Goooal ! (3)
Malcolm
Je suis toutefois encore bien loin d’être arrivé chez moi ! Je me trouve alors à Toucy, dans l’Yonne, d’où je repars au mois d’avril 2025 pour un objectif majeur de mon parcours, d’importance purement symbolique : la ville d’Aubigny/Nère, dans le Cher ( retour dans ce Berry cher – sans jeu de mots – à mon ami Alain D., mais cette fois bien dans le cadre de mon projet personnel initial ! Alain m’a quand même appris que sa maman y avait été institutrice au début de sa carrière à l’Éducation nationale, coïncidence, coïncidence… ).
Le 8, je fais étape à Saint-Sauveur-en-Puisaye ( Yonne ), où je pensais passer saluer Colette. Malheureusement, je n’ai pas été assez attentif dans ma préparation, et… zut, c’est vrai, on est mardi et… re-zut, musée fermé ! Même si on n’est pas dans le même registre, cette déception au plan littéraire sera un peu compensée par l’accueil qui m’est fait au gîte où je vais passer la nuit. J’y suis chaleureusement reçu par un vieux ( pardon pour lui ! ) rocker en blouson de cuir noir, musicien, compositeur et, non accessoirement… ancien directeur artistique de Claude François ! Il m’apprend dans le même temps qu’il a néanmoins fait des études de… comportementaliste animalier : tout mène à tout ! Lui et son épouse ( elle, britannique ) sont des hôtes charmants et, bon, c’est vrai que Colette est aussi tout de même très présente dans la déco de la maison ! Je les quitte avec le poids, en plus, sur mon dos de leur autobiographie à quatre mains, aimablement dédicacée ( Guy et Elizabeth Floriant, « Je hais la campagne… Ma femme adore ! » : toute une ambiance ! ).
J’aurais bien sûr des dizaines d’autres anecdotes rapportées de mon « aventure » à raconter, mais il faut non seulement que j’arrive au bout de celle-ci ( l’aventure ), mais aussi que j’en finisse avec ce billet déjà beaucoup trop long. Bon, je sens que c’est mal parti…
Allez, je repars quand même, et me voici arrivé, quatre jours plus tard, à Aubigny/Nère, terme de ma dixième section. Km 1085. Oui, et alors ? Eh bien, figurez-vous que si je suis passé par là et y ai fait étape, c’est juste parce que j’avais découvert tout à fait par hasard ( en y passant un jour en voiture, il y a déjà pas mal de temps, et en y découvrant des pubs « so british » – pour ne pas dire tout de suite scottish –, une cabine téléphonique rouge, des kilts et tartans divers en vitrine… ), que cette ville berrichonne avait été très longtemps ( pendant des siècles )… oui, écossaise ! Une véritable enclave dans le royaume de France. Voici ce qu’en dit Wikipédia : « Charles VII remit en 1423 la ville d’Aubigny à Jean Stuart de Darnley, le plus prestigieux des chefs de l’armée écossaise, qui lui permit de sceller une alliance à long terme durant la guerre de Cent Ans au nom de l’Auld Alliance ( traité d’aide mutuelle entre la France et l’Écosse conclu au XIIIe siècle ) ». Alliance pour, bien sûr, f… sur la g… de notre ennemi commun ( je déteste l’expression sportive : notre « meilleur ennemi » ! ) : oui, c’est ça, les zengliches !
Ce n’est qu’à l’automne 2025 que je repars d’Aubigny. Mais désormais, ça y est, c’est décidé, je dois et vais « tracer », tout droit ( enfin, presque… ) jusqu’à la maison ! Il me reste alors encore 18 étapes que je répartis en 5 sections, de 3 ou 4 jours. En plus, j’ai décidé d’arriver chez moi le jour de mon anniversaire. Le 75e… Il le faut ! Il ne me reste plus beaucoup de temps. Je sens que je ne dois plus tergiverser, si je veux atteindre mon but. Car, inutile de me voiler la face, ma « vieillerie » me ralentit toujours plus. Finies les sections de plus de 4-5 étapes et les étapes de plus de 25 km des débuts, je ne peux plus guère dépasser les 15-20 km. Et ce sont en fait les logements disponibles qui déterminent mon trajet et la longueur de mes étapes. Parfois difficiles à dénicher…
Je traverse la Sologne du nord au sud. La splendeur de la forêt à l’automne compense largement la rectitude monotone du GR 31, dont on ne peut s’écarter, car totalement captif des propriétés privées qui le bordent ( obligeant même parfois à un détour sur route goudronnée… ). J’atteins Vierzon ( Cher ) le 11 octobre et, à la section suivante ( la 12e ), Châteauroux ( Indre ), juste avant Noël. Mais quand sortirai-je enfin de cette infinie province berrichonne ? [ À suivre ]
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