Reprise des habitudes
Brigitte Baudin
Ce deuxième confinement ne me pèse pas trop : les stratégies pour sortir de l’isolement et de la morosité ont été réactivées : rendez-vous hebdomadaires sur WhatsApp avec six de nos meilleurs amis, appels téléphoniques et envois de photos de nos enfants et petits-enfants et puis ce blog qui permet de rester en lien avec les amateurs de lecture et d’écriture et de partager leur quotidien.
Pendant les cinq mois de liberté, j’ai profité à plein de ce qui m’avait tant manqué : la présence des personnes qui me sont chères, la fréquentation des lieux de convivialité (restaurants et terrasses de café) et des lieux culturels (cinémas, théâtre, salles de concert). J’ai aussi ressorti mon vélo et parcouru l’île de Ré sur ma monture en compagnie de mes amis cyclistes. Une semaine de légèreté comme celles que nous organisons depuis vingt ans pour découvrir les charmes de nos régions.
Depuis un mois, je ne vois quasiment personne, mais j’ai mes livres et mes souvenirs, la forêt et le jardin, la cheminée dans laquelle mon mari fait brûler le bois des haies et des vieux arbres et où nous passons des soirées très « chaleureuses ».
J’ai, moi aussi une pile de livres en équilibre sur ma table de nuit, car tout ce qui concerne Montaigne doit toujours rester à ma disposition. Il y a donc ses Essais, mais aussi les ouvrages d’Antoine Compagnon et de Sarah Bakewell qui continuent à m’inspirer une certaine énergie quand celle-ci commence à faire défaut.
Cet été, mes belles-filles faisaient régulièrement leur séance de yoga dans le jardin et j’ai lu « Yoga » d’Emmanuel Carrère, un de mes nombreux auteurs préférés. Lors de mon retour aux deux cercles de lecture que je fréquente, il a été au centre des débats de nombreux lecteurs qui éprouvaient le besoin d’échanger sur les nombreux thèmes abordés dans ce livre-là, il circule comme les ouvrages qui sortent de la médiathèque ou du centre culturel et voyagent entre des prêteurs et des personnes intéressées par leurs commentaires.
Nous entamons la phase du confinement qui va me permettre de me rendre à la librairie et de faire le plein d’ouvrages à lire et à offrir. Ensuite, on « montera » à Paris pour voir nos enfants et petits-enfants et on compte sur 2021 pour profiter de tout ce qui nous est essentiel.
