J’ai revu la ( ma ) Normandie
Kata
Nous étions déjà passés à Agon-Coutainville il y a deux ans, mais nous n’y étions pas restés. Cette fois, nous sommes restés presque deux semaines. Nous avons pu visiter et faire quelques activités intéressantes.
J’ai vite pris mes habitudes : un café expresso excellent à tel endroit, une glace faite maison en pot à tel autre, etc., pendant que les jeunes se baignaient dans un océan à 25°, moi, en vrai chat, je ne m’y suis pas risquée. Le golf les attirait aussi. Deux ( le père et sa fille ) ont pu profiter d’un terrain non loin, où ils pouvaient aller à pied prendre leur leçon et s’essayer à faire quelques drives. Pendant que le petit dernier révisait, révisait encore dans la perspective d’un passage en deuxième année de prépa. Dans mon for intérieur je l’admirais, rouspétant après ces programmes tellement denses qu’ils empêchent tout répit, tout semblant de vacances. Sa copine est restée quelques jours, travaillant pareil, elle, pour sa deuxième année de médecine. Mais, comme ça leur plait… je n’ai rien à dire et j’ai pris la décision, pour une fois, de la fermer.
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Pris par leurs occupations, ils ont raté la fanfare des étudiants en médecine de Rennes venue charmer nos oreilles et alléger notre porte-monnaie de quelques sous, bienvenus pour eux et la vente de CD. Je l’ai écoutée avec plaisir, aussi bien le matin aux abords du marché que l’après-midi sur la place centrale, assis par terre à la queue leu leu, les musiciens jouaient pendant que ceux qui n’avaient pas d’instrument dans les mains semblaient ramer. Leur morceau préféré, très rythmé et entrainant, était la musique du film Pulp Fiction.
Franchement, je me suis régalée à les voir et les entendre, autant le matin que l’après-midi.
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En bons vacanciers, nous avons fait un tour en calèche, promenade très instructive. Un ancien, féru d’ostréiculture la conduisait avec dextérité sur la plage à marée basse, expliquant aux néophytes, bien installés, tout ouïe, à quoi servaient les rangées de bois que nous voyions à perte de vue. En fait, les moules minuscules de quelques millimètres, accrochées dans les sacs spéciaux en grillage, recouverts par les marées montantes, devenaient petit à petit aussi grosses que celles que nous dégustons ( si on aime les moules, bien sûr ). Il nous a aussi expliqué comment les huitres grossissaient de la même manière pour devenir des numéros 2, 3 ou 4, prêtes à être dégustées, elles aussi.
Il nous a montré au loin une rangée de maisons de toutes les couleurs. Elles datent de 1936, l’année des premiers congés payés. Les nouveaux vacanciers venaient au bord de l’océan, construisaient de petites cabanes de couleur, car, après une soirée bien arrosée, comme c’était la tradition à l’époque ( plus maintenant ? ), il était plus facile de se souvenir d’une couleur que d’un numéro… Il nous a dit aussi que l’océan montait de plus en plus haut et qu’avec le changement climatique, il monterait encore plus haut dans les terres et que ces petites maisons, un jour, seraient peut être détruit par cet océan, qui a pourtant l’air si gentil et aimable, malgré ses grosses vagues soulevées par le vent.
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Arrêt au milieu de la promenade pour une dégustation, huitres et vin blanc.
Très bel après-midi, délicieusement instructif.
J’ai trouvé tout le monde ici à Agon-Coutainville extrêmement gentil, les commerçants, les teneurs de stands au marché, les vendeurs artisans, les vendeurs de vêtements ou les vendeurs de produits maraichers bios, les boutiquiers ou les passants qui ne se bousculent pas malgré leur grand nombre sur les trottoirs étroits. En ville où j’habite, j’ai parfois l’impression que les passants nous regardent de travers, c’est à qui passera en premier, ici, rien de tel. Chacun.e va son bonhomme de chemin, seul.e, en couple, en famille. On sent un nuage de gentillesse autour de nous. Enfin, c’était vraiment mon impression. Est-ce le fait des vacances ? Est-ce toute l’année ainsi ?
Je vote pour un bis, vacances à recommencer, même si c’est un peu loin de Grenoble, même si j’ai eu droit à deux réflexions, qui m’ont un peu énervé, mais fait quand même sourire. Elles partaient d’un bon sentiment :
– Au marché je regardais les corsages suspendus sur des cintres et le vendeur me dit gentiment : « Regardez, nous avons aussi votre taille… »
– Au restaurant spécialisé, puisque la proprio est aussi ostréicultrice, ma petite fille et moi avons pris un apéro ( jus de fruits, notamment de tomate ) pour accompagner chacune six huitres, fameuses, je vous le dis. Nous discutions avec la serveuse, disant que nous habitions trop loin pour venir souvent ici. Qu’à cela ne tienne, nous dit-elle, nous expédions nos huitres. Je vais vous chercher notre carte, vous pourriez les commander. Elle revient tenant la carte à la main et la tend à ma petite fille en disant : « Regardez, il y a un QRCode vous pourrez vous en servir ». Ma petite fille rigole et lui dit : « ma grand-mère s’y connaît assez en informatique pour le faire elle-même ». La serveuse un peu gênée s’excuse en disant qu’elle ne pensait pas, etc., etc., etc.
L’intention était plutôt bonne, justement, et ça n’enlève pas ma remarque précédente sur la gentillesse des gens autour de nous.
Plusieurs fois je me suis essayée à chanter… la pluie n’est pas tombée. Chanterais-je juste ? Eh bien, je ne crois pas. J’ai chanté en retrouvant mon chez-moi et… il a plu, très peu, mais quand même ?