Goooal ! (4)
Malcolm
Janvier et février passent, trop vite, je trouve… Je m’entraîne quand même autour de chez moi, dans ma campagne, presque quotidiennement, souvent en compagnie de Shy ’m, l’adorable chienne Border collie de mon fils ( aîné et voisin ), Ewan. Dans ces sorties quasi quotidiennes, je parcours tout de même près de 300 km au cours de ces deux mois d’hiver, pas trop pluvieux, encore moins neigeux.
Un peu anxieux, je guette chaque jour, et « à l’horizon quinze jours », sur Météo-France, ces fameux « créneaux anticycloniques » de froid sec, que je prédilectionne/affectionne. Dans la dernière semaine de l’hiver dernier ( mi-mars ), je peux enfin repartir de Châteauroux. À noter que, désormais, je peux aussi gagner et revenir des villes de début et fin de mes sections en train et/ou en autocar sans devoir passer par la capitale, ni prendre et laisser ma voiture ici ou là !
Cette fois, je longe, puis pénètre dans le Parc naturel régional de la Brenne, à partir de Saint-Gaultier ( Indre ), en suivant la vallée de la Creuse et une de ces nombreuses « voies vertes », anciennes voies ferrées ( quel dommage, à ce propos, d’avoir supprimé ces belles liaisons secondaires intérieures ! ), assez rectilignes évidemment et certainement plus agréables à parcourir à bicyclette qu’à pied, mais dont la monotonie ( jamais excessive pour moi néanmoins ) est alors largement compensée par l’indescriptible explosion, aux plans visuel et auditif, du printemps.
J’atteins Le Blanc ( Indre ) le 20 mars. Notez que je n’ai pas osé écrire ici « je parviens ou j’arrive à Le Blanc », parce qu’en bon français, il me faudrait bien sûr écrire « j’arrive au Blanc » et que, allez savoir pourquoi, ça me fait un peu bizarre ! Ah, la langue française… Fin donc de ma 13e section. 1282 km, 60 étapes dans les pattes. Mais oui, ça y est, mon horizon s’éclaire, je vois le bout, ou presque…
Nouveau beau créneau météo, tout juste deux semaines plus tard, et me voici déjà reparti pour trois étapes d’une bonne vingtaine de kilomètres chacune. Dès le premier jour, j’entre dans la Vienne et dans ma région ( nouvelle ) de résidence, la Nouvelle-Aquitaine ( eh oui, avant 2015, je n’étais « que » pictocharentais, depuis je suis néo-aquitain, ça jette ! ). Tiens, à propos des Pictons ( ou Pictaves ) de mon Poitou d’adoption, je me suis demandé s’il y avait une relation ( ethnique ) entre eux et les Pictes d’Écosse. Eh bien, la réponse est négative. Ces appellations proches seraient tout simplement liées à la dénomination de ces deux peuples par le conquérant romain, et au fait que tous deux se peinturluraient la figure pour aller combattre l’envahisseur ( et, non accessoirement pour les Pictes, pour lui montrer leurs c… en soulevant leurs kilts : cf. le film Braveheart ).
Trois jours donc de marche vers l’ouest dans la Vienne, via les renommées cités de Saint-Savin et Chauvigny et, pour terminer, le village de Savigny-Lévescault, parce que c’est là que mon second fils, Kevin et sa compagne Marie habitent : ils viennent à ma rencontre et j’ai le plaisir de parcourir les derniers km en leur bien chère compagnie. Ils m’accueillent chez eux au terme de cette avant-dernière section ( la 14e ) et c’est donc de chez eux que je vais repartir pour le grand « finale ».
Pour ma dernière section, je ne me préoccupe plus de la météo, puisque, ayant fixé par avance ma date d’arrivée, il me faudra bien faire avec ! Avantage notable toutefois, je vais désormais bénéficier d’une « logistique externe » qui me permet à la fois d’alléger mon sac à dos dans la journée ( limité au casse-croûte de midi, à mon abreuvement – j’avoue m’être parfois autorisé un petit quart de rouge en sus de l’eau, juste pour l’énergie, bien sûr ! – et aux vêtements de… pluie ! ) et de ne plus dépendre de mes hébergements pour tracer mon parcours : grâce au taxi quotidien assuré par Nicole, ma petite femme dévouée, je vais pouvoir rentrer dîner et dormir à la maison tous les soirs et me faire reconduire le lendemain ( après un bon petit déjeuner pris au foyer ) là où j’en étais resté la veille. Une exception néanmoins à ce scénario le premier jour, le 29 avril. C’est l’anniversaire de Nicole ( elle me rattrape en effet chaque année en âge pendant trois jours, mais, dès le 2 mai, je reprends mes distances… ), et elle me rejoint ce soir-là pour le célébrer tous deux en dînant et passant la nuit ensemble à Vivonne.
Cette première étape de la dernière section faisait déjà 25 km, mais c’est la seconde, le lendemain 30 avril, qui sera la plus rude… J’hésite entre deux options : me faire récupérer par Nicole au village de Rom ( au km 19 ) ou bien à celui de Sainte-Soline au km… 29. Dans le premier cas, il me faudrait alors reporter les 10 km de différence sur la troisième et avant-dernière étape, qui passerait ainsi de 17 à 27 km, ce qui ne m’enchante guère. Je décide de… décider en chemin, en fonction de mon état de fatigue, et de prévenir ma dévouée petite femme de mon choix. [ À suivre ]
/image%2F1169248%2F20260821%2Fob_b1822c_20260823gds-vie-msaunders-goooal4.jpg)