Soutenir les femmes
Kata
Nous ne sommes pas le 8 mars, journée internationale du droit des femmes, je le sais. Et pourtant, j’avais envie d’écrire un petit texte après avoir vu et entendu des nouvelles bien tristes sur certaines consœurs. Et après avoir lu les gentils commentaires sur ma dernière « production », je me suis dit que je pouvais continuer. Étant fille d’immigrés, j’estime que je n’ai pas le droit de laisser tomber les aides que je peux apporter aux migrants et je m’intéresse au sort de mes consœurs et même confrères ici et dans différentes parties du globe.
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Tout d’abord, il y a quelques jours, jeudi dernier, j’ai vu un documentaire sur les femmes afghanes et, moi qui n’aime guère les blablablas, j’ai écouté avec attention la discussion qui a suivi. Il est vrai que les interlocutrices savaient de quoi elles parlaient et faisaient passer naturellement leur savoir et leur ressenti. J’ai surtout retenu ce que disait une journaliste du Monde. Elle a vécu en Afghanistan pour raconter en plusieurs épisodes ce qu’elle a vu. Annick Cojean s’est fait passer pour une touriste (voilée, bien sûr) afin d’avoir un peu de liberté d’aller et venir à Kaboul. Elle voyait par elle-même ce que les femmes voient à travers la grille de leur voile. Comme journaliste, les autorités talibanes ne l’auraient certainement pas laissé entrer.
Le constat est épouvantable. Les jeunes filles ne peuvent plus aller à l’école, juste quand elles sont encore très très jeunes dans une madrasa spéciale avant d’être définitivement enfermées dans les maisons. Les talibans tiennent le pays depuis cinq ans, à coups d’interdictions, notamment de rassemblement et de manifestations, ou d’arrestations, d’emprisonnement, d’exécutions, etc., Des jeunes filles ont connu l’école avant d’avoir l’interdiction de sortir et d’être obligées d’abandonner leurs livres et leurs cahiers. Il paraît que parmi elles, le nombre de suicides et tentatives de suicide est faramineux. Elles luttent aussi contre les mariages forcés, l’obligation qui leur est faite de rester enfermées à tenir la maison et faire des enfants pour celles qui sont mariées, généralement de force. Les frontières sont bien gardées, elles ne peuvent s’enfuir.
Comment faire partir ces talibans et libérer les Afghanes ?
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Et au Mali ? Que se passe-t-il pour les enfants de sexe féminin ? Lu dans un article de Laure Daussy dans Charlie Hebdo. Le refus d’exciser les petites filles prenant trop d’ampleur, grâce à une bonne campagne, une autre grande campagne se développe « Oui à l’excision, protégeons les filles » Ah oui ? En quoi couper les lèvres du vagin des petites filles peut les protéger et de quoi ? Ce ne serait pas plutôt pour continuer leur asservissement ? Un malien résidant en France a déclaré officiellement « On s’en fout de leur plaisir, elles sont là pour faire des enfants et s’en occuper » Des associations féministes demandent son expulsion, la pratique de l’excision est interdite en France, les pratiquants risquent 10 à 20 ans de prison, et que risquent ceux qui en font sa promotion ?
« S’ils veulent militer pour les mutilations génitales masculines, qu’ils le fassent depuis le Mali, au lieu de piétiner les droits des femmes tout en profitant des privilèges français ! », témoigne auprès de RFI la féministe guinéenne Tabara Touré, ambassadrice du réseau « Excision parlons-en » Une bataille d’affichettes, pour ou contre, fait rage au pays.
Et pour en revenir aux familles qui font appel à moi… le dernier cas à résoudre : je connais bien une famille ukrainienne (qui parle russe aussi) arrivée avant la guerre poutinienne, pour accompagner un des jeunes garçons recrutés par un club de patinage. Cette famille est maintenant installée, bien installée avec travail, inscription à la fac pour les jeunes et titres de séjour pour toutes et tous. La mère de la maman est arrivée à Grenoble pour rejoindre sa famille. Elle est russe, a un passeport en bonne et due forme et une autorisation de séjour en Ukraine, puisqu’elle habite Odessa, ville pas devenue russe en 2014, restée difficilement ukrainienne, d’où l’autorisation d’y vivre indispensable pour une Russe. Oui, mais il n’y a plus personne de la famille en Ukraine, elle n’a donc aucune raison de continuer à y vivre. Sa fille ayant épousé un Ukrainien en a pris sa nationalité, les enfants sont ukrainiens. La mamie, divorcée, ne peut plus vivre seule à Odessa, trop dur économiquement, moralement, et même dangereux, vu les drones et autres joyeusetés balancés sur la ville. Ce n’est pas l’avis de l’OFPRA (office français de protection des réfugiés et apatrides) qui lui a refusé le statut de réfugié. Il ne lui a même pas accordé la protection subsidiaire. Avec les papiers qu’elle a, elle n’a rien à craindre si elle retourne y vivre, a-t-il déclaré. Il ne connaît donc pas les problèmes qu’ont les habitants d’Odessa, qu’ils soient russes ou ukrainiens, d’ailleurs ?
Il faut que j’en sache un peu plus sur le contenu de la demande d’asile qui a été faite, je n’ai que la lettre de refus. Il faut demander un titre de séjour « Vie privée et familiale » à la préfecture de Grenoble, puisqu’elle vit dans sa famille ici. Elle est entièrement prise en charge. Surtout il ne faut pas se tromper dans les motifs pour demander ce titre à la préfecture. Heureusement, des avocats, spécialistes du droit des étrangers, ont formé une association et aident beaucoup les migrants et leurs soutiens. Et voilà, j’ai une nouvelle bonne raison d’aller dire bonjour à l’un ou l’une d’entre eux ou d’entre elles.
Pour terminer sur une note optimiste, enfin pour certaine… comme Rachida Dati. Des femmes savent s’en tirer à leur avantage.
Rachida Dati demande sa réintégration dans la magistrature, alors qu’elle « risque une peine d’inéligibilité en cas de condamnation dans l’affaire de corruption et trafic d’influence présumés pour laquelle elle est bientôt jugée [procès du 16 et le 26 septembre]. L’ancienne ministre de la Culture devrait être affectée au service des affaires internationales du ministère de la Justice. » écrit le Dauphiné Libéré. Même un journal du groupe EBRA soulève le lièvre Dati ! Gérald Darmanin, ministre de la Justice, favorise sa réintégration comme magistrate, même si elle n’a pas exercé depuis 2003, ayant préféré la politique. Attendons le rendu du procès.
Faut-il croire que le dérèglement climatique affecte aussi les relations humaines ? Une réflexion peut être à creuser… plus tard.
Internet
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PublicSénat | Cinq ans de talibans : le martyre des femmes afghanes
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Charlie Hebdo | Mali. « Oui à l’excision, protégeons les filles. »
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Le Dauphiné | Avant son procès, Rachida Dati fait son retour dans la magistrature