Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Grains de sel
Grains de sel
Grains de sel

Blog créé par l'Association pour l'autobiographie (APA) pour accueillir les contributions au jour le jour de vos vécus, de vos expériences et de vos découvertes culturelles.
Voir le profil de apagds sur le portail Canalblog

Newsletter
Commentaires récents
16 juin 2026

Inquiétudes et variations

Maëlle

 

En écho au billet de Mireille Podchlebnik du 20 mai 2026, « Herbes folles et coquelicots », qui célèbre cette plante messicole.

 

Si émouvant que soit le coquelicot dans son individualité, joyeux quand piqueté çà et là, et original en sirop, les champs entiers de ces fleurs ondoyant sous le vent et rougeoyant dans le soleil me fascinent plus encore.

C’est à Château-Gaillard, faubourg d’Ambérieu, dans la plaine de l’Ain, qu’ils transforment en jardins. De nos jours. Ambérieu, siège vénéré de l’APA.

Rougeoyant ? Mais, diable, de quel rouge ? Écarlate, cinabre, garance, feu, vermillon… ? Vif, pur, anglais, froid, chaud… ? Il en existe tant ! Comment choisir le bon pour cerner la nuance ? J’en appelle aux peintres : ne serait-ce donc pas le rouge coquelicot ?

Si mon texte est trop long, alors adieu adieu soleil cou coupé !

Mais n’est-il pas trop court pour un premier grain de sel qui vaudrait, tout de même, que je me présentasse ?

Ces inquiétudes me conduisent, bien que le mot soit le premier à l’honneur en ces lieux, à poster avant tout deux photos, destinées aux amoureux et amoureuses des coquelicots. Étant femme et balbutiant encore (à mon âge !) dans l’écriture inclusive, j’emploie les deux vocables et place en tête le genre masculin, par politesse.

Mais ces photos, elles aussi hésitantes, sont-elles bien au niveau ? Pour tout dire, respecté•e•s Apaïstes, l’une est réalisée avec un téléphone portable assez basique, et j’ai photographié une photo papier prise en des temps bénis où j’étais plus ingambe. Elle ressemble cependant beaucoup à celle que je pourrais commettre aujourd’hui. Les Ambarrois vérifieront.

Et puis, cette mouvante masse rouge… N’y aurait-il pas là un peu de politique ? Non point. Je resterai pour l’heure vaguement picturale. Mais il est vrai que la morosité ambiante me pousse à la lutte ! Tant de laideurs autour de nous m’engagent à privilégier les moments de beauté, de joie, et les sujets légers. Antidotes.

L’autre photo me vient du dieu Internet, tant prié qu’il a fini par être généreux. Elle invite chez moi un souvenir. Enfant, je déguisais les coquelicots en petites danseuses. Une photo de l’époque aurait été en noir et blanc, c’est dire… Non que l’absence de couleur me déplaise : elle peut être d’une rare beauté. Rendre le rouge unique du coquelicot en monochrome est un défi aussi stimulant que d’oser être gai par les temps qui galopent.

L’intérêt est surtout que cette poupée fait surgir délicieusement, d’une manière quasi proustienne, même si le sens concerné n’est pas le goût, une enfance chérie aux étés coulés au bord de l’Ain, dans un village sis non loin… d’Ambérieu.

Quant au mot « coquelicot », mon dictionnaire étymologique me révèle qu’il est une altération de « cocorico » et désigna d’abord le coq aux temps médiévaux : la fleur rappelait la crête de ce claironnant volatile matinal. On pourra s’amuser musicalement en faisant résonner en écho le « co-co ». Tenter d’abolir en nous l’enfant est à la fois vain et périlleux…

 

Trouve-t-on mon intervention quelque peu « décalée » ? Le texte évoqué date déjà de PRESQUE UN MOIS ! Tout va si vite. Le temps s’en va, le temps s’en va, ma dame…

Enfin, ces élucubrations respectent-elles vraiment la thématique de la nature, laquelle sera-t-elle encore de saison ?

Et de quelles graines, parbleu, va-t-il s’agir ?

Je m’interroge…

 

Ha ! Des mots, tout ça ! - Mais, n’est-ce pas la règle du jeu ?

 

Commentaires
N
Honneur, hommage aux coquelicots ! Merci beaucoup pour votre texte dansant, vos mots chantants et votre façon (inutile mais que je connais bien !) de craindre l'illégitimité de vos écrits sur ce blog. A bientôt !
Répondre
C
ah oui, des mots, bien tournés il est vrai ! Bienvenue Maëlle et merci pour ce joli texte. Personnellement je n'ai pas du tout l'intention de me faire à l'écriture inclusive et je trouve que, sauf dans la montée d'un escalier (Jean-Paul m'a expliqué que l'homme se devait de passer devant pour ne pas être tenté d'avoir des regards concupiscents) il était toujours de bon ton de laisser passer les dames devant... quant à la couleur des coquelicots, ce même Jean-Paul, mon compagnon et peintre de son état, vous dira qu'ils sont plutôt vermillon... mais peut-être que Anne et Patrick seront d'un autre avis ? vive la diversité ! <br /> J'ai adoré votre phrase : "Rendre le rouge unique du coquelicot en monochrome est un défi aussi stimulant que d’oser être gai par les temps qui galopent."<br /> OUI, osons être gais, par les temps qui galopent, c'est la seule réponse valable pour remercier la Vie.
Répondre
M
Merci, Christina. Malgré mes velléités de noir et blanc, je tenterai le vermillon conseillé par le spécialiste, lors de mes pénibles tentatives picturales…
M
Merci Maëlle pour cet écho à mon article alors que mon jardin se vide des coquelicots qui se flétrissent inévitablement.. Vos belles photos illuminent, suspendent le temps et donnent le goût des prochaines floraisons...
Répondre
M
Merci, Mireille. <br /> Mais oui, ils reviendront, ces "troubadours des talus", "vagabonds des prairies", comme dit la vieille chanson de Charles Trenet, avant même l’année prochaine…
K
J'ai beaucoup apprécié votre texte, autant parce qu'il parle de "rouge", qui est ma couleur (étant du signe du bélier ... rires ...) que parce que j'apprécie votre écriture allègre. Je suis une presque nouvelle participante, depuis moins d'un an. et je me posais aussi des questions sur le contenu de mes textes. Mais comme toutes mes propositions ont été publiées, et que j'ai eu confirmation que tous les genres sont acceptés, Je ne me pose plus de questions.<br /> Perso, je vous fais une seule remarque " place en tête le genre masculin, par politesse." ... heueueu, la politesse ne serait plus de laisser passer les femmes avant ? Bon, c'est pour du rire, je suis pour l'égalité, même dans les textes de Grains de Sel :-))<br /> Bienvenue et bonne journée.
Répondre
M
Merci, Kata. <br /> Amoureux mis en tête ? J’ai fait une exception de locutrice magnanime, bienveillante… Mais nous sommes les reines, cela va sans dire !
A
Un premier envoi se fête ! Bienvenue... chère coquelicophile. J'aime quand les billets se font écho, même à distance. Quant aux "amoureux" et "amoureuses"... ai-je bien compris ? Vous conservez les meilleures pour la fin ? Sourires... Mais oui, c'est aussi parfois la règle du jeu !
Répondre
M
Merci, Anne. Nous sommes Rois et Reine(s), Reines et Rois,<br /> « Rois sans arroi, <br /> Reine sans arène,<br /> Tour trouée,<br /> Fou à lier<br /> Cavalier seul » (Leiris),<br /> mais moins seul•e•s (!) quand de l’APA résonnent les échos…
Mode d'emploi

Adresser votre texte (saisi en word, sans mise en page, en PJ à votre mail) à l'adresse :

apagds@proton.me

- Envoyez si possible une image (séparément du texte). Cliquez sur les images pour les ouvrir en grand
- Précisez sous quel nom d'auteur il doit être publié
- Merci de ne pas adresser de textes trop longs afin de laisser son dynamisme à la lecture. Des billets de 2000 à 4000 signes environ sont les plus adaptés à la lecture dans un blog.
L
es administrateurs du blog se réservent le droit de publier un texte trop long de façon fractionnée.


 

Archives