essais demandait « Respectons-nous vraiment les animaux quand nous en faisons nos compagnons ? » Eh bien… beaucoup (trop) d’élèves ne comprennent pas ce qui est sous-tendu, ni le verbe « respecter », et pensent que c’est la condition des maîtres qui est ainsi interrogée. C’est terrifiant. De même, à la question « Selon vous, l’affection des humains pour leurs animaux de compagnie peut-elle devenir excessive ? », j’ai des réponses qui ne prennent jamais en compte le bien-être animal. Quand il est question de crèches pour les animaux dans l’un des documents : « Beaucoup de personnes n’ont pas forcément les moyens pour mettre autant donc cela peut créer des inégalités ». Pauvres humains ! « Ensuite, tout les maitre n’ont pas les mêmes moyens donc ils ne pourront pas tous mettre beaucoup d’argent chaque mois pour leur animal. » Bien sûr ! Ou encore : « Nous pouvons dire que nous avons finalement toujours envie de toujours plus faire plaisir à notre animal de compagnie mais il faut que l’animal puisse comprendre ce qu’il a pour ne pas se lasser trop vite de ce qu’on lui offre. »

La question centrale devient : « Les animaux de compagnie que nous avons sont donc-t-il respectait ? Nous allons le voir en plusieurs partie. » Mais que l’on se rassure : « Chacun est libre d’élever son animal comme il le souhaite et avec les moyens qu’il dispose tant qu’il lui fait aucun mal. »

J’aimerais savoir sur quels critères ces « étudiants » vont voter. Patrick croit me tranquilliser : la majorité d’entre eux se désintéresse totalement de la politique. Est-ce rassurant ?

 

Internet

 

Commentaires
M
Chère Anne, si cela peut vous rassurer ou vous décourager définitivement, l'effondrement de la langue française ne s'arrête pas aux frontières de l'Hexagone (avec une majuscule) : ma pauvre Wallonie , dont la langue officielle est le français (constitutionnellement décidé par la réforme fédérale de l'ex-état belge) souffre de la même catastrophe linguistique. Alors que la majorité des enseignants y sont en grève depuis Pâques (!) pour des raisons que je n'évoquerai pas ici, même si je vais donner l'impression de tirer sur une ambulance, je vais donner quelques éléments qui pourraient expliquer la dégradation du français et comment mieux l'illustrer qu'en prenant les exemples de ma compagne et de votre serviteur , avoisinant les 70 printemps :<br /> * En 1963, mon papa refuse de m'inscrire à l'école de mon quartier ouvrier car on y pratique la méthode globale : pendant 6 ans, je ferai 2h/ jour à pied afin de bénéficier d'une excellence formation ,notamment en français basée sur la dictée (y compris les dictées muettes, soit recopier dix mots difficiles, genre comprenant un "th", un "y" etc...) , l'apprentissage oral de poèmes , la Grammaire Grévisse pour enfants, l'incontournable Bescherelle et enfin les rédactions. Ma compagne connaîtra le même parcours.<br /> * En secondaire (collège en France), en 4ème (entre 14 et 15 ans), le cours de français est presque entièrement consacré à la grammaire avec utilisation des Grévisse en deux tomes (théorie / exercice).<br /> * En secondaire supérieur (lycée en France) en 2ème (dite année "de poésie"), le cours de Français est constitué du triptyque suivant : poésie , apprentissage de la dissertation, un livre à lire/semaine (pêle-mêle : Constant, Fromentin, Giraudoux, Camus, Stendhal, Sartre, Cocteau, Butor etc... etc...).<br /> Si l'on a sérieusement suivi cette formation française , je puis vous assurer que l'on est apte à lire voire à écrire sans difficultés dans sa langue même quand on est d'issue modeste voire de milieu "bilingue" (comme ma famille alternant le wallon et le français). Il faut bien sûr la chance d'avoir eu de bons professeurs. J'en eus d'exceptionnels : Mlle. Lays (5ème primaire), Mme. Meurat (4ème secondaire) et Mr. Pauwels ("Poésie", surnommé "Le Prince des Lettres" lors de ses obsèques). Tout le monde n'eut pas cette chance. Déjà à l'époque : des "nonchalants" rodaient. <br /> Et puis les psychopédagogues sont arrivés ; un florilège ?<br /> On autorise les fautes dans les mots étrangers ;pour le géographe que je suis et même si je n'ai passé<br /> que quelques années dans l'enseignement, je pourrais faire une liste rivalisant avec la vôtre (qui ,<br /> ceci dit en passant, me rappelle "La Foire aux cancres" de Jean-Charles et c'est un compliment !)<br /> Le seuil de réussite en français dans le secondaire passe de 6/10 à 5/10, comme les autres cours.<br /> Il faut mettre en avant les lettres belges (et tant pis si les auteurs imposés, parfois de façon idéologique,<br /> n'arrivent pas à la cheville d'un Radiguet, d'un Giraudoux ou d'un Valéry)<br /> L'orthographe n'entre plus en compte que très marginalement dans la cote puis... plus du tout.<br /> A l'heure de l'apprentissage indispensable des langues étrangères, à quoi bon cet acharnement au niveau<br /> français ? ; ce qui est une erreur gigantesque : ma compagne (42 ans comme professeur de néerlandais)<br /> a noté au fil du temps que les élèves les plus défaillants en néerlandais l'étaient aussi en français.<br /> Et puis l'hallali : la dictée , le "par-coeur" (coquille ?) , la dissert etc... : hop ! aux orties.<br /> La Francophonie est un modèle pour des millions de citoyens de la Terre et pas seulement ceux d'anciennes colonies françaises ou belges (voir les ralliements lusophones ou slaves) mais ces gens ne finiront-ils pas par admirer une langue morte ?<br /> Michel (Liège)
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M
Le constat est là, fort bien. Il est fait par tout un chacun. Mais la plainte décliniste de bon aloi, sempiternelle, ne sert à rien, cher•ère•s ami•e•s (!). Que peut-on faire ? Çà et là des éditeurs proposent, pour le primaire et le secondaire, des dictées et bien d’autres merveilles, notamment cette espèce en voie de disparition, le livre papier, en doublon du numérique. De jeunes collègues s’engagent et s’éreintent encore pour imprimer dans la mémoire brouillonne (mais vivante) des élèves quelques règles élémentaires. Une gamine de 12 ans aux yeux brillants d’intelligence lit sur les ondes, en hommage à Edgar Morin qui fut résistant, le poème d’Éluard, "Liberté". En entier et excellemment. Certes, elle aurait pu le réciter, me direz-vous. Mais ne décourageons pas les bonnes initiatives.<br /> Le déni m’obscurcit la jugeote ? Mon apparent optimisme frôle la béatitude ? Mais non. Reprenant à mon compte le mot du philosophe Alain, si je suis pessimiste d’humeur, je tente d’être optimiste de volonté. Lisons, écrivons, faisons-les lire et écrire ! Résistons ! Les rictus goguenards que je vois apparaître sur vos visages ne m’impressionnent nullement…<br /> Et, maintenant seulement, ludique, je m’autorise en pensée une émoticône au sourire dentu !
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M
Merci de tout cœur, bien chère Anne, de m'avoir à la fois complètement horrifié et conforté dans mes jugements désabusés. Même si c'est douloureux, il est très important d'objectiver ce désastre. Ton écrit devrait diffuser bien au-delà de ce blog, même si ça te vaudrait sûrement quelques flèches empoisonnées en retour... Ce désastre remonte à loin. Quand j'ai passé le concours d'entrée aux Écoles vétérinaires au début des années 70, il y avait une épreuve de français, consistant en un résumé de texte (cette année-là, un extrait des Mémoires d'outre-tombe d'un certain François-René de C., j'ai peur de me tromper sur l'orthographe du nom, sans vérifier !). Le "coût" de la faute était de 4 points, c'est-à-dire pour 5 fautes un "0", note éliminatoire au concours ! Outre savoir bien doser un médicament (règle de trois) un vétérinaire devait aussi savoir rédiger une ordonnance compréhensible en bon français (pour un praticien) ou bien un procès-verbal d'infraction pour un vétérinaire-inspecteur de l'Administration ! Une quinzaine d'années plus tard, j'étais en poste au Rwanda. J'ai été convoqué par le Chef de la MCAC (Mission française de coopération et d'action culturelle), dont dépendait le projet d'élevage au sein duquel j'officiais. Celui-ci avait reçu une lettre d'une étudiante vétérinaire de 3ème année de l’École de Toulouse (la même que la mienne) demandant à effectuer un stage au sein de mon projet. Le Chef de la MCAC me tendit la lettre manuscrite, "un brin" (plutôt une grosse tige...) ironique. Celle-ci commençait par "Chèr Messieur" (sic : mon correcteur souligne encore, à juste titre...) et le reste de la demande de l'étudiante à l'avenant ! J'ai quand même accepté (par besoin technique et confraternité élémentaire, voire primaire...) et je garde bien sûr le souvenir indélébile ("un des débiles" ?) de relectures répétées et corrections éprouvantes et chronophages de son rapport de stage... Ah, merci mon cher Monsieur Roger Pruneau (mon instit' dans l'Yonne de 1958 à 1961) de m'avoir tiré les oreilles autant de fois qu'il l'a fallu (et même aussi pour la gifle, unique et inoubliable, pour avoir osé essayer d'ouvrir mon dictionnaire pendant une dictée !). Aujourd'hui, mon merveilleux hussard noir (de la Raie publique, allez je la tente !) risquerait la taule... mais pour l'heure, il a franchi le cap des 100 ans dans son EHPAD icaunais et rêve peut-être, sur ce point, de faire mieux qu'Edgar M. ?).
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W
je complète mon commentaire précédent. Non seulement les "jeunes" n'écrivent pas une grammaire correcte mais leurs lettres/mots sont difficiles à déchiffrer !
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A
Ah, oui, l'écriture, la graphie ! Tout un poème (pardon Pierre !)... Heureusement, nous corrigeons désormais sur écran, des copies "dématérialisées", ce qui permet d'agrandir. Sans quoi, bien sûr, l'ensemble est totalement illisible. Mais je l'avoue, en bonne gauchère, pourtant jamais contrariée... j'ai moi-même une écriture pas toujours très lisible. Aussi n'ai-je pas abordé ce point délicat.
M
Bourde de prof. Un jeune collègue, fraîchement débarqué, il y a quelques années, dans un collège du 9 - 3, fait l’appel. Emporté par son élan, il déchiffre, parmi les nombreux noms de famille aux consonances entre autres arabes : « BEN - OÏT », prononcé avec le tréma. Il s’agissait de BENOÎT ou BENOIT, avec - peut-être - une coquille de la part de l’administration. Les élèves qui, bien que brouillés avec l’orthographe, ne manquent pas parfois d’un esprit affûté, éclatent de rire !<br /> Cette anecdote, brièvement narrée, sans aucune arrière-pensée raciste concernant des élèves bien français depuis plusieurs générations.<br /> Le néophyte courageux jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus…<br /> Une perle désormais très connue.<br /> Le divorce des jeunes générations avec l’écriture et la lecture pas moins inquiétant pour autant.
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W
Cest drôle effectivement. J'ai connu cet exemple dans les années 80 "Ben Oït" ! Le rire est la meilleure chose à faire pour une bourde bien innocente
M
Je pensais que ce n'était qu'une blague de Coluche...
A
Merci Maëlle, j'ai pu sourire à mon tour...
K
Merci. J'ai bien ri ... jaune. Il y a quelques temps les fautes et formules que vous citez seraient du domaine de l'exception rigolote. Or, maintenant, elles semblent presque admises, pourvu que le correcteur ou la correctrice en comprenne le sens. Devons-nous nous réjouir de leur prochaine disparition grâce à l'IA ? beurk
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K
réponse à Anne<br /> Je refuse de me servir d'une IA. Je me suis même engueulée avec celle qui s'était installée dans Messenger sans me demander mon avis. Je lui disais (par écrit) de se casser et elle ne voulait pas en répétant qu'elle pouvait m’être utile !!! Je passe pour ringarde, mais tant pis, mon refus est d'autant plus ferme depuis que j'ai lu que des IA avaient incité des enfants à se suicider. Mes fils et mes petits enfants rigolent, mais tant pis. Têtue je suis et je crois que têtue je resterai, pour ce que je fais, j'ai tout mon temps et peux m'en passer.
A
L'IA ne fait pas du tout disparaître les fautes, désolée de vous enlever vos illusions, chère Kata : lisez les sous-titres générés automatiquement, ils sont épouvantables, en général.
W
Chère Anne, merci pour ce billet édifiant même s'il n'est pas du tout réjouissant ; pensez-vous possible qu'il puisse y avoir un sursaut de reprise en main de cette génération (et peut-être ces générations) sacrifiée(s) sur l'autel de la facilité ? Je pense que la lecture peut sauver mais les jeunes aiment-ils encore lire ? leur donne-t-on encore de bons et beaux livres à lire ? La réponse n'est sans doute pas simple, j'espère sincèrement qu'une vraie politique puisse redresser la barre mais nos ministres et leurs cabinets en sont-ils seulement capables ? Là est encore une autre question...
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C
Comme tu dis, c'est terrifiant ! Nous sommes vraiment descendus bien bas. Plus de dictées ? Plus de lectures ? Plus de dissertations ? "De mon temps" plus de deux fautes d'orthographe dans une dictée et c'était le zéro pointé ! Aujourd'hui pas un seul journal que je lis ne contient pas au moins deux ou trois erreurs.... <br /> Alors que la langue française est si belle ! J'en pleure !
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