Florilège
Anne Poiré Guallino
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Récemment, j’ai envoyé un billet à Pierre pour ce blog. Sitôt parti, une faute d’orthographe énormissime m’a sauté aux yeux. Une coquille, comme on dit. Il en reste toujours… La langue est coquine, nous joue des tours, sans arrêt. Mais parfois, elle est loin d’être maîtrisée, en réalité. Dans les copies de trop d’élèves, voire en lisant certains commentaires de jeunes collègues, notamment sur les bulletins, c’est encore plus une évidence. Si le ministre de l’Éducation nationale tente en apparence de placer la rentrée scolaire et les examens de fin d’année sous le signe de l’exigence et que nous avons tous entendu que « les élèves qui rendent des copies mal rédigées ne peuvent avoir le bac » ni le brevet, cette parole a été beaucoup raillée, en salle des professeurs, comme dans la société en général. Personne n’y croit. Pourtant, je trouve que ce serait une bonne idée de réhabiliter un minimum notre pauvre langue, si malmenée. Toutefois cette ambition peut difficilement être suivie d’effet, du jour au lendemain. Nous partons de si loin ! Et surtout avec si peu d’heures de cours. En BTS, par exemple, nous nous voyons à peine deux heures par semaine, et en plus, pas pour du « français », mais plutôt de la « culture générale et expression ». Trop peu de temps, pour reprendre toutes les bases, découvrir une méthode, un contenu, réfléchir à un thème imposé. L’année est terminée avant même d’avoir commencé. Sisyphe n’en finit pas, avec son éternel châtiment. Et puis nos inspecteurs de lettres nous donnent de leur côté des consignes de laxisme consternantes, qui vont vraiment dans une autre direction. Entendu cette année, quand je m’alarmais du fait que nos élèves ne lisent plus : « Est-ce si grave ? Vous voulez leur apprendre l’emploi des connecteurs logiques ? Mais il y a bien plus important. Comment ? Vous insistez sur la notion de paragraphe ? À quoi bon ? » Ce monsieur lui-même a commis ce jour-là une incorrection que je n’ose vous répéter. Le résultat est là…
Mais j’annonçais un florilège. Je vous sens impatients. Curieux. Attendez-vous au pire ! Vous n’imaginez pas pareille maltraitance langagière. Et de la pensée. L’examen dont je vais vous citer quelques échantillons représentatifs – non exceptionnels – concerne des jeunes d’une vingtaine d’années, qui ont réussi le baccalauréat il y a deux ans déjà. Je me contenterai de quelques morceaux choisis anonymes de la session 2026. Je vous laisse juges. J’ai tout fait pour respecter l’orthographe et la ponctuation créatives des copies d’origine.
La langue est particulièrement savoureuse, impossible de rivaliser : « Le chien est censé dormir dans sa caniche. » « cet important de cohabituer avec les animeaux ». Variante au singulier, dans un autre devoir : « l’animeau ». « Il faut trouver un juste aux milieux ». « Une pratique inégale » (pour illégale). Quant à « pationt », j’ai mis un moment avant de comprendre qu’il s’agissait de la « passion ». Pour qu’il y ait un bel écho visuel, on trouve l’« œil » et… « l’oreil », bien sûr. « Le taux de dénatalité ne fait que de diminuer ». « Une réelle méprise » (pour le mépris), « un service de funéraire » « Ce sont une génération d’enfants uniques, élevés dans le manque d’infection. » « Il nous parle tout d’abord, que les chiens » Un être « aparentière, obéissant aux doigts et à l’œil » « Décriptions déjà le document. » « Elle leur achete toujours tout très chèreusement. » « Ce chat sûr-nourrit à coup de lasagnes serait affublé d’une bidaine trop importante » « les animaux sont mis à égaux des humains. » « des agissements disproportionnels » « il y a un sentiment de redevance envers l’animal » (reconnaissance ?) « des maisons insalubre en non propice aux biens être animal » « L’humain est un être voué de sensibilité, cependant les animaux ont également, êtés reconnus comme des êtres voués de sensibilité. »
En somme, « Sans qu’on seront compte » = sans qu’on s’en rende compte… « la barier de language » est vraiment problématique. Ainsi, le féminin pour les adjectifs en -ive/-if », n’est visiblement plus du tout maîtrisé, comme « des places significatifs », « L’affection des humains n’est pas excessif. », « Leur relations ont été évolutif », « des dégats très excessive », « l’affection peut être pas excessif et completement libérateur »… Erreur très fréquente, dans beaucoup de copies. Pour cette génération non genrée, est-ce surprenant ?
Ce fichu féminin aurait-il donc totalement disparu ? Ailleurs, je trouve également : « de façon minutieux », « une place important », « de manière très affectueux », une « réel affection », « Une énorme affection ne peut pas être directement négatif. », « Ces relations sont trop excessifs ».
Et en plus, au passage, souvent les élèves ne comprennent pas le sens de l’adjectif « excessif », justement. La preuve ? « De plus, de par l’affection excessive donnée aux animaux, une fidélité se crée des deux côtés et ces derniers nous le rendent bien. » Est-ce logique ?
Quant au pluriel… Des animaux « obaise », « qu’elle aiment les autre humain comme elle l’aimes lui. » « Certainent personne voit en leur animal… » « des animaux venue du quatre coins du monde » « les humains aimes leur animaux ». « La relation de G. et de M. entretiennent un lien très fort. » « les chien son considéré comme un membre de la famil. » « cela est du au faite que les animaux soit reconnaissant de ce que leurs apportents les humains. » « Dans certain cas, l’affection des humains en vers leurs animaux peuvent être execissive. » « Les auteurs mets en avant une relation seine ».
Les accords élémentaires entre « a » et « à », « ont » et « on », « et » et « est » ne sont plus du tout maîtrisés : « sont affection » « Les animaux ont toujours faient partis de notre histoire. Les chiens sont considéré comme le meilleur amie de l’homme, certaines cultures vènère un animal. » « les parents de l’enfants son content de voir leur enfant appaisé ». « les animaux on besoins » « (veuillez excusez l’orthographent du nom du film) »
À vrai dire, pour une majorité de ces « étudiants » de niveau bac +2 donc, ils ne connaissent plus la différence entre MAJUSCULE et minuscule. Cela commence à ce stade. Et des mots très simples, comme « lui », sont désormais orthographiés « luis », j’ai trouvé « p’our » ou « Son chient ». « tros d’organisation voient le jour. » Ce qui conduit à écrire, par exemple : « Peux après ont peur voir q’un sentiment de jalousie s’étai installé ».
Et la méthode… « En premier plan nous fairons une introduction sur le sujet. » « Cet essai se syndra en deux grandes parties, la première répondra affirmatif à la question… » Je vous offre une introduction complète : « Depuis longtemps les animaux occuperont une place importante dans notre planète sont vivant ensemble par notre volonté ou parfois non c’est nous qu’on cherche à les accompagner pour notre protection ou autre. L’homme choisi d’accompagner les animaux contrairement à eux mais est-ce qu’on les repectent vraiment ce choix ? »
Je ne vous parle pas du contenu, l’éventail est trop large. Les candidats choisissent avec finesse les animaux de compagnie à évoquer (c’était le sujet) : « Les éléphonts font des deuilles donc ressentes des emotions de tristesse ». Beaucoup confondent « pour cent » et « pour mille »… ce qui est problématique quand on parle de la natalité en Chine ! Mais ce ne sont que des chiffres… Quant à la confusion entre cause et conséquence, elle ne permet pas d’expliquer un phénomène. La profondeur de la pensée, heureusement, est là : « Actuellement, on parle beaucoup des conflits survenus au moyen-orient, mais on parle pas assez des ces personnalités publique qui ont pour la plupart laissez leurs animaux de compagnie afin de fuir le pays sans prendre leurs animaux. » « L’animal n’est pas vraiment respecter, lorsque, à côté de lui on mange ou bien on cuit un steak par exemple ou bien aussi quand on leur donne de la viande, cet acte prouve que l’animal n’est pas vraiment respecter. Et aussi dans “Moumounia” le maître n’aimer pas son chien car il été moche. » « Même pour acheter un animal de compagnies, cela restera bien moins chère qu’un enfant. »
Certains mots à la mode surgissent, par surprise. Quand on demande d’étudier les relations entre un maître et son chien, il est alors question de « lien de toxicité ». Ailleurs, je retrouve cette génération moderne : « À outrance, trop de câlins n’ont jamais blesser aucun animal tant que leurs limites de conscentement sont respectés. »
Visiblement, ils n’ont pas compris la question 4 « Ces deux documents portent-ils un regard critique sur la relation entre les maîtres et leurs animaux ? », puisqu’ils répondent en s’appuyant sur « des vraies relations », une « vraie considération » pour expliquer que oui, c’est « un regard critique ». Ou bien est-ce leur logique qui n’est pas semblable à la mienne ?
Ce qui est terrible avec ce sujet, c’est qu’il était pour une fois facile. Et l’on s’aperçoit alors que même sur ce thème, à leur portée, ils ne comprennent rien. (Si ! Un candidat, vraiment, sur les 57 corrigés, et quatre autres à peu près.) Ni les documents, ni les questions posées ne sont maîtrisés. Ainsi, l’un des essais demandait « Respectons-nous vraiment les animaux quand nous en faisons nos compagnons ? » Eh bien… beaucoup (trop) d’élèves ne comprennent pas ce qui est sous-tendu, ni le verbe « respecter », et pensent que c’est la condition des maîtres qui est ainsi interrogée. C’est terrifiant. De même, à la question « Selon vous, l’affection des humains pour leurs animaux de compagnie peut-elle devenir excessive ? », j’ai des réponses qui ne prennent jamais en compte le bien-être animal. Quand il est question de crèches pour les animaux dans l’un des documents : « Beaucoup de personnes n’ont pas forcément les moyens pour mettre autant donc cela peut créer des inégalités ». Pauvres humains ! « Ensuite, tout les maitre n’ont pas les mêmes moyens donc ils ne pourront pas tous mettre beaucoup d’argent chaque mois pour leur animal. » Bien sûr ! Ou encore : « Nous pouvons dire que nous avons finalement toujours envie de toujours plus faire plaisir à notre animal de compagnie mais il faut que l’animal puisse comprendre ce qu’il a pour ne pas se lasser trop vite de ce qu’on lui offre. »
La question centrale devient : « Les animaux de compagnie que nous avons sont donc-t-il respectait ? Nous allons le voir en plusieurs partie. » Mais que l’on se rassure : « Chacun est libre d’élever son animal comme il le souhaite et avec les moyens qu’il dispose tant qu’il lui fait aucun mal. »
J’aimerais savoir sur quels critères ces « étudiants » vont voter. Patrick croit me tranquilliser : la majorité d’entre eux se désintéresse totalement de la politique. Est-ce rassurant ?
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