Problème d’huîtres
Anne-Marie Bousseau
Nouvellement membre de l’association, dont j’ai abondé le fonds de quelques écrits familiaux, je m’autorise de cette qualité pour interroger se membres éminents sur un détail d’un texte que je conçois mal.
Il figure dans la correspondance échangée par mes grands-parents durant les onze longs mois qui ont précédé leur union, le 7 mai 1913, retrouvée l’année dernière dans un carton de vieilles photographies et que j’ai recopiée avec beaucoup de plaisir et de respect.
Cependant une histoire d’huîtres me paraît peu claire. Je dois préciser que les deux familles vivaient à Cerizay (Deux-Sèvres), où le mariage devait avoir lieu, tandis que Félix, facteur enregistrant aux chemins de fer, résidait à St Hyppolite (Charente-Maritime), à proximité de Marennes. C’est pourquoi, dans sa missive du 27 avril, elle lui commande des huîtres.
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« Cher petit ami,
Nous avons été tous contents d’avoir de tes nouvelles l’autre jour, surtout si vite et tu vois, je ne me suis pas moquée de toi comme tu en avais peur. Hier, nous avons été chez Merceron nous sommes convenus nous donnons 7 f, c’est cher, mais tu sais pour avoir quelque chose d’à peu près bien comme tu disais l’autre jour, on ne peut pas faire à beaucoup moins. Maintenant, pour les huîtres, tu en prendras 250 comme nous avons dit, tu prendras le prix moyen et alors la Merceron te les paiera quand tu seras là parce que nous ne devons rien fournir seulement, comme tu es là-bas, elles te coûteront peut-être un peu moins cher. »
Jusqu’ici, cela ne poserait pas de problème, mais si Adrienne gardait précieusement les lettres et les cartes postales, j’ai également hérité d’une collection de menus de fêtes, dont ceux dudit 7 mai :
À la lecture des menus, je m’interroge, « Qui a mangé les huîtres ? Où et quand ? » Née dans une famille ostréiphage, je m’imagine mal leur détacher le pied d’une main en tenant mon verre d’apéritif de l’autre… Si quelque spécialiste est au fait des rites culinaires des débuts du 20e siècle, je le remercie d’avance d’éclairer ma lanterne.