Liste des chansons importantes
Gavril Antonenko
Je n’ai pas pu me restreindre à dix : j’ai déjà fait trop de sacrifices impardonnables.
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Jacques Douai, File la laine : quand j’étais enfant, mon père chantait souvent cette chanson en conduisant ou en faisant la vaisselle. Bien sûr, je ne comprenais rien aux paroles de la chanson. Mais je comprenais la mélancolie de l’air, la tristesse du sujet ( une femme dont le mari est mort à la guerre ), et j’étais charmé par ces mots inconnus et ces tournures de langue inhabituelles. Pendant longtemps, j’ai cru que les premiers mots étaient : « dans la chanson de l’eau claire » ( au lieu de « nos pères » ). Cette eau claire me surprenait beaucoup, car il n’en était plus jamais question ensuite.
Bien plus tard, et par deux fois, cette chanson a fait irruption dans un contexte où je ne l’attendais : une mise en scène de Six personnages en quête d’auteur par Emmanuel Demarcy-Mota, et un film de Ula Stöckl, Le chat a neuf vies.
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Julos Beaucarne, De mémoire de rose : autre chanson mélancolique que mon père aimait chanter ( ma mère disait de lui que c’était un vrai « juke-box », expression mystérieuse pour un gamin des années 2000 ).
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Marianne Oswald, La complainte de Kesoubah : chanson que mon père chantait, puis toute la famille s’y est mise avec entrain. En voiture ou en promenade, on chantait joyeusement ces paroles plutôt lugubres : « Papa buvait bien quelquefois, ça vous console quand on boit », ou encore « Le dimanche on allait au bois, y’avait des claques chaque fois ».
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Maria Farantouri, El Paso del Ebro : encore une chanson très appréciée dans ma famille, dont j’ai d’abord écouté la version de Leny Escudero, puis de Rolando Alarcón. Celle-ci est l’une de mes préférées.
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Anne Sylvestre, TOUT ( ou s’il en faut une, par défaut, la première que j’ai écouté : La margelle ) : sans doute ma chanteuse préférée, découverte l’été de mes 18 ans. On était sur la route des vacances, mon père choisissait la musique. J’y prêtais plus ou moins d’attention. Soudain, je l’ai entendue : un saisissement que je n’oublierai jamais. Depuis, je l’ai vue deux fois en concert avec mes parents.
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Paco Ibáñez, Canción de Jinete : une merveille, découverte quand je vivais en Espagne. Bien entendu, ma famille adore Paco Ibáñez.
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Soledad Bravo, Polo Margariteño : l’une de mes chansons préférées, tout simplement, sans justification particulière. J’aime aussi beaucoup la version de Cecilia Todd – mais Soledad Bravo ne pouvait être absente de cette liste.
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Gilles Vigneault, Jack Monoloy : immense classique familial ( avec « Le chêne » ou « Gros Pierre » ).
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Marc Robine, L’amour anarchiste : chanson découverte pendant une déception amoureuse, à laquelle elle faisait écho et que j’ai écoutée en boucle.
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Fairuz, Al Bint El Shalabiya : autre chanson que j’écoutais en boucle à ce moment-là.
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Rosalie Dubois, Girofle girofla : encore un classique familial, dont j’aime de nombreuses interprétations. C’est ma mère qui la chantait volontiers.
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Yann-Fañch Kemener et Didier Squiban, Duhont àr ar mane : souvenir de ma scolarité bretonnante, fondatrice en matière de goût musical.
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Ely Buendía, Anak ng bayan : chanson de la guerre d’indépendance philippine que j’ai découverte dans un film de Lav Diaz, Berceuse sur un air de mystère. Dans cet extrait du film, on entend d’abord l’air d’une autre chanson jouée à la guitare ( « Jocelynang baliwag » ). C’est à partir de 2′ que commence « Anak ng bayan ». Un jour que je l’écoutais à faible volume dans le salon de mon père, il a levé la tête de son travail, frappé par la beauté de la mélodie.
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