Obsolescence et programmes
Nadpic
Je lis souvent dans les billets que nous laisse découvrir ce blog, des réflexions sur le temps qui passe, sur les pensées et questionnements d’un monde qu’on aimerait plus juste ou moins imbécile parfois.
J’y songe quand je déambule dans les rues, quand des lieux se détruisent d’eux-mêmes faute de soin, de fenêtres qui ne donnent plus sur rien, encore moins sur un horizon dégagé au propre et figuré.
Croisement entre nostalgie, mélancolie et regard sur le passé ? Je ne sais pas vraiment répondre à ça, même avec tout ce temps à fréquenter le blog.
L’obsolescence de notre monde est-elle seulement psychologique ?
Je repense à ma télévision !
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Je l’ai achetée en 2018, ce qui me semble hier, et elle fonctionne très bien. Cependant, la télécommande a commencé à faire des siennes en octobre dernier, ce qui me semble hier, aussi. Le vendeur du magasin d’électroménager est désolé, mais « Nous n’en vendons pas ! » Là je me dis que je me suis trompée de magasin, mais non. Ils vendent des télés, mais, pour le reste, s’il y a un hic, débrouille-toi !
Le réparateur qui tient boutique dans la cité, celui qui ressuscite tout ou presque et que je vais voir aussitôt, nettoie l’objet rempli d’humidité, ce qui donne un aperçu de mon appartement ! Mais quelques jours plus tard, impossible de changer certaines chaînes, de stopper ou de diminuer le son.
Je retourne voir l’expert du bricolage et là, je l’entends me dire très sérieusement qu’il est quasi impossible de faire quelque chose de plus, car ces télécommandes sont paramétrées en usine et donc, très rarement achetées sur Internet pour un résultat probant.
Après le magasin de télé qui ne vend pas ce qui va avec ma télé, mais pas de nouilles non plus, je me retrouve les bras ballants devant un réparateur qui ne peut rien pour moi.
Pour plaisanter, je lui dis « Alors faut que je change ma télévision ? »
Il ne rit pas, il hausse les épaules, fataliste.
Depuis des semaines, je retrouve en pensées, car je suis obligée d’user des mêmes pratiques désormais, des scènes de l’enfance où nous devions mes sœurs et moi, quand mon père demandait, nous lever pour changer de chaîne. Bon, il y en avait moins ! Même si, avec seulement la TNT, il n’y a pas de quoi hésiter longtemps entre celles proposées, elles sont si pauvres. Ça fait bien longtemps que je vois une réduction de la qualité, obligeant ou incitant les gens à s’abonner à des plates-formes payantes pour avoir autre chose que Sissi impératrice pendant les fêtes de fin d’année, la énième diffusion de Columbo ou sur Arte, le western dont les acteurs sont morts depuis des décennies. Mon père se réveillerait de son caisson, dont il n’a pas profité, il croirait avoir dormi six mois seulement alors qu’il est mort en 1976 !
Mon fils a trouvé la solution :
« Tu te rachètes une télé et tu me vends ton écran, de toute façon y a que ça qui me servirait. »
Ça fait quand même chère la télécommande !
J’ai appris entre-temps que Brandt est en liquidation judiciaire !
En plus de voir ces pauvres gars en larmes devant la caméra, c’est d’une tristesse profonde, j’apprends que ma télé qui ronronne toujours parfaitement, devra définitivement se passer de commande à distance.
Avec Maigret, Maman j’ai raté l’avion comme chaque année, Bardot quand elle faisait encore fantasmer les hommes, mon père peut revenir, ça va lui plaire !
Quelques belles exceptions dans ce désert télévisuel : Le vent se lève réalisé par Hayao Miyazaki, une perle à tout jamais, Le règne animal de Thomas Cailley, et récemment le film d’animation Le Petit prince magnifique réalisation de Mark Osborne.
Au bout de six mois sans télécommande, mon fils m’en achète une sur le site… je ne veux pas le savoir, car je n’assume pas, et je peux m’enfoncer dans mon fauteuil. Un documentaire sur l’année 98, pas mal.