Et pour finir quelques jours à Helsinki…
Bernard M.
Nous voici dans l’avion prêt à décoller d’Helsinki. J’ai sorti mon petit carnet et m’efforce de noter ce que nous avons fait et mes impressions de la ville. Je transcrirai et mettrai cela au net ce soir ou demain…
Mon beau-frère est reparti en France dès le lendemain de notre retour d’Appaja, tandis que nous avions décidé d’en profiter pour découvrir la capitale de la Finlande. Nous avons basculé de l’immersion dans la vie finlandaise dans le tourisme des plus classiques. Nous étions dans un hôtel à vingt minutes à pied du centre-ville, ce qui nous a permis de tout faire à pied. Nous n’avons donc même pas eu l’occasion de faire connaissance des transports en commun locaux. Le premier jour nous avons déambulé dans le quartier central, visité la cathédrale orthodoxe, donné un coup d’œil à la cathédrale luthérienne, gros pavé tout blanc que l’on voit de partout et que nous avons surnommé la meringue.
/image%2F1169248%2F20260816%2Fob_6946f7_20260815gds-vie-bmp-et-pour-finir-quel.jpeg)
La grosse pluie qui s’est déclenchée ensuite alors que nous étions à deux pas du Musée d’histoire de la ville nous y a conduit alors que nous n’avions pas spécialement prévu sa visite. L’après-midi nous avons arpenté les salles d’art finlandais du principal musée d’art de la ville, l’Ateneum, ce qui nous a permis de découvrir de nombreux peintres dont nous n’avions même jamais entendu le nom. Nous avons consacré le second jour à la visite de la magnifique nouvelle bibliothèque Ooli, puis nous avons découvert les jardins botaniques avant de prendre le bateau et de passer le reste de la journée sur l’île qui abrite la forteresse de Suomenlinna, construite par les Suédois à la fin du 18e siècle pour assurer la défense du territoire face à la Russie du tsar. Enfin, le troisième jour, nous avons arpenté le quartier d’Ullanlinna, au sud du centre. Nous avons commencé par grimper sur la colline de l’observatoire, fort modeste au demeurant, puis sommes redescendus vers la mer et avons longé la côte, très agréable balade offrant de belles vues sur la mer Baltique et sur de multiples petites îles. Nous sommes remontés vers le centre en nous arrêtant au musée du Design.
/image%2F1169248%2F20260816%2Fob_1f62fc_20260815gds-vie-bmp-et-pour-finir-quel.jpeg)
De tout cela c’est la bibliothèque qui m’a le plus marqué. L’architecture en est d’une grande beauté, avec une forte présence du bois et de vastes baies vitrées donnant sur de grands parcs alentour. Et l’aménagement intérieur, les fonctionnalités offertes aux visiteurs en font un équipement culturel extraordinaire. On est là pour y lire et y travailler bien sûr, et dans toutes les configurations possibles, le long des rayonnages, mais aussi devant de multiples écrans, dans des petits salons ouverts ici et là, ou au contraire dans des cabines vitrées fermées qui peuvent accueillir jusqu’à trois personnes souhaitant s’isoler pour travailler collectivement sans déranger les autres lecteurs. J’ai pour ma part passé un bon moment à lire Le Monde dans le secteur de la presse, mollement installé sur un confortable sofa. Les sections enfantines offrent des aires de jeux pour des bambins de différents âges, qui peuvent alterner moments passés dans les livres et moments de dépenses physiques, ce qui doit contribuer à les rendre « books friendly » à l’adolescence. J’avais déjà été frappé par la bibliothèque de Kühmo, mais ici, c’est encore autre chose, indépendamment même de la taille, évidemment différente entre une bibliothèque d’une petite ville de province et celle de la capitale. Cette importance des bibliothèques renvoie à la réputation de grands lecteurs des Finlandais. Celle-ci s’explique certainement en partie par les longues soirées plongées dans la nuit pendant les mois d’hiver, mais les traditions culturelles protestantes y contribuent sans doute aussi. Cela dit, ici aussi, jeux vidéos et réseaux sociaux tendent à affaiblir cette culture de l’écrit chez les plus jeunes.
/image%2F1169248%2F20260816%2Fob_228d2b_20260815gds-vie-bmp-et-pour-finir-quel.jpeg)
Le musée du Design nous a en revanche un peu déçus. Je m’attendais à y trouver un historique de cette notion et une évocation de ses développements dans de multiples directions. Ce n’est pas le cas. Il y a bien sûr une présentation, mais très sommaire d’Alvar Aalto, architecte et décorateur, considéré comme le père du design, mais celle-ci reste très sommaire et il n’y a rien sur d’autres courants du design et sur les figures qui les ont illustrés. En revanche, ce musée nous a permis de découvrir l’œuvre de Tove Janson ( qui pourtant semble n’avoir rien à voir, ni avec Aalto ni avec le design ! ), une écrivaine pour enfants qui a créé l’univers des Moummins, une famille de petits trolls ressemblant vaguement à des hippopotames, ultra populaire en Finlande et que l’on voit décliné partout dans toutes sortes d’objets. Je m’aperçois que la série a été traduite en français, mais je n’en avais jamais entendu parler.
L’impression générale d’Helsinki est celle d’une ville très tranquille, avec peu de voitures. En tant que parisien ( ou toulousain ), on est assez époustouflé par ce côté paisible, la priorité aux piétons est absolue, les voitures s’arrêtent avant même que l’on ne se soit engagé à traverser ! La publicité est présente évidemment, mais peu agressive. De façon générale les Finlandais ne semblent pas être dans la surconsommation. Les différences sociales semblent assez peu marquées, du moins ne se manifestent pas de façon ostentatoire ou tape à l’œil. Un effet de l’éthique luthérienne là encore ? Mais elles sont là, à n’en pas douter. Lors de notre retour après la visite du musée du Design, nous avons longé une très longue queue s’étalant sur deux ou trois cents mètres, des personnes de tous âges habillés sobrement, mais n’ayant rien de SDF. Nous nous demandions ce que cela pouvait être avant d’arriver au vaste local d’une institution religieuse qui procédait à une distribution de produits alimentaires de base.
Notre voyage retour s’est passé sans encombre malgré quelques turbulences pendant la descente sur Paris sous un ciel pourtant peu nuageux, mais saturé de brume. À la sortie de l’avion, soudain, une chape de chaleur nous est tombée sur le dos. Nous étions prévenus, le pilote avait bien annoncé lorsque nous étions à l’approche : « Paris, thirty-seven degrees », mais tout de même, nous avons été surpris. Nous voici à regretter la petite laine et la parka coupe-vent qui nous ont accompagnées en Finlande dès que le soleil n’était pas là ou qu’il y avait un peu de vent. D’ici à ce qu’on devienne des réfugiés climatiques en Finlande ! Bon, j’exagère bien sûr, il y a beaucoup d’autres populations qui seraient bien plus en besoin d’un refuge climatique que nous, mais il n’empêche, ça nous a traversé l’esprit…
Internet
-
Visitfinland | La région d’Helsinski