Inquiétudes et variations
Maëlle
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En écho au billet de Mireille Podchlebnik du 20 mai 2026, « Herbes folles et coquelicots », qui célèbre cette plante messicole.
Si émouvant que soit le coquelicot dans son individualité, joyeux quand piqueté çà et là, et original en sirop, les champs entiers de ces fleurs ondoyant sous le vent et rougeoyant dans le soleil me fascinent plus encore.
C’est à Château-Gaillard, faubourg d’Ambérieu, dans la plaine de l’Ain, qu’ils transforment en jardins. De nos jours. Ambérieu, siège vénéré de l’APA.
Rougeoyant ? Mais, diable, de quel rouge ? Écarlate, cinabre, garance, feu, vermillon… ? Vif, pur, anglais, froid, chaud… ? Il en existe tant ! Comment choisir le bon pour cerner la nuance ? J’en appelle aux peintres : ne serait-ce donc pas le rouge coquelicot ?
Si mon texte est trop long, alors adieu adieu soleil cou coupé !
Mais n’est-il pas trop court pour un premier grain de sel qui vaudrait, tout de même, que je me présentasse ?
Ces inquiétudes me conduisent, bien que le mot soit le premier à l’honneur en ces lieux, à poster avant tout deux photos, destinées aux amoureux et amoureuses des coquelicots. Étant femme et balbutiant encore (à mon âge !) dans l’écriture inclusive, j’emploie les deux vocables et place en tête le genre masculin, par politesse.
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Mais ces photos, elles aussi hésitantes, sont-elles bien au niveau ? Pour tout dire, respecté•e•s Apaïstes, l’une est réalisée avec un téléphone portable assez basique, et j’ai photographié une photo papier prise en des temps bénis où j’étais plus ingambe. Elle ressemble cependant beaucoup à celle que je pourrais commettre aujourd’hui. Les Ambarrois vérifieront.
Et puis, cette mouvante masse rouge… N’y aurait-il pas là un peu de politique ? Non point. Je resterai pour l’heure vaguement picturale. Mais il est vrai que la morosité ambiante me pousse à la lutte ! Tant de laideurs autour de nous m’engagent à privilégier les moments de beauté, de joie, et les sujets légers. Antidotes.
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L’autre photo me vient du dieu Internet, tant prié qu’il a fini par être généreux. Elle invite chez moi un souvenir. Enfant, je déguisais les coquelicots en petites danseuses. Une photo de l’époque aurait été en noir et blanc, c’est dire… Non que l’absence de couleur me déplaise : elle peut être d’une rare beauté. Rendre le rouge unique du coquelicot en monochrome est un défi aussi stimulant que d’oser être gai par les temps qui galopent.
L’intérêt est surtout que cette poupée fait surgir délicieusement, d’une manière quasi proustienne, même si le sens concerné n’est pas le goût, une enfance chérie aux étés coulés au bord de l’Ain, dans un village sis non loin… d’Ambérieu.
Quant au mot « coquelicot », mon dictionnaire étymologique me révèle qu’il est une altération de « cocorico » et désigna d’abord le coq aux temps médiévaux : la fleur rappelait la crête de ce claironnant volatile matinal. On pourra s’amuser musicalement en faisant résonner en écho le « co-co ». Tenter d’abolir en nous l’enfant est à la fois vain et périlleux…
Trouve-t-on mon intervention quelque peu « décalée » ? Le texte évoqué date déjà de PRESQUE UN MOIS ! Tout va si vite. Le temps s’en va, le temps s’en va, ma dame…
Enfin, ces élucubrations respectent-elles vraiment la thématique de la nature, laquelle sera-t-elle encore de saison ?
Et de quelles graines, parbleu, va-t-il s’agir ?
Je m’interroge…
Ha ! Des mots, tout ça ! - Mais, n’est-ce pas la règle du jeu ?