Charité bien ordonnée…
Kata
J’aime beaucoup ce dicton, puisque je peux me l’appliquer à moi-même : charité bien ordonnée commence par soi-même.
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Je ne savais pas trop comment entamer mon texte et puis, comme d’habitude, il m’en est arrivé une bien bonne hier après-midi (vendredi), dont je me suis rendu compte aujourd’hui (samedi). Il faut dire qu’en ce moment, je cumule les « bien bonnes », elles arrivent en rafale. Hier matin, j’ai cru que la série allait se tarir, enfin, un grave problème s’est résolu. Effectivement, mon téléphone et mon adresse mail étaient bloqués depuis quatre jours et ils se sont débloqués grâce à la gentillesse et au savoir-faire des employés de la boutique Orange pas loin de chez moi. Il faisait tellement chaud que j’avais d’abord essayé de résoudre les problèmes sans sortir de chez moi. Ça a commencé dimanche dernier. Si si. Les services APPLE sollicités sur mon ordinateur m’écrivaient qu’ils m’envoyaient un code sur mon téléphone pour tout débloquer… c’est bien gentil, mais mon téléphone étant bloqué, je ne recevais pas de code… Voyons, tout devait quand même rentrer dans l’ordre au bout de 48 h. Enfin c’est ce qui était annoncé par écrit… Comment vivre sans téléphone ? Eh bien, on y arrive quand même, foi de Kata, mais ce n’est pas facile, on se sent un peu isolé, impossible d’appeler, mais on peut être appelé, si tant est que quelqu’un veuille bien appeler et pas de messages, ni envoi ni réception…. On résiste, ce n’est pas pour longtemps.. . et… au bout de 48 heures, j’entame les démarches et… foutage de gueule ou mauvaise manip ? Toujours le blocage. Il fallait attendre encore 48 h. Je patiente un peu et je commence à en avoir assez. Je prends mon courage à deux mains, sermonne mes pieds qui ne voulaient plus avancer dans la chaleur et me dirige vers la boutique Orange. Presque arrivée, je suis interpelée par un jeune avec un gilet jaune : « Madame, vous avez un instant ? » « Non » que je lui réponds. Il me dit « ah oui, c’est parce que j’ai une tête de cafard ? » Je le regarde et ne peux m’empêcher de rire, c’est vrai, il avait une teinte de peau un peu foncée, une petite barbe, un grand sourire et des yeux pétillants de malice. Il voit que je prends bien sa blague, on discute un moment, il représente une association d’aide aux plus démunis, il est étudiant dans une école de formation d’ingénieurs en informatique, mais dommage, il ne peut pas m’aider. Je repars en me disant que cette rencontre était certainement un signe, que tout allait se régler à la boutique, malgré la fin de l’après-midi qui se pointait.
Effectivement, j’ai affaire à des employées très sympas, j’ai droit au prêt d’un téléphone sur lequel l’une d’elles branche la puce du mien pour que je puisse recevoir les directives. En rentrant, j’ai quelques manips à faire et… victoire ! Le lendemain matin tout marche et je peux rendre le téléphone prêté.
Ouf, me disais-je, j’arriverais donc à la fin de mes misères ? Tsss, ç’aurait été trop beau ! Depuis des années, il y a un problème d’étanchéité de la petite terrasse devant ma porte-fenêtre. Un expert judiciaire était passé et avait détecté le problème. Comme le syndic n’a rien fait alors que la terrasse est partie commune, le problème s’aggrave et, quand il pleut, l’eau s’infiltre chez ma voisine d’en dessous. Pas bien grave, mais elle a une belle auréole sur son plafond. La fille de ma voisine arrive enfin à faire bouger la dame syndic qui m’envoie un « expert » sans me le dire. J’accepte quand même de le recevoir et… la dame syndic m’envoie la facture de l’intervention, qui dit que la fuite vient de chez moi. Que nenni, je lui réponds, je n’ai rien demandé, je ne paye pas et mon avocat envoie même l’expertise qui avait déjà été réalisée et mettait en cause l’étanchéité de la terrasse. Au bout de deux refus écrits après relances et même trois en comptant celui de l’avocat, hier, je reçois un mail disant que je n’avais pas à payer et qu’elle avait pris contact avec une entreprise qui devait m’appeler pour fixer une date d’intervention. Enfin, une bonne nouvelle ! Et puis, tout à l’heure, je ne sais pas quelle intuition me fait rechercher cette entreprise sur internet. Et là !!! que lis-je !!! il s’agit d’une entreprise d’agencement d’intérieur !!! rien à voir donc avec le problème d’étanchéité de la terrasse. Ce n’est pas la peine que je crie et que je tempête. Je suis toute seule. Me taper la tête contre les murs ? Ah non ! Ils viennent juste d’être repeints. Je respire profondément à plusieurs reprises. Je réussis à me calmer et à réfléchir. J’écris à la dame syndic pour dire que je refuserai tout rendez-vous avec cette entreprise, puisqu’elle n’est pas habilitée à intervenir sur l’étanchéité de la terrasse. Si elle voulait, mon avocat et moi-même pourrions lui proposer une entreprise spécialisée.
Mettre mes griefs par écrit m’a fait du bien. Plus je réfléchis, plus je me dis que ça fait plusieurs fois qu’on essaye d’abuser de moi en me rendant coupable de désordres et pourtant, je ne les ai pas provoqués. Si j’étais un homme et non une femme âgée et seule, aurais-je eu les mêmes problèmes ? N’y aurait-il pas de la misogynie dans l’air ? La dame syndic se comporte comme un patron. Eh bien, les profiteurs n’ont pas réussi et, comme je l’ai écrit en introduction, je me suis appliquée le dicton « charité bien ordonnée commence par soi-même ». J’ai donc commencé en dégustant un esquimau au chocolat tiré de mon frigo-congélateur. Na. Je réagis fortement, peut-être trop ? Mais je dois et je vais m’en tirer à mon avantage. Il le faut, je n’ai pas à subir, je n’ai rien fait de répréhensible.