Céci… céci… céciquoi ?
Kata
Cécifoot
C’est quoi ?
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Le Championnat d’Europe de cécifoot ( foot pour les personnes déficientes visuelles ) se déroulait à Strasbourg et s’est terminé hier soir par la victoire des Bleus. Samedi, devant mon ordinateur qui me servait ce jour-là de télévision, je suis tombée par hasard, en zappant, sur la demi-finale. Je suis restée scotchée devant mon écran et, du coup, les Bleus ayant gagné, pour rien au monde, je n’aurais raté la finale dimanche en fin d’après-midi.
Je vais essayer de narrer ce que j’ai vu après des explications succinctes sur ce qu’est le cécifoot et, peut-être, partagerez-vous mon admiration.
Le cécifoot se joue à cinq joueurs par équipe, quatre non voyants sur le terrain et un voyant dans les cages, le gardien de but. Pour être sûr qu’ils ne voient rien, un arbitre vérifie que les patchs oculaires sont bien collés sur les yeux, recouverts par un bandeau serré à l’arrière de la tête.
Le terrain mesure 40 m de long pour 20 de large. Les côtés sont entourés d’une barrière pleine de 1 m à 1,2 m de haut. Description pour les catégories engagées dans la coupe d’Europe
Comment font les joueurs pour taper dans un ballon qu’ils ne voient pas ?
Le ballon contient des grelots, qui sonnent dès qu’il bouge, dès qu’il tape la barrière, les joueurs se repèrent au son. C’est magique de les voir dribbler, pousser la balle, la chiper à un adversaire, tirer pour marquer un but, en sachant qu’ils ne voient pas.
Oui, mais quand la balle s’est arrêtée et ne sonne plus ?
C’est là, entre autres, qu’interviennent les voyants, je veux parler des coachs qui voient. En plus du gardien de but, chaque équipe a droit à trois aides-voyants et crieurs : deux derrière les barrières, donc un de chaque côté du terrain et un derrière le but adverse. Ils crient des indications aux joueurs, où est le ballon, où sont les adversaires, etc. Entr 'eux, un joueur crie « VOY » ( ça vient du portugais ) pour signaler sa présence à ses collègues. Nous autres, téléspectateurs, nous avons envie de les aider, de leur souffler, nous pouvons toujours crier, ils ne nous entendent pas. Et les spectateurs ? Interdit de bouger, de parler, de faire du bruit pour que les joueurs puissent entendre sans gêne les grelots du ballon. Parfois, pendant une interruption du jeu, une ola d’encouragement monte dans les gradins, les drapeaux s’agitent ainsi que les grosses têtes représentant les joueurs. C’est magique. Le silence revient immédiatement, dès que le jeu reprend.
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L’équipe de France est la même que celle qui a participé aux jeux paralympiques de Paris, les grosses têtes ont gentiment attendu de pouvoir ressortir, deux ans après, pour le Championnat d’Europe. Les drapeaux viennent de la gendarmerie qui en avait en stock après une manifestation devant le parlement européen, nous sommes bien à Strasbourg.
Bon, et alors ? Qu’ont fait les Bleus pendant cette coupe d’Europe ?
Eh bien, ils ont gagné les trois matchs de poule contre : l’Angleterre, la Grèce et l’Allemagne
Ils rencontraient samedi l’Italie en 1/2 finale. Pas facile, les Italiens sont bons et les tirs sont cadrés. Heureusement notre ( possessif, ça y est, je suis dedans ) gardien de but est extraordinaire, il arrête tous les ballons qui se présentent devant lui. Il place à merveille ses partenaires lorsqu’un adversaire va tirer un corner ( tir du coin du terrain ). Enfin ! notre meilleur joueur arrive à marquer. Ouiiiiii nous gagnons 1-0 et qui retrouvons-nous en finale ? … les Anglais, seconds de la poule, vainqueurs de leur 1/2 finale, ils sont aussi en finale.
Et nous voilà dimanche. Ce n’est pas parce que les Bleus ont gagné les Anglais lors des poules qu’il faut croire que ça y est, c’est arrivé. On entend les encouragements du coach principal avant le début du match. Il dit bien que les Anglais sont là pour gagner, mais aussi pour battre la France. Nos bleus ont l’air bien décidé à se montrer les meilleurs.
Match très difficile, les deux équipes s’emploient à vouloir marquer à toute force. Les Bleus font des fautes collectives en faisant tomber les joueurs anglais, qui le leur rendent bien en faisant tomber les joueurs français. C’est haletant. Au bout de cinq fautes, c’est punition, pénalty. On ne doit pas y arriver !
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Deuxième mi-temps. Enfin, buuuuut ! Les Bleus marquent. Ouf, mais il faudrait bien un deuxième but pour être tranquille c’est bientôt la fin du match, mais on n’est pas à l’abri d’un but anglais d’égalisation.
Fin du match. Ça y est, les Bleus ont gagné et sont champions d’Europe. Tout le monde se félicite, embrassades des fans dans les gradins, les membres de l’équipe coachs compris, dans les bras les uns des autres. C’est la fête totale. Tout le monde félicite LE marqueur, qui avait aussi marqué en 1/2 finale. Il s’appelle Frédéric Villeroux et il a… 43 ans. Comme quoi, le sport maintient jeune. Participera-t-il aux prochains Jeux olympiques à Los Angeles ? La question lui est posée, il répond que ça dépendra de son état physique. Un homme sage, qui résume la situation : « nous ne sommes pas tout jeunes, nous nous connaissons depuis une quinzaine d’années, très bonne ambiance, nous gagnons ». Il ne se met pas en avant, il est dans l’équipe.
Comme a dit leur coach : ils parlent le langage du foot. Ils sont porteurs de compétences.
La Marseillaise peut résonner.