Guerres des temps modernes
Mireille Podchlebnik
La gare bourdonnait
d’une foule impatiente de fuir
la ville hallucinée par un été brûlant
Valises entrechoquées,
fourmilière géante…
Regards hagards bousculades
Quitter les rues de béton surchauffé
les transports la moiteur
Le système en faillite la désolation
Espérer l’apaisement
la fraîcheur des forêts et le chant des oiseaux
le bruissement des vagues le roulis de la mer
Chasser au loin la noirceur du monde
Se nourrir des campagnes et se fondre dans les nuages
Mais où sont les collines et bosquets verdoyants
la forêt a brûlé sous nos yeux impuissants
La nature sacrifiée par la main de l’homme
Sème impuissance et dévastation au passage des vents
des feux et des pluies torrentielles
Notre temps désormais suspendu aux guerres des temps modernes