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Grains de sel
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Blog créé par l'Association pour l'autobiographie (APA) pour accueillir les contributions au jour le jour de vos vécus, de vos expériences et de vos découvertes culturelles.
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2 août 2026

Problème d’huîtres

Anne-Marie Bousseau

 

Nouvellement membre de l’association, dont j’ai abondé le fonds de quelques écrits familiaux, je m’autorise de cette qualité pour interroger se membres éminents sur un détail d’un texte que je conçois mal.

Il figure dans la correspondance échangée par mes grands-parents durant les onze longs mois qui ont précédé leur union, le 7 mai 1913, retrouvée l’année dernière dans un carton de vieilles photographies et que j’ai recopiée avec beaucoup de plaisir et de respect.

Cependant une histoire d’huîtres me paraît peu claire. Je dois préciser que les deux familles vivaient à Cerizay (Deux-Sèvres), où le mariage devait avoir lieu, tandis que Félix, facteur enregistrant aux chemins de fer, résidait à St Hyppolite (Charente-Maritime), à proximité de Marennes. C’est pourquoi, dans sa missive du 27 avril, elle lui commande des huîtres.

« Cher petit ami,

Nous avons été tous contents d’avoir de tes nouvelles l’autre jour, surtout si vite et tu vois, je ne me suis pas moquée de toi comme tu en avais peur. Hier, nous avons été chez Merceron nous sommes convenus nous donnons 7 f, c’est cher, mais tu sais pour avoir quelque chose d’à peu près bien comme tu disais l’autre jour, on ne peut pas faire à beaucoup moins. Maintenant, pour les huîtres, tu en prendras 250 comme nous avons dit, tu prendras le prix moyen et alors la Merceron te les paiera quand tu seras là parce que nous ne devons rien fournir seulement, comme tu es là-bas, elles te coûteront peut-être un peu moins cher. »

Jusqu’ici, cela ne poserait pas de problème, mais si Adrienne gardait précieusement les lettres et les cartes postales, j’ai également hérité d’une collection de menus de fêtes, dont ceux dudit 7 mai :

À la lecture des menus, je m’interroge, « Qui a mangé les huîtres ? Où et quand ? » Née dans une famille ostréiphage, je m’imagine mal leur détacher le pied d’une main en tenant mon verre d’apéritif de l’autre… Si quelque spécialiste est au fait des rites culinaires des débuts du 20e siècle, je le remercie d’avance d’éclairer ma lanterne.

 

Commentaires
M
J’ai dû chercher ce que c’était qu’un “relevé” : “plat qui en suivait un autre” et sans doute préparait le prochain…, et qu’il pouvait y en avoir plusieurs par menu !! Peut-être les insaisissables huîtres vagabondes se cachent-elles derrière cette appellation dans les deux menus ? En tout cas, en les lisant, même sans les regrettées huîtres, j’ai eu l’eau à la bouche, et me suis dit que vos aïeux savaient sacrément bien se tenir à table… Il ne manque que le “trou normand” pour faire bonne mesure !
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A
Moi non plus je ne connaissais pas ce terme, gourmande que je suis, pourtant, et j'ai trouvé un article intéressant sur la question, sur internet, pour compléter les éclaircissements de Maëlle : https://nouvellesgastronomiques.com/releves-ils-servaient-a-ne-jamais-laisser-la-table-vide/
P
Ils étaient peut-être ostréiphages mais aussi grands carnivores, dirait-on. Que de plats, que de viandes ! Ils ne manquaient pas d'appétit, à l'époque. Alors il n'y avait peut-être plus de place pour les huitres, finalement ? Ou bien elles sont arrivées avariées ? Ou il les ont mangées la veille ? Je donne ma langue au chat...
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C
C'est une histoire tellement jolie... mais moi non plus je n'ai pas très bien compris (même pas du tout compris) ce qu'il en a été des huîtres. Et puis 250 huîtres ce n'est même pas traduisible en douzaines... Cela me rappelle cette anecdote de quand j'ai reçu une bourriche (48 huit huîtres : à prononcer très vite avec une pomme-de-terre brûlante en bouche) et un kouign amann ENTIER pour moi toute seule (mari absent) pour avoir gardé un week-end le fils de ma meilleure amie... J'ai fini la bouteille de gros plant mais pas la bourriche !
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M
Je n’ai pas compris. Peut-être que ce sont des huîtres volantes et qu’elles se sont échappées ? J’avoue que cela m’échappe…
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