Quelques chansons chères à mon cœur
Bernard M.
Merci à Elizabeth de nous avoir lancé sur une piste qui manifestement, a réveillé beaucoup de souvenirs musicaux chez celles/ceux qui écrivent sur ce blog. Je l’envie de pouvoir se chanter dans sa tête ces musiques pendant ses insomnies. J’en suis pour ma part bien incapable à la fois parce que j’ai oublié la plupart des textes et qu’en outre, j’ai toujours été incapable de reproduire un air, un handicap mystérieux que je peine à m’expliquer ( car, par ailleurs j’ai plutôt de la facilité pour attraper et reproduire accents, intonations et rythmes des langues étrangères ).
On était parti des chansons françaises. J’ai vu que, depuis la collecte s’était élargie chez certains au domaine non francophone, voire à des musiques qui ne sont pas des chansons. Je vais essayer pour ma part de me concentrer sur la chanson francophone, même si bien d’autres titres me viendraient dans le domaine anglo-saxon ou dans celui des musiques du monde.
Au début, lorsque j’étais encore chez mes parents, je baignais et appréciais les chansons à texte chères à la petite bourgeoisie intellectuelle dont ils faisaient partie. Des noms, quelques titres, je ne sais pas trop pourquoi ceux-là plutôt que d’autres, simplement parce que ce sont eux qui remontent à ma mémoire :
Brassens en premier lieu : Les copains d’abord, La mauvaise réputation, Supplique pour être enterré sur la plage de Sète…
Montand, dont j’ai toujours beaucoup aimé la voix. : Les feuilles mortes, À bicyclette…
Barbara : Gottingen : L’aigle noir…
Reggiani : Les loups sont entrés dans Paris…
Ferrat : La montagne…
Le soft power soviétique se manifestait à l’époque, notamment par les tournées des chœurs de l’armée rouge. Nous avions assisté à plusieurs de leurs représentations. Outre les classiques russes, Kalinka, Les bateliers de la Volga et d’autres, il ne manquait jamais de donner en français Le chant des partisans…
Avec le début de ma radicalisation politique sont venus d’autres chanteurs :
Ferré : L’affiche rouge, Avec le temps, Les anarchistes…
Ogeret chantant Aragon…
Mouloudji chantant Le déserteur de Boris Vian : là c’était en live, au début des comités Vietnam, au cinéma Monge, qui se trouvait dans cette même rue, à proximité du croisement avec la rue du Cardinal Lemoine, un cinéma qui a disparu, remplacé par un Monoprix. Un grand moment de ferveur. Je crois me souvenir qu’il avait donné la version pacifiste ( « prévenez vos gendarmes que je n’aurai pas d’armes et qu’ils pourront tirer » ) alors que, bien sûr, nous préférions à l’époque la version combattante ( « prévenez vos gendarmes que je tiendrai une arme et que je sais tirer » )…
Colette Magny, qui me semble-t-il n’a pas encore été citée, et son merveilleux Melocoton, entendu en live lui aussi, mais je ne saurais plus trop dire où et quand…
J’allais oublier Léonard Cohen et Suzanne, pourtant écouté en boucle à une certaine période…
Et Forestier, San Francisco, lui aussi écouté en boucle…
Et Nougaro, bien sûr, notre toulousain ( la salle des fêtes de ma petite ville porte son nom ), Cécile ma fille et Toulouse, Ô mon Toulouse…
Allez, je ne résiste pas à sortir quand même un peu de la francophonie, ces deux-là ont trop compté pour moi : Bob Dylan Like a rolling stone et Joan Baez, Farewell Angelina et Gracias a la vida. Ça me plait de terminer sur cette chanson d’optimisme et sur cette grande folkeuse que l’on a pu encore voir récemment sur Arte avec la reprise d’un de ces concerts d’adieu, superbe vieille dame à la chevelure blanche et à la voix toujours puissante.
Bon, cette sélection au fond est tout ce qu’il y a de hasardeux… Ne serait-ce qu’en faisant défiler les listes des autres, je vois tant de titres que je voudrais rajouter à ma liste. Sans parler de celles/ceux que je ne connais pas, que je n’ai jamais entendues ou dont je n’ai pas gardé le souvenir. Mais c’est le dilemme de toute sélection, s’obliger à des choix que parfois on ne voudrait pas faire…
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