Son Jour
Nadpic
Il ne les voit pas, ne les entendra pas, car je raccroche. Les larmes me viennent quand, tendrement, je souhaite à mon fils son anniversaire. Nous habitons la même ville sans du tout nous envahir l’un l’autre et pourtant, comme j’aurais aimé le prendre dans mes bras aujourd’hui pour lui dire mon amour, mon soutien, ma compréhension, aussi.
Depuis des années il est embourbé dans une dépression chronique importante. Il dort, il regarde son ordi, n’a même plus le goût de jouer dessus, il est là, sur son canapé, il grossit, grossit, a du mal de plus en plus à marcher longuement et il n’a que 32 ans.
J’ai un peu la vue brouillée quand j’écris ça.
Il a arrêté de fumer, de boire comme il y a des années c’était le cas, je devrais m’en réjouir, mais il se nourrit très mal et les médicaments s’empilent au fil du temps, suivi par les médecins qui tentent de le sortir de ce marasme.
Il y a 32 ans, je vivais un des plus beaux jours de ma vie, je le répète chaque année en tête. Lui, cette fois, la première, il ne veut pas sortir ni voir personne pour l’occasion.
Contrairement aux autres années où on allait parfois seulement boire un verre en ville, ou suivant le jour de la semaine, on partageait avec son frère un repas maison. Avec ses yeux doux, il m’a dit son envie « de rien », s’en est presque excusé !
Ne pouvoir rien faire pour son enfant, savoir reconnaître qu’on n’est plus la personne qui l’aidera au mieux, c’est une blessure immense. Être là, c’est tout ce qui compte, mais parfois, c’est (trop) peu.
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