La Nature, la voir
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Je respecte depuis toujours, sans vraiment tout comprendre, les folles et fous de sport qui s’élancent, quel que soit le temps sur des sentiers en courant, évitant miraculeusement les racines apparentes, qui briquent leur vélo pour fendre villes et campagne sans voir les paysages, mais pour aller au bout de leur chronomètre ou de leur force.
La canicule ? Ils courent. Le froid ? Ils courent.
Aujourd’hui, Tour de France des femmes dans mon recoin de France : les coteaux bourguignons magnifiques vont rester inconnus d’elles. Avec le contre la montre, elles vont traverser collines et beaux sites sans que rien ne puisse les dévier de leur objectif.
Voilà, j’ai trouvé ! Ce qui reste mystérieux pour moi, ce sont les œillères. Comme lorsqu’on part en vacances à tel endroit et que rien ne nous fait tourner la tête, pas même le château qui se dresse, pas même la fabrique de céramique, les charmants lavoirs, rien. On fonce et ouf, on est arrivé.
Quand je pars dans une nouvelle région, j’écarquille les yeux. Quand j’arpente des lieux retrouvés, je ne trace que rarement un trait à l’avance, ou je ne le respecte pas. Oh ! Un bel arbre centenaire. Oh ! Un point d’eau où les nénuphars imitent les peintures impressionnistes. Oh ! Un village dont les fortifications qui dépassent donnent envie d’en voir plus. Et si aucun guide ne les mentionne, je me régale davantage et hop, je m’arrête !
Pause, plaisir, évasion, la nature est sans doute celle qui me procure le plus de surprise et d’émotion. J’ajoute souvent plusieurs heures au trajet prévu. Se perdre un peu, quel bonheur !
Aller, retourner, s’asseoir une fois encore et découvrir que de ce banc dans le parc de ville que je connais bien, je peux, au-delà des arbres, apercevoir les toits vernissés, ce même parc qui abrite un trésor, le réservoir Darcy.
« En 1838, l’hydraulicien Henry Darcy conçoit sur ce lieu un important réservoir d’eau potable de 2300 m³ (350 000 litres d’eau quotidiens) pour alimenter en eau courante les 29 000 habitants de Dijon de l’époque par un aqueduc souterrain de 12 km relié à la source du Rosoir de la haute vallée du Suzon avec un débit de 8000 litres d’eau par minute. Ce projet monumental fait de Dijon l’une des premières villes à posséder l’eau courante avec Rome. »**
Comme quoi, l’audace de quelques-uns peut s’avérer une chance, l’eau déjà, déjà le problème de l’eau.
Alors que l’orage s’annonce et assombrit déjà le ciel, je pense aux coureuses, aux organisateurs, aux villageois de Couchey qui se mêlent aux festivités du jour après l’incendie récent qui les a beaucoup touchés.
La nature, c’est évidemment ça, aussi. Montrer où l’on vit, ce qu’on fait au cœur d’elle, qui on est malgré ou avec ses frasques et ses colères.
Rien que pour ça, j’espère que le ciel ne va pas gâcher leur fête au mauvais moment. Et pourtant, comme j’aimerais qu’il pleuve, enfin.
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