Autobiographie en images
Nadpic
Ventilateur à fond, rires pendant le repas partagé, nous sommes prêtes, mes sœurs et moi, il faut trier ! Des heures concentrées nous attendent.
Fini les objets à partager lorsque notre mère est partie vivre en EHPAD il y a deux ans en dehors de ceux qu’elle a elle-même choisis pour égayer son nouvel appartement, fini le tri des documents, papiers, etc.
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Là, ce sont les photos qui sont en jeu. Des centaines de photos qui remontent des arrière-arrière-grands-parents à nos jours. Ceux-ci se dressent fièrement devant l’appareil, je suis heureuse d’en avoir connu trois sur les quatre (photo). Des heures durant on entendra : tu la prends ? Tu veux l’original ? Si oui, je la prends en photo.
Albums, pochettes, clichés en vrac sans date, sans noms, parfois c’est facile et, parfois on bute.
Mon père en marin, ma mère a 20 ans, les aïeules ou aïeux endimanché(e)s ou pas, des repas festifs aux scènes dans le poulailler ou dans le jardin l’arrosoir à la main.
Ma mère a déjà fait le tri bien avant : ceux qu’elle n’aime pas ou plus, poubelle !
Sa petite-fille a ses photos déchirées outrageusement pour l’effacer de la pause, amputée du droit à l’image familial quand c’est possible. La belle-famille absente des boîtes, notre père gardé seulement dans son jeune âge.
Bref : les souvenirs sont ceux que nous nous forgeons, mais la transmission a parfois du plomb dans l’aile.
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On apprend au détour d’un petit carnet conservé là, que mon arrière-grand-mère à laquelle j’ai été comparée si souvent, ne s’appelle pas Amandine, mais… Marie Ruffine avec deux F, puis Armandine sur une autre trace administrative. Ben ça, alors ! Ne pas le dire à ma mère, dont le prénom Amandine lui a été donné. Là encore, la transmission est écornée ou donne envie de répondre à des « quand et pourquoi ».
Je repars avec de nombreuses photos papier, les plus anciennes beaucoup mieux conservées que les clichés des années 70.
Je repars également avec quelques rares objets de mon père. Traces de son appartenance à l’aéronavale : son sac de marin dessiné par un copain, relique emballée depuis des décennies dans un torchon blanc (photo).
Quand je dépose le tout dans mon petit appartement, ce n’est pas « où les mettre » qui me préoccupe, mais qui les fera encore vivre après moi ? Personne, sans doute. Alors, à quoi ça sert... ?