Souvenirs de Guyane
Mireille Podchlebnik
Depuis quelques jours mes pensées s’envolent vers la Guyane où j’ai vécu il y a bien longtemps déjà.
Les nouvelles autour de la pandémie avec l’émergence du variant brésilien qui impose une restriction des vols en provenance et vers ce département n’y sont pas étrangères.
Je revois mon jeune chien noir aux grands yeux affectueux, Awara, ainsi nommé en référence au bouillon d’Awara que j’avais mangé un jour de Pâques avec des amis.
Awara m’attendait au retour du travail le midi lorsque je revenais portant les achats du déjeuner dans un panier. Il m’accueillait avec joie léchant mes mains et profitant parfois de quelques minutes d’inattention pour dérober mon repas !
Awara
Mon chien noir
Patte folle
Courait sur la plage
À la recherche
Des crabes de vase
Les amis ne manquaient pas de me rappeler ce dicton : « Si tu manges du bouillon d’awara… en Guyane tu reviendras ».
Promesse que j’avais tenue en revenant passer des vacances chez une amie presque vingt ans plus tard. Le climat avait alors défavorablement changé avec drogue et insécurité ambiante. Accompagnée de mes enfants nous avions fait une sorte de pèlerinage sur les lieux de mon ancienne vie.
La maison que j’occupais à Remire-Montjoly au temps de mon premier séjour était désormais munie de barreaux aux fenêtres et il ne faisait pas bon flâner le soir sur la place des Palmistes où des individus déambulaient dans les rues sous l’emprise du crack.
Cité Castor
Une maison
À travers
Les claustras de bois
La nuit se déchire
Entre meutes aux abois
Et coqs en combat
Et déjà là les virus sévissaient… Notre séjour fut interrompu quelques jours en raison d’un violent état grippal qui nous cloua au lit, quasi comateux.
Mais malgré tous ces aléas, je garde un souvenir ému des temps heureux que j’ai connus là-bas.
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